SCHMITT Élisabeth [née FISCHBACH Élisabeth]

Par Françoise Olivier-Utard

Née le 18 août 1929 à Saverne (Bas-Rhin) ; professeur de philosophie, puis conseillère ANPE ; militante de l’UFF, militante communiste ; secrétaire de l’UFF du Bas-Rhin, membre du comité fédéral du parti communiste de 1964 à 1966, membre du bureau fédéral de 1966 à 1969.

Son père et sa mère étaient tous deux instituteurs à Saverne, protestants, de gauche. Ils eurent deux enfants, Alfred et Élisabeth. Cette dernière commença sa scolarité à Saverne jusqu’à la guerre, qu’elle passa à Ingwiller (Bas-Rhin). Pour échapper à l’incorporation de force dans l’armée allemande, son frère s’enfuit en Suisse en 1942, ce qui provoqua la révocation de ses parents. Le père partit en usine, la mère devint secrétaire. En 1944 la famille fut même internée en camp spécial à Ulm (Allemagne). En 1945, la famille rentra à Saverne. Son frère Alfred revint en Alsace dans la Brigade Alsace-Lorraine.
Élisabeth passa un baccalauréat de philo et s’inscrivit dans cette discipline à l’université de Strasbourg. Mais la guerre avait ses séquelles : le frère et la sœur, atteints de tuberculose, furent contraints de séjourner dans un sanatorium. En 1953 , elle rata l’agrégation de philosophie, obtint quelques remplacements dans les lycées. Elle épousa Claude Schmitt, assistant en biologie végétale à l’université de Strasbourg. Catholique pratiquant, il rentra très meurtri de 30 mois de service militaire en Algérie. Chrétiens et pacifistes, ils adhérèrent tous deux au parti communiste en 1962, après le drame de la station de métro Charonne, pour agir en faveur de la paix en Algérie. Ils ressentirent un certain isolement à Strasbourg, car à cette époque l’adhésion aux thèses du matérialisme historique conditionnait encore l’entrée au parti, mais ils furent soutenus par Paulette Fischer* et Alphonse Boosz*.

Élisabeth Schmitt suivit plusieurs écoles du parti : école d’un mois en 1964, école de quatre mois en 1966, à Choisy. Elle fut élue au comité fédéral du Bas-Rhin de 1964 à 1966, puis au bureau fédéral de 1966 à 1969.
Son activité était surtout orientée en direction des femmes. Elle fut responsable départementale de l’UFF. Le comité départemental regroupait environ 300 femmes, dans plusieurs villes du département. La plus grande difficulté rencontrée était de faire venir les femmes aux réunions et de les faire résister à la pression du match de foot ou la bronchite du dernier né. Les activités étaient orientées dans trois directions : les femmes au travail (débats et conférences organisés sur les thèmes de la réduction du temps de travail, de l’égalité dans le métier, de la formation professionnelle, du vote des femmes), les femmes chargées d’enfants (mobilisation pour l’ouverture d’une halte-garderie à Barr (Bas-Rhin), conférences sur la psychologie de l’enfant, cours pratiques de cuisine et même de mécanique automobile), et la femme créatrice (exposition annuelle à partir de 1978 d’œuvres d’art faites par des femmes de tous bords).

Élisabeth fit partie des listes d’Union de la gauche aux élections municipales de 1971 et de 1977. Elle cessa ses activités de militante pour des raisons professionnelles en 1982, car, ayant réussi le concours de conseillère ANPE, elle venait d’obtenir un poste à Mulhouse (Haut-Rhin).

En 1986, elle reprit son activité politique, en particulier pour les élections municipales de 1989. Elle était en contact avec les organisations chrétiennes de gauche. Dans les années 1990, elle participa à un groupe de réflexion sur l’après-socialisme.
Elle perdit son mari en 1983. Le couple avait eu deux enfants

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article172642, notice SCHMITT Élisabeth [née FISCHBACH Élisabeth] par Françoise Olivier-Utard, version mise en ligne le 28 avril 2015, dernière modification le 25 mars 2021.

Par Françoise Olivier-Utard

SOURCES : Entretien du 18 septembre1999. — Arch. du comité fédéral du Parti communiste du Bas-Rhin.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément