SELLIER André [SELLIER André, Philogène, Arsène]

Par Julien Cahon

Né le 1er juillet 1920 à Amiens (Somme), mort le 1er février 2015 à Salouël (Somme) ; enseignant puis diplomate ; militant socialiste dans la Somme puis les Hauts-de-Seine.

André Sellier en 1941
André Sellier en 1941
Archives d’A.Sellier

Fils du syndicaliste Louis Sellier, menuisier, et de Jeanne Vallée, ménagère, André Sellier fréquenta l’école primaire du quartier Châteaudun à Amiens, où il eut notamment comme instituteur Paul Dazin. Élève brillant et studieux, il entra ensuite au lycée d’Amiens. Son enfance et son adolescence furent notamment marquées par les colonies de vacances de la coopérative L’Union, les activités de son père et la campagne de Léon Thoyot (SFIO) qu’il a suivie avec son père lors des élections législatives de 1932. En 1934, André Sellier adhéra aux Faucons Rouges. Il participa à plusieurs camps internationaux, notamment à celui organisé en 1934 près de Saint-Claude (Jura) où il fit la connaissance de Georges Monnet et Kurt Löwenstein. En 1936, André Sellier adhéra à la SFIO, militant tout d’abord aux Jeunesses socialistes.

Élève en hypokhâgne au lycée Faidherbe de Lille (1938-1939) puis au lycée Malherbe de Caen (1939-1940), il fut affecté comme professeur au collège de garçons de Cambrai en novembre 1940, puis se maria le 23 décembre 1940 dans le Nord avec Hélène Chlique, mariage dissous en juin 1957.
Licencié es lettres en 1941, il obtint son certificat d’aptitude au professorat d’histoire et de géographie en 1942. Arrivé premier à ce concours national, il était le plus jeune professeur certifié de France toutes disciplines confondues.

André Sellier fut arrêté le 2 août 1943, le lendemain de la double arrestation de son père, résistant qui avait contribué à la mise en place de la CGT clandestine, et de son beau-frère, réfractaire au STO qu’il avait aidé à entrer en relation avec le mouvement Libération-nord. André Sellier fut envoyé à Buchenwald en janvier 1944 puis, transféré au sinistre tunnel de Dora où étaient assemblés les missiles V2. Évacué vers Ravensbrück en avril 1945, il fut libéré le 2 mai à Karow.

À la Libération, de retour à Cambrai, il fit plusieurs campagnes électorales pour Raymond Gernez, élu maire et député. Sa nouvelle vie commença avec le concours de l’ENA (major de la promotion 1947) : André Sellier entama une carrière diplomatique et son militantisme fut mis entre parenthèses. Il intégra le corps de l’expansion économique à l’étranger : attaché commercial à Londres (1950) puis à Rome (1955), conseiller commercial à l’administration centrale (1956), conseiller économique et commercial de France à Abidjan (1961), conseiller commercial à Alger (1963) puis en mission à Lille (1968) et à l’administration centrale (1977), André Sellier fut membre du Conseil supérieur des Français de l’étranger de 1982 à 1991.

Membre de la section socialiste de Neuilly-sur-Seine au début des années 1980, il fut le mandataire de François Mitterrand en 1981, se présenta comme suppléant du candidat PS aux législatives de 1981 dans la sixième circonscription des Hauts-de Seine (Puteaux-Neuilly) et aux élections cantonales à Neuilly et fit campagne pour les élections municipales de 1983.
Il fut longtemps (dans les années 1970-1980) président du syndicat des personnels de l’Expansion économique.

À la retraite (1986), il revint à ses activités d’historien en publiant trois atlas avec son fils Jean et une Histoire du camp de Dora en 1998, ouvrages qui font toujours référence aujourd’hui. En 1996, il fut également associé au projet muséographique de la Coupole, centre d’histoire et de mémoire du Nord-Pas-de-Calais.

Officier de la Légion d’honneur et décoré de la Croix de guerre 1939-1945, André Sellier avait fait don des archives de son père aux archives départementales de la Somme en 2005.

André Sellier s’était remarié le 14 juin 1960 à Palaiseau (Seine-et-Oise, Essonne) avec Simonne Vermare.
Ses trois premiers enfants (Jean Colette et Pierre) ont pour mère Hélène Chlique. Il eut une fille, Caroline, avec Simonne Vermare sa deuxième épouse.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article172672, notice SELLIER André [SELLIER André, Philogène, Arsène] par Julien Cahon, version mise en ligne le 1er juin 2015, dernière modification le 3 septembre 2020.

Par Julien Cahon

André Sellier en 1941
André Sellier en 1941
Archives d’A.Sellier
André Sellier dans les années 1990
André Sellier dans les années 1990
Site Internet des éditions La Découverte

OEUVRE : Atlas des peuples d’Europe centrale, La Découverte, 1991. — Histoire du camp de Dora, La Découverte, 1998. — Atlas des peuples d’Orient, La Découverte, 2004. — Atlas des peuples d’Europe occidentale, La Découverte, 2011.

SOURCES : Entretien d’André Sellier avec Julien Cahon, avril 2010. — Papiers personnels d’André Sellier. — Who’s who, 2005. — État civil.

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