SAUVIGNET Frédéric [pseudnonyme dans la Résistance : Henri]

Par Eric Panthou

Né le 15 août 1911, à Saint-Étienne (Loire) , mort le 6 juillet 1957 à Saint-Étienne ; mineur ; membre du Parti communiste (PCF), Résistant, membre des Francs-Tireurs et Partisans (FTP) ; secrétaire de la Fédération Régionale des Mineurs CGT de la Loire.

Frédéric Sauvignet est né à Saint-Etienne le 15 août 1911. Son père était employé aux tramways, sa mère ménagère. Ils avaient été auparavant marchands de 4 saisons à Chavanelles.
Sauvignet entra à la mine comme machiniste en 1931 à la compagnie des Houillères de Saint-Etienne. Il y resta jusqu’au 4 septembre 1941, date à laquelle il arrête de travailler pour cause de dysenterie. Sa femme dit qu’il a alors été envoyé à la campagne en Haute-Loire pour se reposer. Il s’est marié le 31 décembre 1932. et avait au moment de son arrestation deux fils âgés de 6 et 8 ans.
C’est à la mine que Sauvignet fait la connaissance du militant communiste et secrétaire national du syndicat, Jean Seine. C’est lui qui fit de Sauvignet un militant communiste convaincu.
Frédéric Sauvignet est considéré parmi les premiers résistants communistes de la Loire. Dès 1941, il est chargé de tirer des tracts en faveur des fusillés.

En septembre 1941, il est désigné pour aider à la réorganisation du Parti dans le Puy-de-Dôme. Il est envoyé à Clermont-Ferrand le 4 septembre 1941 pour récupérer des documents. L’un des principaux cadres du Parti à Clermont-Ferrand, le présente à un militant comme « étant le représentant du Comité Central du Parti Communiste venu à Clermont-Ferrand en inspection ». Il rencontre alors plusieurs militants, leur donne des instructions, y compris pratiques, comme comment distribuer les tracts de façon efficace. Il récupère aussi plusieurs rapports.
Il est arrêté dans le train du retour entre Clermont-Ferrand et Saint-Etienne le 6 septembre 1941. On trouve sur lui 17 documents manuscrits concernant le PC clandestin, en particulier 8 questionnaires biographiques, codés, de militants communistes du Puy-de-Dôme. Sauvignet est mis au secret par la police. Il affirme alors qu’il n’était pas membre du PCF avant guerre mais seulement sympathisant tout en appartenant au syndicat des mineurs.

Il est condamné par la Section spéciale du Tribunal Militaire de la 13éme division militaire (Clermont-Ferrand) le 27 novembre 1941 aux travaux forcés à perpétuité. Frédéric Sauvignet fut emprisonné à la prison de Bellevue, à Saint-Etienne. Il fit partie des 32 détenus qui purent s’évader de la prison la nuit du 25 au 26 septembre 1943. Faute de voitures suffisantes, avec 5 de ses camarades, Sauvignet se rend à pieds chez l’un de ses amis, Félix Defour, qui les accueillent pour leur permettre de reprendre des forces.
Il fut ensuite rattaché aux FTPF, ne pouvant plus pendant toute la période de la guerre revoir son épouse et ses enfants. Travaillant à la manufacture, cette dernière était surveillée et leur logement fut perquisitionné à de nombreuses reprises. Sauvignet fut notamment dans le secteur d’Avignon dans la clandestinité.
Devenu après-guerre Secrétaire de la Fédération Régionale des Mineurs CGT, il a été, avec Guyon*, Guignand* et Adrien Faure*, un des principaux animateurs de la grève de 1948 dans la Loire qui dura 56 jours.
Il fut aussi un militant actif de la FNDIRP et resta communiste jusqu’à sa mort prématurée.

Frédéric Sauvignet est décédé à Saint-Etienne le 6 juillet 1957.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article173289, notice SAUVIGNET Frédéric [pseudnonyme dans la Résistance : Henri] par Eric Panthou, version mise en ligne le 26 mai 2015, dernière modification le 28 juillet 2018.

Par Eric Panthou

SOURCES : Notes de Jean-Michel Steiner.— Archives départementales du Puy-de-Dôme. 1296W100 : Audition d’André Voisse, 21 octobre 1941.- AD63 1296W100 : Rapport du commissaire de Police Judiciaire Pigeon à Monsieur le Commissaire divisionnaire Chef de la 2éme Section à l’Inspection Générale des Services de Police Judiciaire, le 13 octobre 1941.— arch. dép. du Puy-de-Dôme 1296W101 : dossier Jean Faure. Le commissaire principal de police judiciaire, Moritz, au commissaire divisionnaire chef du service régional de police judiciaire à Clermont-Fd, le 28 mai 1942).— AD63 1296W100 : procès-verbal interrogatoire Frédéric Sauvignet, 6 septembre 1941.— Acte d’accusation de Joseph Ramier et Louis Cuoq, Section spéciale du Tribunal militaire permanent de la 13éme Division militaire, séant à Clermont-Ferrand, 22 janvier 1942 (archives privées Roger Champrobert).—Pierre Maury, La Résistance communiste en France, Paris, Le Temps des Cerises, 2006, p. 103.— « Un cortège imposant a accompagné la dépouille mortelle de Frédéric Souvignet (sic) », Le Patriote—. Frédéric Bret, « Il est temps de rendre hommage à Frédéric Sauvignet, résistant », Le Progrès, 11 novembre 2013.—état-civil.
Merci à Daniel Durand du CMDE42.

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