BOUR Paul, Marcel, Amédée

Par Roger Faist

Né le 23 juin 1921 à Metz (Moselle) ; diplômé de l’École polytechnique, ingénieur chez Peugeot à Sochaux (Doubs) ; délégué CFTC au Comité central d’entreprise (1955-1957), membre du conseil de la Fédération française des syndicats d’ingénieurs et cadres FFSIC-CFTC (1951-1958).

Fils de Camille-Nicolas Bour (1883-1975), agent des PTT, et de Julia Letailleur (1889-1966), enseignante, Paul Bour avait une sœur, plus âgée que lui. Sa famille était catholique pratiquante. Le père lia, tout au long de sa vie, un engagement mutualiste et coopératif à son activité professionnelle.

Paul Bour effectua ses études secondaires au lycée Faber de Metz (Moselle). Il y passa le baccalauréat puis commença une année d’« hypotaupe ». À l’automne 1939, la guerre bouscula la vie familiale. Par sécurité, il s’inscrivit alors à Rennes (Ile-et-Vilaine) en classe de mathématiques supérieures. Il passa ensuite l’écrit du concours d’entrée à l’École polytechnique. Après le bombardement de Rennes en juin 1940, il partit pour Bordeaux (Gironde) à vélo. Là, il eut la possibilité de passer les épreuves orales du concours auquel il fut reçu. Il rejoignit Lyon (Rhône) pour la rentrée d’octobre 1940, car l’École polytechnique s’était repliée en « zone libre ». Il en sortit en 1942 avec le grade de sous-lieutenant, choisit l’École centrale de Lyon comme école d’application et obtint son diplôme d’ingénieur en 1944.

Pour premier emploi, il choisit l’entreprise Peugeot à Sochaux où il entra en juin 1944. Mais les combats en Franche-Comté se rapprochèrent et en octobre 1944, les usines, occupées par les Allemands étaient à portée des canons alliés. Passant par la Suisse, Paul Bour s’échappa et, conseillé par l’École polytechnique finit par rejoindre l’armée de libération au camp du Valdahon (Doubs). Il y reçut une instruction militaire et fut affecté, après le 8 mai 1945 en Allemagne. Il fut rendu à la vie civile, en mai 1946, avec le grade de lieutenant.

Paul Bour rejoignit immédiatement Sochaux. De 1946 à 1957, il y occupa des postes techniques. Puis, adjoint du chef des méthodes mécanique, la direction de « Terrot » à Dijon (Côte-d’Or) lui fut confiée. En 1960, il fut nommé directeur du site d’Indenor à Lille-Marcq-en-Barœul (Nord). En 1962, il fut appelé au siège social des automobiles Peugeot à Paris. Il y exerça successivement les fonctions de direction : directeur technique d’Indenor, directeur du service de techniques industrielles et directeur industriel et commercial outre-mer. Un peu avant sa retraite en 1983, il fut détaché au ministère de la Recherche.

Dès la fin de sa scolarité à Metz, Paul Bour s’était engagé dans la branche « routiers » des scouts de France. Il avait rejoint ensuite l’Union sociale des ingénieurs catholiques-USIC (aujourd’hui Mouvement chrétiens des cadres et dirigeants MCC) qu’il avait connue à l’École polytechnique et qui l’avait sensibilisé au syndicalisme. Dès son arrivée à Sochaux en 1946, il avait adhéré à l’Union régionale Franche-Comté de la Fédération française des syndicats d’ingénieurs et cadres FFSIC-CFTC. Le responsable en était Jean Gourand, par ailleurs, secrétaire de l’antenne régionale de l’USIC. Il fut successivement : délégué du personnel (collège cadres), délégué cadre au comité d’établissement de Sochaux et délégué au comité central d’entreprise de la société « Automobiles Peugeot ». Dans le contexte des luttes sociales qui jalonnèrent la vie de l’usine, alors que Paul Bour était membre du CCE, en 1953, la CGT attaqua dans un tract la position qu’il avait prise en séance. Il fut soutenu, également par tract, par la section CFTC de l’usine. Parallèlement, l’Union locale Sochaux-Montbéliard de la CFTC accueillait les cadres CFTC de Sochaux. Jean Maire en était le responsable. Paul Bour fut appelé, avec Georges Taylor, à apporter des contributions à l’École normale ouvrière départementale de la CFTC, sur la monnaie, le revenu national, le plein-emploi, etc.

Si son activité syndicale se développa principalement au plan local, il fut membre, de 1951 à 1958, du Conseil de la Fédération française des syndicats d’ingénieurs et cadres FFSIC-CFTC dont André Bapaume était secrétaire général. En 1957, il participa, comme représentant CFTC, à une mission de productivité aux États-Unis, centrée sur l’industrie automobile. Après son retour, il marqua son désaccord avec les positions prises par la section CFTC (ouvriers, employés et techniciens), jugées par lui, démagogiques et politisées. Il démissionna immédiatement de tous ses mandats, tout en voulant rester fidèle à ses orientations sociales.

Paul Bour avait épousé Mireille Gouillon à Verdun en 1947. Institutrice, elle se consacra à sa famille. Ils eurent quatre enfants : Jean-Paul en 1948, Françoise en 1951, Geneviève en 1952 et Francis en 1960. Après les années vécues en pays de Montbéliard (Doubs), la famille habita à Ville-d’Avray (Hauts-de-Seine) en 2013.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article172942, notice BOUR Paul, Marcel, Amédée par Roger Faist, version mise en ligne le 10 mai 2015, dernière modification le 10 mai 2015.

Par Roger Faist

Sources : Arch. Fédération française des syndicats d’ingénieurs et cadres FFSIC-CFTC. — Arch. société Peugeot : DVD avec témoignage biographique de Paul Bour au début des années 2000. — Entretiens avec Paul Bour (2013). — Renseignements communiqués par Henri Desloges.

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