SAÏD Paul

Par Alain Dalançon

Né le 16 septembre 1905 à Miliana (Algérie), mort le 4 décembre 1972 à Chambéry (Savoie) ; professeur ; militant syndicaliste du SNET et de la FEN en Algérie.

Paul Saïd appartenait à une très ancienne famille de petits commerçants juifs de Miliana, où son père, Bram Saïd, et sa mère, Fortunée Dadoun, étaient nés sous le Second Empire et s’étaient mariés en 1890.

Ancien élève de l’École normale d’instituteurs d’Alger-Bouzaréah, il intégra l’École nationale de l’enseignement technique (section B, promotion 1930-1932) et en sortit professeur de sciences. Il épousa Lucienne Chiche, appartenant à une autre vieille famille juive de Miliana ; ils eurent plusieurs enfants devenus professeurs.

Il enseigna les mathématiques, d’abord à l’école nationale professionnelle de Voiron (Isère) où il eut pour collègue Georges Lauré, futur secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement technique, puis, après la guerre, en Algérie, à l’École nationale de l’Air du cap Matifou, ensuite au collège technique du Ruisseau d’Alger à partir de la rentrée 1951.

Militant du SNET, il fut secrétaire des sections locales (S1) à Alger et membre du bureau régional avec Amédée Briffa qui était son collègue au collège technique et son ami.

En 1949, rallié à l’autonomie, il devint secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale d’Alger et le resta jusqu’en 1953-1954, avant René Godard. Il siégea également comme membre suppléant de la commission administrative fédérale au titre des sections départementales de novembre 1949 à novembre 1953.

Il s’efforça de maintenir l’unité des divers ordres d’enseignement, et se fit le porte-parole de la majorité des enseignants favorables au maintien de la France en Algérie. En mai 1953, il signa une longue tribune libre dans le Travailleur de l’enseignement technique, exposant les positions des « universitaires » d’Algérie, en rappelant ce que Jean Bogliolo, secrétaire du S3 du SNES, avait écrit dans L’Université syndicaliste. « Notre devoir est de lutter sur deux fronts : contre les revendications politiques des partis nationalistes musulmans que soutiennent à la fois le communisme soviétique et l’impérialisme américain, car elles signifient régression sociale, et contre les profiteurs capitalistes du régime et toutes les minorités européennes ou arabo-berbères de privilégiés, car leurs abus sociaux inhumains servent de prétexte, de façade aux revendications nationalistes. » Il demandait en outre que le gouvernement de la France soit capable de préciser le concept politique de l’Union française « fondé sur l’égalité des droits et des devoirs sans distinction de race et de religion ». S’appuyant sur la définition de la nation par Ernest Renan, il concluait que l’Afrique du Nord n’était pas et n’avait jamais été une nation.

Il revint en France au début des années 1960 avec son épouse, et décéda à la suite d’une longue maladie, à son domicile à Chambéry, 9 rue Hector Berlioz.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article172651, notice SAÏD Paul par Alain Dalançon, version mise en ligne le 29 avril 2015, dernière modification le 29 avril 2015.

Par Alain Dalançon

SOURCES : Arch. IRHSES (Le Travailleur de l’enseignement technique, Hommage dans L’Université syndicaliste, n°18 du 23 mai 1973, p. 2.). — État civil de la ville de Chambéry et en ligne de l’Algérie (ANOM). — Notes de Guy Putfin.

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