DÉGLISE-FABRE André

Par Michel Thébault

Né le 16 septembre 1918 à Monthion (Savoie), mort par suicide le 3 novembre 1943 à Limoges (Haute-Vienne) ; capitaine d’aviation dans la France Libre ; résistant.

Fils de facteur, grand mutilé de la Première Guerre mondiale, André Déglise-Favre était l’aîné d’une famille de quatre enfants. Reconnu comme un élève brillant, il entra sur l’insistance du curé de son village, à la fin de l’école primaire, au collège libre de saint Jean de Maurienne (Savoie). Plus jeune bachelier de France à l’âge de quinze ans, il entreprit des études à la faculté de Grenoble (Isère) dont il fut licencié ès-lettres en 1939.

Lors de la déclaration de guerre, il résidait en Italie où il s’était inscrit à une licence de langue italienne. Passionné d’aviation, André Déglise-Favre intégra l’Armée de l’Air pour être formé à la base de Bordeaux-Mérignac (Gironde). Aspirant en juin 1940, il fut affecté, au moment de l’armistice, comme interprète auprès de la Commission italienne d’armistice. Démobilisé, il reprit ses études et obtint en 1942, deux nouvelles licences en sciences et en droit. Ce fut également en 1942 qu’il revint en Maurienne et prit contact avec la Résistance. Sous le pseudonyme de « Bartoli », il circulait dans toute la Maurienne pour mettre en place les postes émetteurs et assurer le ravitaillement des premiers maquis. Il contacta également tous les responsables locaux et reçut pour mission l’étude et la préparation des terrains et des parachutages. Il constitua en Savoie des équipes pour réceptionner les parachutages. Repéré par les services allemands de renseignement, il échappa de justesse à la Gestapo, à Chambéry (Savoie) au printemps 1943.

Le chef national du Centre des Opérations de Parachutage et d’Atterrissage (COPA), Paul Rivière, décida alors de son départ pour l’Angleterre, qui s’effectua par une opération aérienne dans la nuit du 24 au 25 juillet 1943, à partir du terrain clandestin « Figue » dans l’Ain. À Londres, il fut nommé capitaine d’aviation dans la France Libre et suivit des stages spécifiques de parachutages et d’atterrissages. Pour aider à réorganiser la Résistance suite à de nombreuses arrestations effectuées par la Gestapo, il fut déposé par une opération Lysander près d’Angoulême (Charente) en compagnie de Pierre Brossolette, dans la nuit de 18 au 19 septembre 1943, en qualité de chef des opérations aériennes de la région R5. Sous le pseudonyme de Mario Stéphani, grâce à un travail intensif, il organisa la Section des Atterrissages et Parachutages (SAP) sur onze départements. Pour faciliter ses déplacements, des soutiens dans la Résistance lui procurèrent un emploi administratif de contrôleur interdépartemental d’un service régional. Malgré de grandes difficultés pour remplir sa mission, étant donné la répression exercée par les Allemands, il remit en place un nouveau personnel qualifié qui assura de nombreuses réceptions d’armes et de matériel. Le 2 novembre 1943, il fut arrêté par la Feldgendarmerie au cours d’une réunion qu’il tenait avec plusieurs chefs de la Résistance dans un hôtel de Limoges (Haute-Vienne). Interrogé et torturé, il se suicida la nuit suivante en avalant la capsule de cyanure de potassium qu’il portait toujours sur lui pour ne pas risquer de donner, sous la contrainte, de renseignements sur les organisations de Résistance. Inhumé au cimetière de Limoges (Haute-Vienne), sous le nom de "Mario Napoléon Stéphani", son pseudonyme, il fut transféré en Savoie, au cimetière de Monthion (Savoie) en septembre 1946.

Il fut fait compagnon de la Libération par décret du 19 octobre 1945, Chevalier de la légion d’honneur et reçut la Croix de guerre avec palme, et la médaille de la Résistance.

Une rue de la commune de Monthion ainsi que depuis 2003, l’école communale, portent son nom. Une plaque à sa mémoire est apposée sur la façade de l’Hôtel de ville.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article173248, notice DÉGLISE-FABRE André par Michel Thébault, version mise en ligne le 25 mai 2015, dernière modification le 14 septembre 2017.

Par Michel Thébault

SOURCES : Ordre de la Libération, site internet : http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/261.html — Site internet de la commune de Monthion (www.monthion.com).

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