SCHOULER Georges, Paul, Laurent

Par Alain Dalançon

Né le 15 mars 1907 à Paris (Ve arr.), mort le 23 avril 2007 à Belfort (Territoire de Belfort) ; professeur ; militant syndicaliste du SNEPS, du SNCM puis du SNES dans l’académie de Besançon ; militant mutualiste de la MGEN.

Fils d’un employé de commerce, Georges Schouler fut élève-maître à l’École normale d’instituteurs de Besançon (Doubs) de 1922 à 1925. Après son service militaire effectué au 35e Régiment d’infanterie à Belfort en 1925-1926, terminé au grade de sous-lieutenant, il exerça comme instituteur dans le Territoire de Belfort à Vellescot, puis Giromagny, avec sa femme, Renée, une institutrice épousée dans cette commune en novembre 1927, avec laquelle il eut deux enfants.

Après avoir obtenu son baccalauréat (série Philosophie), il commença en 1929 des études supérieures à la Faculté des Lettres de Besançon tout en continuant à faire la classe à l’école primaire de Belfort (actuelle rue de la Première Armée). Il termina en 1936 une licence d’enseignement composée de certificats d’histoire et géographie, de littérature française et de phonétique et grammaire du vieux français. Ce qui lui permit d’enseigner à partir de la rentrée 1936 comme instituteur délégué à l’école primaire supérieure de Gérardmer (Vosges), chargé de l’histoire-géographie et de l’éducation physique, à la suite d’une série de nominations (cours complémentaire de Belfort en 1932, école pratique de commerce d’industrie de Montbéliard (Doubs) en 1935, puis à nouveau CC de Belfort à la rentrée 1935). En 1938, il fut titularisé professeur à l’EPS de Gérardmer, où son épouse était directrice de l’école maternelle. Il militait alors au Syndicat national des écoles primaires supérieures, ainsi que dans les organisations laïques, en animant activités sportives et fêtes scolaires.

Mobilisé en septembre 1939 dans le 174e Régiment de mitrailleurs d’infanterie de forteresse, il participa en juin 1940 comme capitaine aux combats en Moselle (Holving et Remering) et fut blessé dans les combats de la forêt de Parroy, le 18 juin. Fait prisonnier de guerre, il fut d’abord hospitalisé à Saint-Dié, avant d’être envoyé en captivité à l’Oflag XIII B à Nuremberg puis au XVII A, à Edelbach en Autriche. Il donna des cours dans le camp au Centre d’études géographiques pour étudiants ; il avait en effet commencé à préparer un diplôme d’études supérieures de géographie avec Jules Blache qu’il ne put soutenir qu’en 1946. Animateur de la section E de la résistance dans l’oflag, il tenta de s’évader le 17 avril 1944, mais fut repris le 24 et incarcéré. Après la libération du camp par l’armée soviétique en avril 1945, il s’en échappa le 3 juin et gagna la zone américaine, « grâce à des Tchèques sympathiques » indiqua-t-il. Libéré le 11 juin, il regagna la France et trouva son logement à Gérardmer totalement sinistré.

Georges Schouler postula pour la direction d’un collège moderne et technique et fut nommé à la rentrée 1945 professeur au collège moderne à Besançon, tandis que son épouse y dirigea une école maternelle. Il était le secrétaire de la section départementale du Syndicat national des collèges modernes du Doubs et il participa à la mise sur pied, avec Alexandre Kreisler et Elie Repellin, du syndicat unique du second degré dans l’académie de Besançon, qui fonctionna effectivement jusqu’en 1949. Il fut aussi un des fondateurs de la section départementale de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale, dont il assuma la présidence.

Ayant obtenu sa mutation pour le lycée de Belfort en 1950, où il termina sa carrière en 1966, il milita au Syndicat national de l’enseignement secondaire et fut intégré dans le conseil d’administration de la MGEN du Territoire de Belfort. Il habitait à proximité, à Chaux, où son épouse avait été nommée institutrice à l’école des pupilles de guerre.

Sa retraite prise, Georges Schouler se consacra, avec sa seconde épouse Madeleine Aubry, à des travaux de recherches locales en histoire et géographie, publia plusieurs ouvrages et était un collaborateur régulier de la Société belfortaise d’émulation.

L’école élémentaire publique de Chaux, où il résidait quand il mourut centenaire, porte son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article172726, notice SCHOULER Georges, Paul, Laurent par Alain Dalançon, version mise en ligne le 2 mai 2015, dernière modification le 2 mai 2015.

Par Alain Dalançon

ŒUVRE : Contribution à l’étude de l’histoire postale du siège de Belfort, 1870-1871, Amicale philatélique de l’Est pour le centenaire du siège, 1970. — Géographie du Territoire de Belfort, 1e éd. 1967, 2e éd. 1979. — Histoire de la création et des premières années de la section de la M.G.E.N. du Territoire de Belfort, MGEN, 1983. — Le Territoire de Belfort, éd. L’Est républicain, 1986. — « Chaux au temps du Second Empire », Bulletin de la Société belfortaise d’émulation, 1983 ; « Histoire de Chaux des origines à 1945 », ibid. 1991.

SOURCES : Arch. Nat., F17 28791. — Arch. IRHSES. — Revue de géographie Alpine, 1942, vol. 30, p. 423-427. — Nécrologie par Nicole Wimmer, dans le bulletin municipal de Chaux, juillet 2007. — Notes de Jacques Girault.

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