LELLUCH Alfred, Abraham

Par Claude Pennetier

Né le 23 janvier 1900 à Alger, fusillé le 28 juillet 1944 à Aulnat (Puy-de-Dôme) ; ingénieur polytechnicien ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI)

Fils de Joseph et de Nedjemah MELLOUCH, polytechnicien, ancien élève de Sup élec, cousin de David Lelluch, Alfred Lelluch était ingénieur en chef de la radiodiffusion française.
Il se maria le 11 janvier 1938 à Paris, VIe arr. avec Mauricette LOEWY. Ils eurent un enfant.
Sous-lieutenant de réserve en 1922, il fut promu capitaine en 1936. Il obtint le Légion d’honneur en juillet 1939.
Capitaine commandant de la 2ème Compagnie radio des armées, il dirigea ensuite les services techniques de la radiodiffusion nationale à Toulouse dont il fut radié selon l’application des lois raciales. Il fut ensuite recruté comme ingénieur aux laboratoires radio-électrique à Royat, société créée par Mario Nikis et rapatriée en Auvergne. Il entra dans la Résistance fin 1942 ou début 1943.

François Devèze, chef de la "chaîne Duvenois", le désigna comme directeur technique de la radiodiffusion insurrectionnelle. Il mit en fabrication ou détourna de leur destination plusieurs dizaines d’émetteurs provenant des laboratoires radio-électriques de Clermont-Ferrand. Il organisa la livraison de ce matériel avec l’accord de son directeur, Mario Nikis, qui fut comme lui arrêté par la Gestapo. Il organisa la répartition des émetteurs radio sur l’ensemble du territoire pour permettre à la radio de se faire entendre dès le départ de l’ennemi, malgré la destruction presque totale de son réseau national.

Arrêté le 15 mai 1944, à son domicile 83 rue Blatin à Clermont-Ferrand, il fut transféré à la prison allemande du 92 R.I. pour être interrogé et torturé par la Gestapo et la milice, il resta silencieux. Il a été fusillé, de nuit, sommairement, sans condamnation, à l’aérodrome d’Aulnat dans le Puy-de-Dôme le 28 juillet ou le 2 août. La première date est retenue par ses proches dont sa fille Josette Lelluch-Mérigeau. Son corps fut retrouvé avec celui d’autres résistants le 22 novembre 1944 dans des trous de bombardements sur l’aérodrome d’Aulnat, en banlieue de Clermont-Ferrand. Les corps avaient été enterrés là par les Allemands.

Il fut élevé à titre posthume au grade de lieutenant-colonel des FFI, homologué Forces françaises combattantes (FFC), Déportés et internés de la résistance (DIR), Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Une plaque commémorative est toujours visible au 15 rue Cognacq-Jay à Paris, ancienne adresse de la Radio. Le local portait le nom de Centre Alfred Lelluch jusqu’à sa vente. Une plaque figure sur le campus de l’École supérieure d’électricité, plateau de Moulon, à Gif-sur-Yvette depuis le transfert dans les années 70 de Sup. élec. Paris.

Son nom figure dans la liste du Mémorial de la Shoah établie par Serge et Béate Klarsfeld, ainsi qu’à Clermont-Ferrand sur le Tableau commémoratif de l’Atelier Industriel de l’Aéronautique et à Palaiseau sur le Monument commémoratif de l’école polytechnique.

De janvier 1946 à l’Indépendance, une grande artère d’Alger (ancienne rue de Constantine) a porté le nom d’Alfred Lelluch.

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Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article172914, notice LELLUCH Alfred, Abraham par Claude Pennetier, version mise en ligne le 12 mai 2015, dernière modification le 9 février 2022.

Par Claude Pennetier

Plaque 15 rue Cognacq-Jay
Plaque 15 rue Cognacq-Jay

SOURCES : SHD Vincennes : GR 16 P 359100 . Dossier Alfred Lelluch (non consulté) .—Sites Internet. — Notes de Carole Sifflet-Curie. — Musée de la Résistance de Chamalières .— La Montagne, 24 novembre 1944 .— MémorialGenweb .— Mémoire des Hommes. Compléments par Eric Panthou.

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