BERCOVICI Moïse

Par Daniel Grason

Né le 12 février 1904 à Dorohoi (Roumanie) ; engagé dans la Légion étrangère, emballeur, journalier, ouvrier ; membre du Parti socialiste, syndiqué à la CGT ; volontaire en Espagne républicaine.

Fils de Joseph, tapissier et de Clara, née Abot, Moïse Bercovici arriva en France le 4 avril 1920, demeurait 14 rue Godefroy-Cavaignac à Paris (XIe arr.). Arrêté pour vol d’un pardessus à un particulier, il comparut le 9 avril 1921 devant un tribunal pour enfants et adolescents, fut condamné à la détention dans une colonie pénitentiaire jusqu’à sa majorité. Au cours de sa détention, il avait contracté le 21 décembre 1920 un engagement de cinq ans dans la Légion étrangère. Il participa aux campagnes coloniales de Syrie et du Maroc, alors sous mandat français.

Libéré le 21 décembre 1925, il demeurait 53 rue de Montreuil à Paris (XIe arr.), vivait avec Creuta Harabegui, femme Idlik, séparée de son mari, une compatriote de confession juive comme lui-même. Un fils Samuel naquit le 28 octobre 1927, il le reconnut. Il obtint par décret la nationalité française le 8 août 1929. Le 27 mai 1931 il signa un nouvel engagement dans l’armée, fut affecté au 22ème Régiment colonial, fut démobilisé le 27 mai 1934. Il épousa en mairie du XIe arr. le 6 mars 1934 Miche Blinbaum née en Pologne, le couple eut un fils, Salomon né le 24 novembre 1934 à Paris (XIVe arr.). Moïse Bercovici travaillait entre chaque contrat comme journalier, habita avec son épouse 62 rue de Ménilmontant (XXe arr.).

Il se porta le 10 novembre 1936 volontaire en Espagne républicaine. Il déclara qu’il était marié, père d’un enfant et qu’il était syndiqué à la CGT, membre de la SFIO. Il fit partie d’un convoi de 1200 volontaires de la région parisienne et du nord de la France à destination de Barcelone. Sous-officier de carrière, il fut affecté dans la XIIIe Brigade, 1ère compagnie Franco-Belge à Villastar dans le secteur de Teruel en Aragon. Début février 1937 il fut rapatrié de Valence avec vingt-trois autres volontaires.

À leur arrivée en gare de Lyon, les policiers du commissariat spécial procédèrent à un contrôle d’identité. Plusieurs brigadistes certifièrent qu’après avoir combattu en première ligne, ils étaient en permission à Valence depuis le 27 janvier. Après s’être concertés ils s’adressèrent au consul de France pour être rapatriés. Ces volontaires étaient fatigués et démoralisés, ils ne voulaient surtout pas être considérés comme des déserteurs.

Dénoncés aux autorités espagnoles, ils furent arrêtés, conduits sous escorte dans une caserne, un brigadiste parvint à s’enfuir, les autres étaient emprisonnés pour la nuit.
Prévenu le consul se présenta à la caserne, les prisonniers libérés. Selon le rapport du commissaire de police, Moïse Bercovici était considéré par les autres volontaires comme un « aventurier ».

Il travailla comme ouvrier aux établissements métalliques Gallay dont le siège était 166 rue Saint-Honoré à Paris (VIIe arr.). Mobilisé le 13 septembre 1939 au 223ème régiment de réserve territoriale, Moïse Bercovici fut fait prisonnier de guerre. Le 27 mars 1941 il était rapatrié par train sanitaire.

Son ex-amie Creuta Idlik fut arrêtée lors de la rafle du Vel d’Hiv le 17 juillet 1942. Internée à au camp de Drancy réservé aux Juifs, elle était déportée dans le transport n° 11 à destination d’Auschwitz (Pologne), elle y mourut.

En 1943, la famille Bercovici demeurait 11, passage Gustave-Lepeu (XIe arr.), la commission de dénaturalisation examina la situation de Moïse Bercovici. En octobre la commission donna un avis favorable à son maintien « dans la communauté française ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article172643, notice BERCOVICI Moïse par Daniel Grason, version mise en ligne le 28 avril 2015, dernière modification le 5 mai 2015.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. RGASPI 545.6.44/1 (Moscou). – Arch. PPo. 1W 0970, Ia 19. – Site internet CDJC.

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