BONNET Stanislas, Raoul

Par Gilles Morin, Claude Pennetier

Né le 18 juillet 1898 à Montluçon (Allier), mort le 29 mars 1967 à Issoudun (Indre) ; professeur dans la Vienne ; militant syndical ; militant socialiste, adjoint au maire de Châtellerault (Vienne).

Stanislas Bonnet était le troisième fils de François Bonnet, employé aux chemins de fer, chef de train au PO (Compagnie de Paris à Orléans), et de Marie Jobron, sans profession. La famille avait d’abord vécu à Vierzon-Villages où naquirent ses deux frères, René (1888-1963) et Georges (1891-1914), dont l’aîné devint clerc de notaire.
Il entra à l’École normale d’instituteurs de Bourges (Cher) en octobre 1914 et obtint le brevet supérieur en 1916. Il effectua une autre année d’études à l’ENI de Lyon (Rhône). Mobilisé en avril 1918, il revint à la vie civile dès novembre 1919, car son frère Georges, adjudant au 95e régiment d’infanterie, était mort pour la France, le 28 décembre 1914, des suites de blessures de guerre. Nommé instituteur adjoint à l’école primaire supérieure de Bourges pour enseigner les lettres en 1920, il fut affecté pendant les deux années suivantes à l’EPS de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir).
Il fut reçu à l’École normale supérieure primaire de Saint-Cloud en 1922 (section des lettres) selon les renseignements qu’il donnait dans ses fiches d’inspection (dossier administratif). Mais cette mention de réussite au concours d’entrée de 1922 ne se trouve pas dans l’annuaire de l’ENS ; en revanche, parmi les reçus de 1923, figure un Bonnet Henri.
Marié le 31 octobre 1922 à Beynac (Haute-Vienne) avec Andrée Blanchet, enseignante de lettres et d’anglais au cours secondaire de Meaux (Seine-et-Marne), pendant trois ans, il ne parvint pas à obtenir un poste double avec son épouse, en dépit de l’intervention de plusieurs parlementaires. Ils obtinrent satisfaction comme professeurs adjoints à l’EPS d’Avesnes (Nord), mais ne rejoignirent pas leur poste car l’épouse décéda en septembre 1928. Stanislas Bonnet enseigna alors à l’EPS d’Orthez (Basses-Pyrénées/Atlantiques) à partir d’octobre 1928.
Après un congé de longue durée d’octobre 1930 à septembre 1932, Stanislas Bonnet fut nommé à l’EPS de garçons de Châtellerault (Vienne), où il enseigna surtout l’histoire jusqu’à sa retraite en 1958 comme professeur certifié. Il se remaria le 4 août 1936 à Châtellerault avec Marie Lejard, enseignante, titulaire de la première partie du professorat d’anglais, au collège de filles de cette ville.
Stanislas Bonnet fut converti au socialisme par les Nouvelles conversations de Goethe et Ekermann de Léon Blum. Il fut délégué au XXXe congrès national de la SFIO à Paris, du 14 au 17 juillet 1933, au titre de secrétaire de la section de Châtellerault de 1932 à 1936. Il prit la parole dans cette ville ouvrière, lors du meeting antifasciste du 12 février 1934, à la fois au nom de la SFIO et du Cartel des services publics dont il était le secrétaire, en tant que militant de la FGE-CGT. Il devint l’un des trois secrétaires du comité antifasciste de l’arrondissement avec Albert Giraudeau, dirigeant communiste, et Henri Neau, secrétaire de la Bourse du Travail de Châtellerault, et fut l’un des principaux orateurs lors du meeting pour le serment du Rassemblement populaire du 14 juillet 1935. S’il fut élu au conseil municipal de Châtellerault en avril 1935 sur une liste se réclamant du Front populaire, en compagnie de deux collègues (Georges Surreau et Gaston Frappier), et devint premier adjoint au maire radical socialiste, Louis Ripault, il échoua aux élections législatives d’avril 1936, en n’obtenant que 9,67% des suffrages exprimés au 1er tour, scrutin où le député sortant radical Aimé Tranchand fut réélu.
Secrétaire de la fédération socialiste de la Vienne de 1935 à 1939, il était pacifiste et défendit la motion paul-fauriste du Socialiste au congrès fédéral d’octobre 1937. Après la conférence de Munich, il apporta l’adhésion du bloc des communaux à l’appel pour la paix lancé par Claude Jamet et devint premier adjoint au maire radical socialiste, Louis Ripault, il échoua aux élections législatives d’avril 1936, en n’obtenant que 9,67% des suffrages exprimés au 1er tour, scrutin où le député sortant radical Aimé Tranchand fut réélu.
