BORGEY Jeanne, Françoise

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

Née le 17 mai 1902 à Lyon (Rhône), morte le 23 septembre 1992 à Biviers (Ardèche) ; professeure ; militante syndicaliste, membre de la CA du SNEPS (1937-1940), des bureaux nationaux du SNCM (1946-1949) puis du SNES (1950-1962), de la CA et du bureau de la FEN (1953-1961).

Fille d’un sous-officier devenu commis à l’inspection académique de Bourg-en-Bresse (Ain) et d’une institutrice, devenue professeur, puis directrice de l’École normale d’institutrices de l’Ain, Jeanne Borgey suivit ses parents dans leurs différents postes. Elle obtint le brevet d’enseignement primaire supérieur à Mende (Lozère) en 1917, le brevet élémentaire à Chambéry (Savoie) en 1918, le baccalauréat latin-langues comme élève du lycée de Bourg en 1919. Elle fut en outre élève des lycées de Clermont-Ferrand, de Lyon et de Versailles. Admissible aux concours des Écoles normales supérieures de Sèvres (1921) et de Fontenay-aux-Roses (1923), elle réussit aux certificats de licence de littérature, d’histoire, de géographie à la Faculté de Nancy (1924-1925).

Surveillante à l’École normale d’institutrices de Lyon en 1926, après avoir obtenu le certificat d’aptitude au professorat des écoles normales et des école primaires supérieures, Jeanne Borgey exerça comme professeur à l’EPS de garçons Châteaudun (Eure-et-Loir) en 1926-1927, à l’EPS de filles de Saint-Chamond (Loire) de 1927 à 1933, aux EPS de garçons (1933-1937), puis de filles (1938-1957) de Saint-Étienne (Loire), devenue collège moderne pendant la Seconde Guerre mondiale. Sa mère fit de multiples demandes pour obtenir ses nominations des EPS de garçons aux EPS de filles. Rattachée comme professeur d’histoire et de géographie au lycée de garçons Jean-Baptiste Say en 1957, elle en releva jusqu’à sa retraite en septembre 1962.

Les inspecteurs notaient dans leurs rapports qu’elle réussissait mieux dans l’enseignement de l’Histoire. Militante syndicaliste, elle eut de mauvais rapports d’inspection sur son travail pendant la guerre, qui se modifièrent dès 1945. Et l’Inspecteur d’Académie concluait le sien, le 26 mars 1945, par des remarques montrant que les critiques, dans la période précédente, venaient aussi de la directrice du collège : « a peut être beaucoup plus de qualités que ne lui en croit sa directrice ».

Jeanne Borgey milita dès le début de sa carrière dans l’Association syndicale des EPS qui devint Syndicat national des EPS en 1930. Responsable de la section syndicale de Saint-Chamond en 1930, elle devint secrétaire départementale de la Loire en 1932, puis fut élue à la commission administrative nationale (1937-1940). Lors de la réunion de la CA du 27 novembre 1938, elle fit partie de la majorité (8 voix) qui s’opposa au secrétaire général Gustave Pacquez (5 voix) qui refusait d’associer le syndicat au mot d’ordre de grève du 30 novembre lancé par la CGT et la FGE. La décision fut alors prise de « demander au personnel de se conformer dans la mesure du possible aux instructions de la FGE [...] la surveillance des élèves étant en tout cas assurée ».

À la Libération, elle participa à la constitution du Syndicat national des collèges modernes. Présente au premier congrès (Pâques 1945), élue à la commission administrative nationale, réélue en 1946, elle entra au bureau national. Elle représenta son syndicat dans l’Union des syndicats du second degré en 1946-1947, qui ne put déboucher sur la naissance d’un syndicat unique du second degré dans la Fédération de l’éducation nationale en raison de désaccords entre le SNCM et le Syndicat national de l’enseignement technique.

Jeanne Borgey assista à la conférence des « Amis de Force ouvrière », le 18 décembre 1947, qui décida de quitter la CGT. Lors de la CA du SNCM (7-8 janvier 1948), elle expliqua que la « scission est venue de la base » et que « la cohabitation des matraqueurs et des matraqués n’est plus possible dans le même syndicat ». Elle appela, avec de nombreux militants du SNCM, lors de la discussion préparatoire au référendum interne, à quitter la CGT et à rejoindre la CGT-FO. Elle signa dans le bulletin syndical un article titré « L’autonomie n’est qu’une dangereuse illusion ». Le passage à la CGT-FO l’emporta (1106 pour, 825 contre).

Après le passage de la FEN et du SNCM à l’autonomie, Jeanne Borgey fut réélue membre de la CA nationale du SNCM en 1948 et 1949 sur des listes se réclamant de la CGT-FO. Après la fusion avec le Syndicat national de l’enseignement secondaire, elle resta membre du bureau national du SNES, élue à partir de 1950 sur la liste « A » (autonome). Elle fut chargée de responsabilités diverses et importantes après le départ de Georges Besse du BN en 1954. Responsable de l’action laïque en 1954, elle fut surtout chargée des relations avec les sections d’établissements, de 1954 à 1958. Elle était en effet secrétaire administrative de 1954 à 1962, et rédactrice en chef de L’Université syndicaliste de 1954 à 1958. Elle s’occupa également des affaires personnelles en 1958-1959. Elle représentait le personnel au Conseil de l’enseignement du second degré et au Conseil supérieur de l’Éducation nationale (1946-1958). Candidate en 1948 et en 1952 à la commission administrative paritaire nationale, elle ne fut pas élue.

Mise à la disposition du SNES depuis l’arrêté ministériel du 17 octobre 1957 qui confirmait une situation effective depuis janvier 1954 après le départ de Besse au Ministère, elle était seulement inscrite parmi le personnel du lycée J-B Say.

Dans la Fédération de l’Éducation nationale, elle siégea dans la commission administrative nationale (1949-1961) et au bureau national (1953-1961). Elle fut tour à tour membre de commissions (structure et propagande, Union française en 1949, laïcité et pédagogie à partir de 1950).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17298, notice BORGEY Jeanne, Françoise par Alain Dalançon, Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 30 décembre 2018.

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17/27930. — Arch. IRHSES (Fonds SNEPS et SNCM, L’Université syndicaliste). — Arch. FEN Roubaix (CA et bureau) ;L’Enseignement public.

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