SIVADON Paul, Daniel

Par André Lainé, Charlotte Siney

Né le 10 janvier 1907 à Moncoutant (Deux-Sèvres), mort le 6 décembre 1992 à Mas d’Azil (Ariège) ; médecin psychiatre ; directeur d’établissements spécialisés ; mutualiste.

Fils d’un pasteur protestant, Paul Sivadon eut deux frères et une sœur, plus âgés que lui, dont Jeanne, assistante sociale et diplômée de l’école des surintendantes d’usine, résistante, déportée à Ravensbrück. Dans la maison familiale, voisine de l’asile des fous, on percevait les cris de ces malades, ce qui avait certainement influé sur l’orientation future de Paul Sivadon.

Habitant à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Paul Sivadon renonça à la carrière religieuse qui lui était destinée pour des études de psychiatrie menées parallèlement avec celles de lettres dans l’enseignement supérieur. Il passa le concours d’internat des asiles de la Seine en 1928 puis le concours de médecin chef des asiles.

Il se maria alors le 3 juillet 1930 à Villeneuve-la-Garenne (Seine) avec une pharmacienne, Renée Nodot. Le couple eut trois filles, dont l’une, Danielle, devint psychiatre.

De 1936 à 1943, il dirigea la colonie familiale d’Ainay-le-Château (Allier) jusqu’à sa nomination comme médecin chef des hôpitaux psychiatriques de la Seine en 1943. En 1945, il fut nommé à la tête du service des hommes de l’hôpital psychiatrique de Ville-Evrard à Neuilly-sur-Marne (Seine/Seine-Saint-Denis). Il y mit en pratique ses idées de traitement actif et de réadaptation sociale : en 1948, il transforma son service en Centre de traitement et de réadaptation sociale. Il profita également de son retour à Paris pour multiplier ses formations universitaires : diplôme de psychologie appliquée, certificat de psychologie expérimentale à la Sorbonne. Il suivit aussi les séminaires d’épistémologie de Gaston Bachelard. En 1948, il créa la première unité extra-hospitalière française de postcure et de réadaptation sociale, l’association “L’Élan Retrouvé“, officiellement reconnue en 1952. En 1962, il y associa le premier hôpital de jour français, rebaptisé Institut Paul Sivadon, 23 rue La Rochefoucauld à Paris (IXe arr.) où il mit au point des conceptions inédites qui firent référence par la suite. Nommé expert de l’Organisation mondiale de la Santé en 1952, il fut chargé de plusieurs missions qui l’amenèrent à visiter une centaine d’établissements psychiatriques dans le monde. En 1959, il présida la Fédération mondiale de la santé mentale, avant d’être nommé trésorier de l’Association mondiale de psychiatrie en 1961. En même temps, lui fut confiée la réorganisation de la Ligue française d’hygiène mentale dont il fut nommé secrétaire général. L’assemblée générale de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale de 1953 décida la création d’un établissement sanitaire consacré au traitement des enseignants victimes de troubles mentaux. La documentation réunie orienta les administrateurs vers une nouvelle forme de thérapie qu’avait mise en pratique Paul Sivadon. Sollicité alors comme conseiller, il élabora son programme psychiatrique, mis en œuvre à partir de 1956, en collaboration avec l’architecte Marcel Astorg et Gérard Cathelain. Paul Sivadon dirigea l’établissement psychiatrique de la MGEN à La Verrière (rebaptisé plus tard Institut Marcel Rivière) jusqu’à son départ en retraite, en 1972. A partir de 1959, il assura également des cours à l’université libre de Bruxelles, où il obtint la chaire de psychologie et de psychopathologie, ne pouvant enseigner en France, faute de diplômes universitaires exigés par les textes réglementaires. Membre de plusieurs sociétés psychiatriques étrangères, il donna de nombreuses conférences et publia plus de 600 articles ou communications. Il fut élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur, d’officier de l’Ordre de Léopold II, de commandeur de l’Ordre de la Couronne de Belgique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article173435, notice SIVADON Paul, Daniel par André Lainé, Charlotte Siney, version mise en ligne le 31 mai 2015, dernière modification le 16 septembre 2022.

Par André Lainé, Charlotte Siney

SOURCES : P. Sivadon, Psychiatrie et socialités, Récit autobiographique et réflexions théoriques d’un psychiatre français, Toulouse, Erès, 1993, 214 p. — Documentation fournie par l’association l’Elan Retrouvé. — Entretiens avec Jean Garrabé et Pierre Chanoit.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément