BOT Pierre, Marcel

Par Pascale Quincy-Lefebvre

Né le 21 octobre 1924 à Layrac (Lot-et-Garonne), mort le 17 août 1987 Le Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) ; résistant ; militant communiste, responsable départemental des Jeunesses communistes du Tarn-et-Garonne, commissaire national adjoint de l’Union des Vaillants et des Vaillantes, secrétaire de la fédération communiste du Puy-de-Dôme ; syndicaliste CGT.

Pierre Bot naquit dans une famille ouvrière de deux enfants. Son père était ajusteur et sa mère sans profession. Mariés, ses parents étaient catholiques non pratiquants. Dés l’âge de trois ou quatre ans, ses parents ayant divorcé, il fut élevé par sa grand-mère maternelle. Il grandit à Toulouse, passa son certificat d’études primaires en 1936, fréquenta pendant deux ans un cours supérieur et fut embauché comme apprenti-tourneur à la cartoucherie de Toulouse (Haute-Garonne).

L’entrée dans la vie active coïncida avec l’âge des premiers engagements. Après son apprentissage, il adhéra à la CGT réunifiée, milita dans les Jeunesses communistes et entra au parti communiste.

Pierre Bot avait seize ans lorsque l’armistice fut signé. Il en avait dix-huit lorsqu’en 1942, par l’intermédiaire de son frère Louis en rapport avec la MOI, il entra dans la résistance. À la même époque, avec ce même frère, il milita activement à reconstituer la JC clandestine dans la région. Dans la résistance, il était connu sous le pseudonyme de Maurice.

En 1943, le jeune communiste fut envoyé dans le Tarn-et-Garonne comme responsable départemental des JC. En 1944, il participa à la Libération de Toulouse. Fin 1944 et en 1945, alors que le territoire était libéré, des responsabilités lui furent confiées dans la réorganisation des JC dans le Gers. En 1946, il était commissaire national adjoint de l’Union des Vaillants et des Vaillantes.

Le 5 octobre 1944 à Toulouse, Pierre Bot avait épousé Magdeleine Fauthoux, militante communiste et résistante. Trois enfants naquirent de leur union : Maurice, Michèle et Nicole, nés respectivement en avril 1945, octobre 1946 et novembre 1948.

De retour à Toulouse en 1948 Pierre Bot, après différentes démarches, réussit à réintégrer la cartoucherie dans laquelle il travaillait avant d’entrer dans la clandestinité. En 1952, comme d’autres de ses camarades salariés des usines de l’État travaillant dans des secteurs stratégiques comme la défense, il fut révoqué sur décision du ministre de l’époque, Max Lejeune. Cette mesure intervint dans un contexte de grandes tensions entre l’Est et l’Ouest. À ce climat de guerre froide s’ajoutait l’implication de la France dans le conflit indochinois. Le mouvement ouvrier (CGT et PC) était engagé dans un pacifisme qui mettait directement en cause l’État français, membre de l’OTAN impliqué dans une guerre coloniale. Engagé dans ce qu’il pensait être un combat pour la paix, Pierre Bot défendit avec ardeur les thèses de son parti sur le terrain politique et social. Dans le contexte économique de la reconstruction, la vie restait particulièrement difficile pour des ouvriers qui, en 1952, n’avaient guère encore vu leur situation s’améliorer après les années de crise et de guerre.

Le zèle de Pierre Bot, son expérience dans la direction des hommes et la prise de responsabilités dès son plus jeune âge comme leader des Jeunesses communistes amenènent la direction du PCF à lui proposer une nouvelle responsabilité dans une région qui ne lui était pas familière : l’Auvergne. En 1955, Pierre Bot fut « chargé de la fédération du Puy-de-Dôme par le comité central ». Élu au poste de premier secrétaire fédéral permanent appointé à la conférence du 27 mai 1956, il succéda à Georges Albaret*.

