LE DREN Joseph, Louis, Yves, Pierre

Par Serge Cordellier, Michel Rousselot

Né le 1er juillet 1934 à Carantec (Finistère), mort le 10 février 2006 à Créteil (Val-de-Marne) ; rédacteur en chef de revues ; syndicaliste CFDT.

Fils d’Yves-Louis Le Dren et de Rosalie Derrien, Joseph Le Dren vécut son enfance dans une famille rurale de Bretagne – une sœur Marthe (« Martine ») est née ensuite – jusqu’au moment où son père, devint cheminot en région parisienne, après la Seconde Guerre mondiale. De sept à dix ans, il suivit une école privée à Cléden-Poher (Finistère), où il apprit le français, puis ensuite au Kreisker, établissement privé de Saint-Pol-de-Léon (Finistère) avec une formation classique (latin-grec) jusqu’au baccalauréat en 1952.

Après deux licences, lettres modernes (1955) et anglais (1957) obtenues à Grenoble alors qu’il séjournait au sanatorium de la MNEF (Mutuelle nationale des étudiants de France), il devint lecteur de français à l’Université St. Andrews à Aberdeen (Écosse) à la fin des années 1950. À son retour en France, à Paris, il fut traducteur de romans et lecteur-correcteur aux éditions Hachette, et milita très vite à la CFTC.

Prenant contact, au milieu des années 1960, avec le Centre national des jeunes agriculteurs (CNJA), alors aile progressiste du mouvement paysan, Joseph Le Dren y fut chargé de formation, et intervint notamment à l’IFOCAP (Institut de formation des cadres paysans, en rapports étroits avec le CNJA). Il devint par la suite rédacteur en chef adjoint de la revue Paysans à partir de l’automne 1966, puis rédacteur en chef jusqu’en 1971. Outre sa fonction informative, cette revue fut un véritable laboratoire d’idées appuyé sur des faits et des enquêtes, en lien avec les préoccupations du mouvement des jeunes agriculteurs (CNJA), impulsé notamment par la Jeunesse agricole catholique (JAC). Lorsque, après Mai 68, ce mouvement se fractura politiquement et syndicalement, il fut écarté avec d’autres de l’IFOCAP puis de la revue.

Il devint ensuite, de 1971 à 1975, chargé d’études à la SEGESA (Société d’études géographiques, économiques et sociologiques appliquées). Simultanément, il avait repris des études et obtenu en 1974 une licence d’urbanisme. Il collabora à la revue Le Sauvage qui fut l’un des tout premiers périodiques français d’écologie politique, lancé en 1973 dans l’orbite de l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur.

Recruté en 1975 comme rédacteur en chef de Cadres et Profession (revue de l’Union confédérale des ingénieurs et cadres – UCC-CFDT), par Pierre Vanlerenberghe, alors secrétaire général de l’UCC, Joseph Le Dren en fit une revue de qualité, tant dans son projet éditorial et son contenu que dans sa maquette. La revue posait des questions pertinentes sur l’avenir du travail, l’évolution des fonctions et des responsabilités des cadres et sur les conséquences des changements technologiques pour les professions, ce qui le conduisit à publier l’ouvrage Du printemps dans les métiers (Syros, 1985). Il fut élu secrétaire national de l’UCC en 1981 et continua à exercer la responsabilité de rédacteur en chef de cette revue (qui, en 1976, prit pour titre Cadres CFDT) jusqu’à fin 1988.

À cette date, il s’investit principalement à l’Institut Belleville, ONG créée en 1984 par la Confédération CFDT pour succéder à l’Institut syndical de coopération technique international (ISCTI) en vue de conduire de nouvelles coopérations syndicales internationales Nord/Sud. Il y développa notamment des liens étroits avec des équipes africaines (comme au Zimbabwe) et brésiliennes. Parallèlement, de 1987 à 1993, il prit part aux activités de la Fondation Europe et société créée par Jacques Moreau où il dirigea notamment la publication de l’ouvrage Les futurs de l’Europe (Le Monde Éditions, 1990). En 1989-1990, il fut rédacteur en chef de la revue Pour publiée par le Groupe de recherche pour l’éducation et la prospective (GREP) et tournée vers le fait associatif, l’éducation populaire et la ruralité.

Après son retrait de la vie professionnelle, il s’installa à Carhaix (Finistère), avec le rêve de relier dans une sorte de parcours les jardins botaniques et floraux avec les arboretums et autres conservatoires végétaux dans le cadre de projets paysagers.

Joseph Le Dren mourut au centre hospitalier intercommunal de Créteil et fut enterré à Carhaix dans le Finistère. Doté d’une large érudition et d’une fine plume, amoureux de littérature, de culture et d’histoire sociale, Joseph Le Dren fut un témoin exigeant – un intellectuel – du monde paysan puis de celui des cadres. Aux premiers, il a transmis des connaissances utiles à leur combat pour la modernisation de l’agriculture. Aux seconds, il a proposé d’élargir leur culture pour favoriser la transformation sociale par une ouverture sur l’histoire et la sociologie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article172945, notice LE DREN Joseph, Louis, Yves, Pierre par Serge Cordellier, Michel Rousselot, version mise en ligne le 10 mai 2015, dernière modification le 10 mai 2015.

Par Serge Cordellier, Michel Rousselot

ŒUVRE : Du printemps dans les métiers, Syros, Paris, 1985. – Les futurs de l’Europe, Le Monde Éditions, Paris, 1990. – Articles dans les revues citées.

SOURCES : État civil. – Arch. Union confédérale des ingénieurs et cadres UCC-CFDT. – Arch. Confédération CFDT et département international CFDT. – Informations recueillies auprès de Jean Limonet, de Jacques Moreau et de Pierre Vanlerenberghe.

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