SORS Maurice, François, Abdon

Par André Balent

Né le 30 août 1908 à Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales), mort le 17 février 2002 à Saint-Laurent-de-Cerdans (Pyrénées-Orientales) ; instituteur des Pyrénées-Orientales ; militant du SNI ; militant de la SFIO.

Maurice Sors naquit à Amélie-les-Bains, la grande station thermale du Vallespir. En 1908, ses parents étaient respectivement âgés de quarante et trente-neuf ans. Son père, Abdon Sors exerçait la profession de coiffeur. Sa mère, Madeleine Forga était repasseuse.

Après ses études primaires, Maurice Sors fut reçu au concours d’entrée à l’École normale d’instituteurs de Perpignan qu’il fréquenta à partir du 1er octobre 1924. Le 29 juillet 1927, il fut nommé instituteur stagiaire à Porta, un petit village de la vallée de Carol, en Cerdagne, aux confins de l’Andorre. Mais, le 1er octobre 1927, il fut appelé sous les drapeaux. De retour du service militaire, il fut nommé, le 3 juillet 1928 instituteur adjoint à Saint-Laurent-de-Cerdans, centre industriel du Haut Vallespir (Voir : Julia Guillaume). Il conserva ce poste jusqu’au 30 septembre 1934. À partir du 1er octobre 1934, il regagna la Cerdagne où il occupa successivement les fonctions d’instituteur chargé d’école à Nahuja, un tout petit village, (jusqu’au 31 août 1937) puis celles d’instituteur adjoint à Saillagouse un chef-lieu de canton déjà bien « tertiarisé » (du 1er octobre 1937 au 31 août 1939). Le 1er juillet 1939 il fut à nouveau muté en Vallespir, à Saint-Laurent-de-Cerdans, sur un poste d’instituteur adjoint. Il demeura deux ans dans cette commune avant d’obtenir une mutation, le 1er septembre 1941 à Claira un gros village la plaine roussillonnaise, en Salanque, à une dizaine de kilomètres au nord-est de Perpignan. Le 1er octobre 1942, il fut promu, à Claira, directeur d’école. Le 1er octobre 1945, il fut confirmé dans cette fonction.

Plus tard, il fut muté à Elne, une petite ville du Roussillon au sud de Perpignan où, dans les années 1950 et jusqu’au début des années 1960, il était directeur du groupe scolaire et assurait un enseignement en cours supérieur. Il prit sa retraite dans ce dernier poste.

Maurice Sors se maria le 25 août 1934 à Saint-Laurent-de-Cerdans avec Marie-Thérèse, Léontine Surroque, sans profession, fille d’un bûcheron. Le couple eut un fils, Jean.

Avant la Seconde Guerre mondiale, Maurice Sors adhérait au Syndicat national des instituteurs (SNI) sans y exercer de responsabilités. Il adhéra aussi au Parti socialiste SFIO. À Saint-Laurent-de-Cerdans, commune à la vie culturelle et sociale foisonnante, il avait, comme son collègue Ferdinand Baylard, contribué à la création d’un groupe des Jeunesses socialistes SFIO auquel participaient de nombreux jeunes de la commune parmi lesquels Jean Figuères et François Erre.

Il ne semble pas avoir participé à la Résistance dans le cadre d’organisations clandestines, mouvements ou réseaux.

Après 1945, Maurice Sors — qui n’était pas apparenté avec Léon Sors — s’imposa comme un militant très actif, d’abord du Syndicat unique de l’Enseignement (CGT) des Pyrénées-Orientales, puis du SNI (FEN autonome).

Maurice Sors fut membre du conseil syndical de la section du syndicat unique de l’Enseignement dans les Pyrénées-Orientales à partir de l’assemblée générale du 16 mai 1946 dont le secrétaire était Ferdinand Baylard qui remplaça le 21 mars 1946 Léon Sors démissionnaire. Il accepta avec difficulté, avec sa section syndicale, le choix de l’autonomie en 1948 de la Fédération de l’Éducation nationale. Le SU de l’enseignement des Pyrénées-Orientales cessa de vivre au moment de la scission de la CGT-FO. Dès que la FEN passa dans l’autonomie, Maurice Sors devint le secrétaire départemental du SNI des Pyrénées-Orientales. Il le demeura jusqu’en 1954.

Lors de la réunion du conseil national du SNI, le 4 avril 1950, il intervint dans la discussion sur le recrutement des maîtres de cours complémentaires en indiquant que des maîtres de CC devaient faire partie des jurys des recrutements. Lors de la nouvelle réunion du CN, le 19 mars 1951, il demanda la réouverture de l’Ecole normale d’instituteurs de Perpignan. En effet, depuis 1945, les élèves instituteurs des Pyrénées-Orientales fréquentaient l’école normale de Foix alors que les élèves institutrices de l’Ariège faisaient leurs études à Perpignan. Le souhait de Maurice Sors se concrétisa bientôt.

Il fut élu à la commission académique paritaire départementale des instituteurs des Pyrénées-Orientales en 1949 et en 1952. Il ne représenta pas sa candidature au renouvellement du 5 novembre 1954.

Le 10 janvier 1952, alors que les obsèques de Léon Sors — grande figure du syndicalisme enseignant des Pyrénées-Orientales qui avait quitté le SNI en 1948 lorsque que celui-ci quitta la CGT — avaient lieu dans l’intimité familiale, Maurice Sors s’y rendit avec d’autres militants comme Lucette Justafré à qui il dit, à la sortie du cimetière : "N’y [au SNI] était-il toujours pas resté ?"

Après la Seconde Guerre mondiale, il fut un adhérent de base de la SFIO.

Maurice Sors, catalanophone, avait une sensibilité "catalaniste". Son unique faire-part de décès dans le quotidien perpignanais L’Indépendant du 19 février 2002 fut publié en catalan, fait rare qui mérité d’être signalé ; un extrait d’un texte de Josep Sebastià Pons, grand écrivain roussillonnais de langue catalane, y fut inclus. Ses obsèques religieuses, catholiques, eurent lieu en l’église d’Amélie-les-Bains localité où il résidait en alternance avec Saint-Laurent-de-Cerdans. La rubrique de cette localité dans L’Indépendant du 22 février 2002 indiqua les liens qu’il y avait conservé, rappelant qu’il y avait exercé en qualité d’instituteur "il y a quelques décennies".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article172664, notice SORS Maurice, François, Abdon par André Balent, version mise en ligne le 30 avril 2015, dernière modification le 17 juin 2016.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Pyrénées-Orientales, 1563 W 75, dossier Maurice Sors ; 49 W 51, SNI, 1953-1954. — Arch. com. d’Amélie-les-Bains – Palalda, état civil. — Archives du SNI et du SU de l’Enseignement des Pyrénées-Orientales détenus par Michel Ribera et consultées en 1984. — Presse syndicale nationale. — Lucette Justafré, "Adieu à Léon Sors", Bulletin départemental du SNI, janvier 1952, pp. 20-21. — L’Indépendant, 19 et 22 février 2002. — Entretien avec François Erre, Saint-Laurent-de-Cerdans, 20 juillet 1982. — Entretien avec Lucette Justafré, Ille-sur-Têt, 5 octobre 1983. — Entretien téléphonique avec Pierre Grau, originaire d’Elne, 29 avril 2015. — Notes de Jacques Girault.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément