RUL René, Louis, François (parfois écrit Ruhl)

Par Justinien Raymond, Gilles Morin

Né le 10 novembre 1903 à Mazamet (Tarn), mort le 18 janvier 1980 à Paris (XIVe arr.) ; professeur d’éducation physique en Corse puis à Paris ; militant syndicaliste ; militant socialiste, membre de la commission administrative du PSOP.

Fils de François Rul, négociant, et de Louise Grimaud, René Rul sortit en 1923 de l’École normale d’instituteurs de Montpellier (Hérault). Jusqu’en 1926, il enseigna à Causse de la Selle (Hérault) et milita au Parti socialiste SFIO. Il se maria le 23 août 1923 à Montpellier avec la fille d’un jardinier. Ils eurent deux enfants et divorcèrent en 1947.

De 1926 à 1934, alors qu’il était professeur d’éducation physique à Ajaccio (Corse), il fut secrétaire de la section socialiste de la ville puis secrétaire fédéral adjoint et, en 1932, sans aucun succès, candidat aux élections municipales et aux élections législatives. Il fonda à Ajaccio une section de la Ligue des droits de l’homme et du citoyen et lança l’hebdomadaire La Corse socialiste. Il militait aussi au syndicat de sa profession et au mouvement coopératif.

Nommé à Paris en 1934, il y fut pendant dix ans professeur d’éducation physique au lycée Carnot et longtemps animateur du centre de loisirs de la rue Marcadet. Il assura le secrétariat de la 18e section de la Seine dans le groupe des Grandes-Carrières. René Rul, qui avait toujours poursuivi des études personnelles, devint, en 1936, docteur en droit en soutenant une thèse sur « La nationalisation des assurances privées » à la Faculté de Droit de Lyon. Il adhéra au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Proche de Marceau Pivert, il participa à la mise en place des « Toujours Prêts pour Servir », organisme de défense de la fédération de la Seine. Il fut candidat aux élections municipales de mai 1935, puis aux élections législatives en avril-mai 1936 (1ère circonscription, Grandes Carrières). Il prenait souvent la parole dans des réunions publiques ou privées et se montrait, selon la police, un ferme partisan d’un rapprochement avec les communistes.

En 1938, René Rul devint co-secrétaire de la Fédération socialiste de la Seine. Après le congrès de Royan en 1938, militant de la Gauche révolutionnaire, il fut l’un des fondateurs du Parti socialiste ouvrier et paysan et appartint à la première commission administrative permanente de ce parti où il faisait figure de modéré. Une note de police du 28 avril 1938, rendant compte de son intervention au meeting du Moulin de la Galette des dissidents SFIO, le présentait ainsi : “barbe en collerette, aspect d’un étudiant des Beaux-Arts”. Il fut secrétaire de la 18e section du PSOP de la Seine, après l’avoir été de la SFIO, et intervint au meeting public du 5 février 1938 pour protester “contre le massacre des populations paisibles des villes espagnoles”. Il aurait été permanent du parti à partir de juillet 1939. Franc-maçon, il était membre de la Loge Jean Jaurès (Grand Orient de France).

Mobilisé en novembre 1939 et démobilisé dans le courant de 1940, Rul, nommé professeur d’éducation physique au collège de garçons de Compiègne (Oise) en juin 1941, puis au lycée Rollin à Paris (octobre 1941-juillet 1946), ne sembla pas avoir eu d’activité politique durant l’Occupation, mais il reprit des fonctions après la Libération dans la direction de la fédération socialiste SFIO de la Seine, dès lors qu’elle fut reprise en main par Charles Lancelle puis Marceau Pivert.

Rul, après la guerre, fut administrativement mis à la disposition du ministère de l’Économie nationale (juin 1946), puis détaché auprès du ministère des Finances et des Affaires économiques (janvier 1948), enfin placé en position “hors-cadres“ auprès du Conservatoire national des Arts et Métiers (février 1955)
.
À compter de février 1945, Rul fut détaché auprès de la CGT et assura la direction du service de documentation de la centrale, rue Lafayette, jusqu’à la scission de 1947. Il publiait le Bulletin hebdomadaire du Centre confédéral d’études économiques et sociales. De 1948 à 1953, il fut responsable du service des études économiques à la CGT-FO. Il se maria le 2 janvier 1949 à Colombes (Seine/Hauts-de-Seine) et divorça.

Administrateur depuis 1950 de la compagnie d’Assurances « L’Union », place Vendôme, directeur général de l’École nationale des assurances, il présidait la Société immobilière « Les Lilas d’Anglemont ». Membre d’honneur de l’Institut des actuaires français, de 1956 à 1959, il était le directeur-gérant du bulletin trimestriel d’études du Centre national de prévention et de protection, émanation de la Fédération française des sociétés d’assurances. Il se remaria le 27 mai 1955 à Paris (XVIe arr.). Il résidait 10 rue Saint-Didier à Paris (XVIe arr.), puis à partir de 1958 à Neuilly (Hauts-de-Seine).

Il participait aux activités de la Convention des institutions républicaines, du Club des Jacobins et du CERES qu’il suivit après le congrès d’Épinay (1971).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article172213, notice RUL René, Louis, François (parfois écrit Ruhl) par Justinien Raymond, Gilles Morin, version mise en ligne le 9 avril 2015, dernière modification le 27 mars 2021.

Par Justinien Raymond, Gilles Morin

ŒUVRE : Rul René, La nationalisation des Assurances privées, préface de Jules Moch, Paris, A. Montourcy, Imprimeur, 1936, 203 p. — L’assurance, théorie, pratique, comptabilité, Paris, Argus, Collection de l’Ecole nationale des assurances, 1951 (réédité en 1959), 3 vol.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13081, 15004, 15991/2, F17/ 28214. — Arch. PPo. 1W/618, BA2, 1956.. — Arch. Dép. Seine, D3 M2, n° 17. — Montmartre socialiste, 5 avril 1936. — J.-P. Joubert, À contre-courant. Le Pivertisme. De la « vieille maison » au Parti révolutionnaire, Th., Grenoble, 1972. — Jacques Kergoat, Marceau Pivert, socialiste de gauche, Paris, Éd. de l’Atelier, collection « La Part des hommes », 1994. — Notes de Jacques Girault.

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