FRANK Alexandre, dit Alex.

Par José Gotovitch

Uccle (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale), 21 décembre 1913 – Berlin (Allemagne), 5 octobre 1998. Agronome, militant communiste en Palestine puis à Boitsfort (Bruxelles), aviateur dans la RAF, employé de l’UNNRA, émigre en RDA (Allemagne) en 1955.

Fils d’un industriel juif allemand émigré en Belgique en 1905, décédé en 1931, et d’une mère d’origine viennoise, sans profession, Alex Frank est le frère jumeau de Max et l’aîné d’Arnold, tous trois ayant des parcours partiellement parallèles. La famille sympathise avec le communisme et l’Union Soviétique. Les études moyennes accomplies à l’Athénée d’Ixelles (Bruxelles), il sort diplômé de l’École provinciale d’agronomie d’Ath (pr. Hainaut, arr. Ath). Il se targue de lire les classiques du marxisme dès l’adolescence. Il exerce différents petits métiers avant de se retrouver en Palestine où il adhère en 1934 au Parti communiste clandestin. Il y mène une activité politique et syndicale à Tel Aviv, Jérusalem et Haïfa et participe à l’organisation d’une ligue d’entente judéo-arabe.

En 1935, en Palestine, Alex Frank épouse Elka Barth, née à Berlin en 1915 et membre des Jeunesse communistes à Berlin de 1931 à 1933. Elle adhère au PC palestinien en même temps que lui et le suivra désormais dans ses pérégrinations de lieux et de partis. Elle deviendra assistante sociale après la guerre.

Longtemps sans emploi en raison ses activités politiques, Alex Frank rentre en Belgique. En 1937, il abandonne la nationalité allemande, devient belge et adhère officiellement au Parti communiste belge (PCB). Il milite à Boistfort, en particulier pour l’aide à l’Espagne et aux réfugiés allemands et autrichiens. Il figure sur la liste aux élections communales de 1938.

Alex Frank entame son service militaire en juin 1939 et suit l’armée en France où il est démobilisé en août 1940. Demeurant en France, il prend la direction d’un foyer d’enfants juifs en Haute-Garonne et en Ariège, puis est garçon de ferme en 1942. En avril 1943, avec sa femme, il franchit les Pyrénées. Après le séjour forcé au camp de Miranda, il atteint l’Angleterre en octobre et entre à la RAF comme mitrailleur de bord. Il est nommé officier. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, il est en Allemagne où il s’occupe notamment de la dénazification.

Démobilisé en février 1946, Alex Frank retourne en Allemagne dans le cadre de l’UNRRA (United Nations relief en rehabilitation Administration - Administration des Nations Unies pour le secours et la reconstruction). Il exerce dans des camps de rapatriement où ses connaissances linguistiques (polonais, russe et allemand) l’aident à repérer les collaborateurs des nazis. Sa femme l’y rejoint.

Le retour des Frank en Belgique s’effectue en juillet 1950 où il milite désormais à la section d’Uccle, accomplissant les ventes de presse et bientôt chargé de la propagande au Comité de Section.
En 1952, Alex Frank est aide-mécanicien au Laboratoire de physique nucléaire de l’Université libre de Bruxelles (ULB). Mais assez rapidement, le couple exprime son désir d’émigrer en République démocratique allemande (RDA) et, avec l’appui de la direction du PCB, ce vœu se réalise en 1955. Son activité ultérieure ne nous est pas connue.

Son jumeau, Max (décédé à Uccle le 20 mars 2010), étudiant à l’ULB de 1931 à 1937, est militant des ESU (Étudiants socialistes unifiés) conquiert le titre de Docteur en sciences économiques. Il rejoint également Londres en 1943. Docteur en sciences économiques depuis, il adhère au Parti socialiste belge (PSB) et devient inspecteur général des finances. Professeur à l’ULB de 1959 à 1983, membre du Conseil supérieur des Finances, il est un des premiers à mettre à jour la hauteur de la fraude fiscale dans le pays et proposer un impôt sur la fortune. Il sera l’objet de menaces pour ses campagnes. Le troisième frère Frank, Arnold, (Uccle, 3 août 1917 – Ixelles, 2 octobre 1996), devenu pilote, fait un périple par la France et l’Afrique du Nord avant de rejoindre Londres pour intégrer le Transport Command. Il fera carrière, comme pilote, à la Sabena.

Le parcours des Frank est atypique, mais Alex témoigne d’une frange non négligeable de jeunes juifs que leur rêve marxiste et sioniste initial emmène en Palestine où ils rencontrent le communisme, avant revenir « l’exercer » pleinement en Belgique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article172384, notice FRANK Alexandre, dit Alex. par José Gotovitch, version mise en ligne le 21 avril 2015, dernière modification le 26 décembre 2019.

Par José Gotovitch

SOURCES : CArCob, dossier CCP Alex Frank – Interview de Arnold Frank, mars 1988 – Archives de l’ULB, dossiers Max Frank.

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