BORDES Louis, Léonard

Par Nadia Ténine-Michel, Claude Pennetier

Né le 14 août 1911 à Paris (XVIIIe arr.), mort le 9 février 1982 ; modeleur-mécanicien ; résistant ; maire communiste de Stains (Seine, Seine-Saint-Denis), conseiller général de la Seine, puis de la Seine-Saint-Denis.

Louis Bordes.
Louis Bordes.

Issu d’une famille ouvrière, marié sans enfant, Louis Bordes passa sa jeunesse dans la capitale puis à Clichy et Saint-Ouen. Ses parents achetèrent un terrain à Stains en 1925 ; ils y construisirent une maison deux ans plus tard et s’installèrent en 1928 à Stains. Louis Bordes ne quitta pas cette ville. Dans cette banlieue en voie de lotissement, on construisait soi-même sa maison et le jeune Bordes y passait ses loisirs. Ils y vécurent un temps sans eau, gaz ni électricité ni véritables rues.
Après son service militaire au deuxième bataillon de chasseurs à pied, il fut embauché à l’usine aéronautique Gnôme et Rhône de Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine) comme modeleur. Diffuseur de l’Humanité en 1935, il adhéra au PCF en février 1936.
Sous l’Occupation, Louis Bordes fut d’abord responsable du PCF pour l’ouest de la région parisienne sous le pseudonyme de « Pascal » et quitta Gnôme et Rhône pour devenir contremaître à Saint Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis).
Louis Bordes fut arrêté en octobre 1942 dans le cadre de l’affaire Varagnat-Kieffer-Briquet et selon son témoignage, « sorti de la Brigade spéciale » quelques jours plus tard par des policiers résistants « grâce à la falsification des rapports de police et à la suppression des documents saisis. » Il fut donc relâché faute de preuves. Voir Henri Varagnat*.

Il passa à la clandestinité comme responsable du nord de la région parisienne. À partir de novembre 1942, il était membre de l’État-major régional des FTPF, chargé du recrutement et du contrôle des effectifs. Il participa en 1943 à des attaques contre des militaires allemands. En août 1944, sous le pseudonyme de lieutenant Gardette, il commandait les FTPF de Stains, contribua à la libération de la ville. Louis Bordes occupa la mairie de Stains à la tête des FTP le 19 août 1944. Il fut nommé en 1944 président du Comité local de Libération puis de la délégation spéciale (en remplacement du maire communiste de 1935, Jean Chardavoine* qui s’était désolidarisé de la position du PCF lors du pacte germano-soviétique, mais restait membre du conseil municipal provisoire).Il fut élu maire le 6 mai 1945.
L’élection allait le confirmer dans ses responsabilités de maire pour six mandats successifs jusqu’en mars 1977. Louis Bordes s’identifia à sa ville qui passait de 22 000 habitants en 1957 à 35 000 en 1975. Il en améliora l’équipement et créa notamment les premières colonies de vacances. Il présidait personnellement plusieurs associations locales.
En même temps, Louis Bordes participait à la direction de la fédération Seine nord-est du PCF : membre du secrétariat en 1953, du bureau de 1954 à 1956, puis du comité fédéral jusqu’en 1959. En 1957, il siégeait au bureau national des élus communistes et entrait au conseil général de la Seine à la mort d’Émile Dubois. Le 24 septembre 1967, il était élu conseiller général du nouveau département de Seine-Saint-Denis, au premier tour avec 84 % des suffrages exprimés. Siégeant à la commission départementale, il présida la commission des Transports de 1967 à 1973 ; il était également administrateur du Syndicat des Transports parisiens. De 1973 à 1976, premier vice-président du conseil général, il était membre de la commission mixte des conseils généraux des Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne, ainsi que du comité de tourisme de la région parisienne.
Réélu au conseil général en 1970, Louis Bordes céda la place en 1976 à Colette Coulon et en 1977 le siège de maire à Louis Pierna, tout en restant conseiller municipal. Il consacra sa retraite à écrire notamment l’histoire de Stains.
Il était titulaire de la croix de guerre avec étoile d’argent, de la médaille de la Résistance, de la médaille d’honneur de la Jeunesse et des Sports, de la médaille départementale et communale argent et vermeil ; il était aussi chevalier des palmes académiques et de la Légion d’honneur.
Sa mort fut annoncée par Le Monde le 12 février 1982.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17278, notice BORDES Louis, Léonard par Nadia Ténine-Michel, Claude Pennetier , version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 30 avril 2021.

Par Nadia Ténine-Michel, Claude Pennetier

Louis Bordes.
Louis Bordes.

ŒUVRE : Ouvrages de Louis Bordes édités par le Comité de gestion et de culture de Stains : Regards sur le passé, 1975 ; en collaboration : Stains et son histoire, 1979 ; Souvenons-nous, 1981.

SOURCES : Arch. Dép. Seine-Saint-Denis, 16 W 1, 20, 25. — Arch. comité national du PCF. — Informations municipales de Stains (février-mars 1982). — Hommage de Stains à Louis Bordes. — Bordes Louis, Stains et son histoire, Paris, 1979. — Témoignage de Louis Bordes auprès de Claude Pennetier, décembre 1979.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 141 cliché du 15 octobre 1942.

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