Secrétaire de la fédération socialiste de la Vienne de 1935 à 1939, il était pacifiste et défendit la motion paul-fauriste du Socialiste au congrès fédéral d’octobre 1937. Après la conférence de Munich, il apporta l’adhésion du bloc des communaux à l’appel pour la paix lancé par Claude Jamet à Poitiers le 27 septembre 1938, mais il fut un des rares grévistes le 30 novembre 1938 à l’appel de la CGT. Il collabora un peu plus tard, de mars à juin 1940, au journal de Paul Faure, le Pays Socialiste.
Après avoir été mobilisé de septembre 1939 à juin 1940, il fut relevé de ses fonctions de maire adjoint, le 8 mars 1941, la municipalité ayant été révoquée en vertu de la loi du 16 novembre 1941 et remplacée par un conseil nommé. Officier de la Grande Loge de France de Niort (Deux-Sèvres), puis adhérent de la loge « Les Amis de l’ordre » à Châtellerault, il déclara avoir cessé d’appartenir à la franc-maçonnerie le 1er juillet 1939, mais fut déclaré démissionnaire d’office de l’Éducation nationale, le 19 octobre 1941, bénéficiant d’une retraite à partir de 1942.
Réintégré en octobre 1944, il reprit son poste de professeur au collège de garçons de Châtellerault. Il suivit un stage à Sèvres en décembre 1952, pour animer une équipe d’étude du milieu, l’année suivante.
Stanislas Bonnet ne figura pas dans l’ancienne municipalité réinstallée en septembre 1944, où figuraient ses deux collègues Sureau et Frappier. Après hésitations, il reprit ses activités politiques. Il évoquait encore son amitié pour Paul Faure en 1946 dans sa correspondance avec le secrétariat général du parti. Il expliqua avoir revu Paul Faure en 1942 et maintint son refus de « croire à sa trahison ». Il nota que « le parti auquel j’appartiens depuis longtemps n’était qu’une des formes de l’action intellectuelle, mais non la plus importante et j’ai plus de goût pour l’analyse des idées que pour les jeux du forum » (lettre à Robert Verdier du 6 février 1946). Se déclarant déçu par le parti qui manquait « d’éclat intellectuel », il préconisait « une réorganisation avec obligation de présence et travail en commissions ». En août 1946, il accepta de prendre la responsabilité des cercles Jean Jaurès dans le département.
Redésigné comme secrétaire de la section de Châtellerault en février 1946, il était toujours en fonction en décembre 1952. Il fut réélu, deuxième sur la liste SFIO aux municipales d’octobre 1947, et fut réélu à la même place en avril 1953, sur la liste de « concentration républicaine », allant des Républicains indépendants à la SFIO, dans la municipalité toujours dirigée par Louis Ripault. En mars 1959, il ne se représenta pas aux élections municipales.
Secrétaire fédéral d’honneur de la fédération socialiste de la Vienne, il fut désigné de nouveau comme secrétaire fédéral, en remplacement de Léon Boutbien au congrès fédéral du 5 juillet 1959.
Retraité à la fin de l’année scolaire 1957-1958, il se retira à Issoudun, d’où était originaire sa seconde épouse.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17228, notice BONNET Stanislas, Raoul par Gilles Morin, Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 14 avril 2020.

Par Gilles Morin, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat. F7/13029, rapport du 16 avril 1934 ; F17/26961 et 27267. — JO lois et décrets, 15 août et 13 octobre 1941. — Arch. mun. Châtellerault, 1W 1-2. — Arch. OURS, dossier Vienne, lettre à Robert Verdier du 6 février 1946. — Le Front Populaire, 1936, 1938. — Philippe Pineau, Nicole Hervoir, Un siècle de vie sociale à la Manu à travers la presse non quotidienne, Poitiers, Briseau, s.d. — État civil de Montluçon. — Notes d’Alain Dalançon, Jacques Girault et Alain Léger.

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