SANSONETTI Yvonne, née BONNET Yvonne, Catherine, Euphrosyne, Jeanne

Par Pierre Bonnaud

Née le 10 juillet 1909 à Escueillens (Aude), morte le 15 avril 1995 ; institutrice en Ardèche ; militante du SNI du courant « Ecole Emancipée » ; secrétaire générale de la section SNI de l’Ardèche d’octobre 1950 à octobre 1952.

Yvonne Bonnet perdit sa mère alors qu’elle était âgée de neuf ans. Son père était agriculteur dans l’Aude où elle fut élevée par sa grand-mère. Elle devint institutrice remplaçante en Ardèche. En poste à Saint-Laurent-du-Coiron au début des années 1930, elle rencontra Etienne Sansonetti, instituteur à Lavilledieu. Elle l’épousa le 20 août 1932 à Escueillens. Jusqu’à l’entrée en guerre, le couple fut nommé sur des postes-double successivement à Lachamp-Raphaël, Beaumont, Chazeaux.

Les Sansonetti furent liés par l’amitié et par des convictions syndicalistes révolutionnaires à Gilbert Serret et France Serret. Ils militèrent dans le courant syndical « majorité fédérale » (qui donna naissance à « l’Ecole Emancipée » de la section ardéchoise de la FUE-CGTU. Cette tendance demeura majoritaire en Ardèche au sein du SNI-CGT après la réunification de 1935. Yvonne Sansonetti partageait les opinions et l’action de son mari qui devint secrétaire de la section départementale du syndicat de 1937 à 1939. Antifascistes et pacifistes, les Sansonetti souscrirent au télégramme envoyé par la section ardéchoise à Hitler-Mussolini-Chamberlain-Daladier : « sauvez la paix ! » le jour où s’ouvrait la conférence de Munich (29 septembre1938). Ils prirent part le 30 novembre 1938 à la grève générale contre les décrets-lois Daladier et furent sanctionnés de 8 jours de suspension de traitement avec 258 instituteurs et institutrices du département dont le journal syndical publia les noms dans un « tableau d’honneur ». Yvonne Sansonetti s’impliqua particulièrement dans l’accueil des Républicains espagnols lors de la « Retirada » en 1939.

En 1940, après la démobilisation d’Etienne Sansonetti, le couple fut déplacé d’office par le régime de Vichy : à Saint-Barthélémy-Le-Plain dans le nord de l’Ardèche puis puis à Vialas-Lavès en Lozère. Ils aidèrent la Résistance locale. Yvonne Sansonetti s’impliqua dans une filière d’accueil et de protection des familles juives en lien avec le Mouvement de Libération nationale.

A la Libération, les Sansonetti purent revenir en Ardèche et se fixèrent définitivement à Lalevade où ils furent nommés. Yvonne Sansonetti se consacra alors en priorité aux tâches syndicales. La section ardéchoise du syndicat restait dominée par le courant « Ecole Emancipée » auquel elle participait. En octobre 1945, elle entra au conseil syndical départemental. De mai 1949 à octobre 1955, elle devint membre de la commission de réforme et membre de la commission administrative paritaire départementale. Secrétaire aux affaires administratives et responsable du journal L’Emancipation en octobre 1950, elle succéda à Yvonne Issartel au secrétariat départemental. Elle demeura à ce poste jusqu’en octobre 1952. Déléguée au congrès national de Saint-Malo (18-21 juillet 1951), elle fut assesseur de la sixième séance. Il en fut de même pour la quatrième séance (18 juillet 1952) du congrès suivant. De mai 1954 à mai 1960, elle demeura élue au conseil départemental de l’enseignement primaire où le rapport de forces s’était inversé en faveur du courant cégétiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article172585, notice SANSONETTI Yvonne, née BONNET Yvonne, Catherine, Euphrosyne, Jeanne par Pierre Bonnaud, version mise en ligne le 27 avril 2015, dernière modification le 21 mai 2015.

Par Pierre Bonnaud

SOURCES : L’Emancipation, bulletin de la section ardéchoise du SNI. — Presse syndicale. — Renseignements et courriers d’Etienne Sansonetti. — Etat-civil (mairie d’Escueillens). — Notes de Jacques Girault.

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