Sa désignation intervint dans un contexte local troublé. Cette même année, le leader ouvrier des années 1930 et de l’après-guerre dans le département, Robert Marchadier, fut mis à l’écart des organes dirigeants de la fédération communiste et de l’Union départementale CGT dont il était le secrétaire général. Dés 1950, différents problèmes avaient surgi qui avaient eu comme conséquence le non-renouvellement du mandat du syndicaliste comme membre adjoint du comité central (CC). Le CC était soucieux de placer des hommes neufs dans le département, capables de créer une nouvelle dynamique dans une région très marquée par la présence de Michelin.

Pierre Bot fut secrétaire fédéral jusqu’en 1964. Il fut en place pendant une période particulièrement agitée au plan local et national. Au plan départemental, il dut mobiliser les militants autour de questions aussi essentielles que celles de la crise de Budapest (1956), du vote d’une nouvelle constitution, de la guerre d’Algérie… Il eut aussi à gérer des situations particulièrement difficiles concernant les relations entre le PCF et la CGT. Découlant de cette situation et de problèmes plus personnels, des crises éclatèrent à la tête de l’UD-CGT. En 1958, ce fut le départ du leader des mineurs Loubert Klébert, et, en 1962, l’exclusion du jeune ouvrier de la métallurgie Robert Sandouly.

En 1958, l’affaire Pélissier et Reynaud éclatèrent, perturbant la vie du parti au plan local. Les deux militants communistes furent exclus de la section d’Issoire suite à des divergences politiques sur la ligne suivie par le PCF. Jean Pélissier, enseignant, secrétaire politique de la section d’Issoire, avait pris ses distances avec l’organisation après les événements de Hongrie (1956). Ces difficultés internes ou relevant de la situation politique et sociale de l’époque n’empêchèrent pas le Parti communiste de maintenir ses positions dans un département politiquement modéré.

En 1962, Pierre Bot fut l’un des candidats du PC lors des élections législatives de novembre dans le département. Il dut alors affronter un jeune candidat dont la famille était politiquement bien implantée, Valéry Giscard d’Estaing, député sortant. Il s’afficha alors comme l’homme qui « représente vingt ans de lutte et de fidélité à la cause de la classe ouvrière et de la population laborieuse ». En 1958, candidat de la circonscription d’Issoire, il avait obtenu 12,42 % des suffrages exprimés au 1er tour et 10, 90 % au second tour, en 1962 (circonscription Clermont N/SO), il totalisa 14, 85 % des suffrages exprimés. Cette année-là, seul Eugène Fourvel fut élu dans la circonscription de Riom, Pierre Besset se désista au second tour au profit d’Ambroise Brugière*, candidat SFIO mieux placé que lui au premier tour.

En 1964, Pierre Bot fut démis de ses fonctions après la XVe conférence fédérale. Dans la version officielle du parti de l’époque, il était alors question de « négligences graves » dans l’administration des finances. D’autres problèmes ont pu inférer avec cette accusation qui obligea le responsable de la fédération à se retirer. Après élection à bulletin secret, Jean-Paul Sérandon lui succéda comme nouveau secrétaire fédéral. Pierre Bot et sa femme quittèrent le département mais pas le parti. Pierre Bot fut détaché à un poste administratif relevant du comité central à Paris, où il dut organiser la diffusion du journal communiste France nouvelle dans la Loire. Il resta administrateur de l’organe de presse jusqu’à sa disparition. Sa femme fut employée au journal La Terre.

Installés à Drancy, Pierre et Magdeleine Bot militèrent dans les organisations communistes de la commune. En mars 1971, il fut élu conseiller municipal puis adjoint au maire en 1977. Le militant communiste qu’il avait été toute sa vie mourut en 1987.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17355, notice BOT Pierre, Marcel par Pascale Quincy-Lefebvre, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 18 novembre 2020.

Par Pascale Quincy-Lefebvre

SOURCES : Tract pour la candidature de Pierre Bot aux législatives de 1962 — O. Rougerie, Le Parti communiste du Puy-de-Dôme 1958-1972 (du 13 mai à la signature du programme commun de gouvernement), mémoire de maîtrise (sous la dir. de M. Bernard), Clermont-Ferrand II, 1999. — Réponses au questionnaire et lettre de Magdeleine Bot (juin 2000).

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