BONNISSOL Jean, Claudius, Antoine. Pseudonymes dans la Résistance : Borel, Dubois puis Soumy.

Par Matthieu Le Verge

Né le 30 novembre 1912 au Pertuis (Haute-Loire), mort le 24 janvier 1994 au Puy-en-Velay (Haute-Loire) ; instituteur ; militant socialiste ; résistant au sein de Franc-Tireur ; chef de l’Armée secrète (AS) pour le secteur d’Yssingeaux (Haute-Loire).

Portrait de Jean Bonnissol sur l’une de ses fausses cartes d’identité

Fils d’Antoine Bonnissol, trente ans, et de Marie, Louise Soulas, 26 ans, son épouse, ménagère, Jean Bonnissol grandit dans une famille de cinq enfants, dont le père, garde-forestier, habitait Yssingeaux (Haute-Loire). Jean Bonnissol fut élève de l’École normale d’instituteurs du Puy, avant d’être nommé instituteur en 1932 à La Champ-de-Cayre (Haute-Loire). Il se maria en 1936 avec Amicy Valdener, née le 5 mai 1911 à Yssingeaux.

Dirigeant socialiste de la Haute-Loire avant 1939, Jean Bonnissol fut mobilisé dans la Marine au mois de septembre 1939 et servit près de Toulon dans l’artillerie de la côte, avant de reprendre sa profession d’instituteur public à Piny-Bas (commune d’Yssingeaux) avec sa femme, suite à sa démobilisation, le 17 juillet 1940. Il entra alors rapidement en contact avec la Résistance, après avoir rencontré un agent des services secrets anglais, pour organiser un service départemental de renseignements dans son arrondissement. Sous les pseudonymes de Borel, Dubois, puis Soumy, dès 1941, il prit l’initiative de constituer de petits groupes de résistants, en liaison avec les groupes de la Loire rattachés à la région lyonnaise, avant d’être désigné chef départemental du mouvement Franc-Tireur au mois de janvier 1942. C’est en cette qualité qu’il devint chef de l’Armée secrète du secteur d’Yssingeaux, dit secteur Zinnia, et développa le recrutement de dizaines, tout en organisant les parachutages d’armes destinées à ce secteur. Le café de son beau-frère, Jules Valdener, lui servait de point de chute et de boîte aux lettres à Yssingeaux.

Lors de la création des MUR, au mois de mars 1943, il fut maintenu comme chef de secteur de l’arrondissement, tout en étant nommé membre du Comité directeur départemental de la Résistance. Ayant près de 14 groupes de maquis organisés et disciplinés pour son seul secteur, soit près de 300 hommes, il mena de nombreuses actions armées contre l’occupant et la milice.

Dénoncé par un homme des maquis, il fut arrêté dans la nuit du 15 au 16 décembre 1943, avant d’être torturé à maintes reprises, mais sans rien révéler de l’organisation de la Résistance en Haute-Loire. D’abord détenu à Vichy jusqu’au 23 décembre 1943, il fut par la suite transféré à Fresnes jusqu’au 25 juillet 1944, puis à Compiègne jusqu’au 26 août 1944. C’est finalement à l’occasion de son transfert vers l’Allemagne, le 27 août, qu’il parvint à s’évader et qu’il rejoignit les FFI de l’Oise. Revenu en Haute-Loire dès le 16 septembre 1944, il reprit aussitôt son activité au sein du Mouvement de libération nationale (MLN) dont il devint président départemental, mais également comme membre du CDL dont il accepta les fonctions délicates de président de la commission d’épuration. Il exerça ensuite la profession d’inspecteur d’éducation physique au Puy.

En 1946, c’est lui qui dirigea la liste socialiste aux élections générales à l’Assemblée nationale du 2 juin pour la Haute-Loire. Il milita dans une circonscription, celle d’Yssingeaux, traditionnellement très catholique et donnant ses faveurs au député MRP, Noël Barrot.

Il fut homologué « membre » des FFC ; des FFI, avec le grade de capitaine et obtenu le statut d’ancien « interné résistant ».

Ses archives ont fait l’objet d’un don aux Archives départementales de la Haute-Loire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17236, notice BONNISSOL Jean, Claudius, Antoine. Pseudonymes dans la Résistance : Borel, Dubois puis Soumy. par Matthieu Le Verge, version mise en ligne le 23 août 2022, dernière modification le 25 novembre 2022.

Par Matthieu Le Verge

Portrait de Jean Bonnissol sur l’une de ses fausses cartes d’identité

SOURCE : SHD, Vincenne, GR 16 P 72633, dossier résistant (nc). — AVCC, Caen, AC 21 P 713288, dossier résistant-interné (nc). — Arch. dép. de la Haute-Loire, 1836 W 7, Dossier CVR. — Arch. Dép. Haute-Loire, fonds 120 J : Papiers Jean Bonnissol, président du Comité départemental de Libération (nc). — Auguste Rivet, La vie politique dans le département de la Haute-Loire de 1815 à 1974, Le Puy, 1979. — Matthieu Le Verge « Pierre Perre, alias "Pyrhus" : un chef résistant tombé dans l’oubli », Cahiers de la Haute-Loire, 2022, pp. 243-269. — Gérard Bollon, "Aperçus sur la Résistance armée en Yssingelais", Cahiers de la Haute-Loire, 1998. — Geneanet. — État civil Le Pertuis (en ligne)

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