LESAVRE Charles, René

Par Julien Chuzeville

Né le 23 octobre 1898 à Paris (XIVe arr.) ; métallurgiste, serrurier, ajusteur, infirmier, manœuvre ; militant du Parti communiste, dissident en 1923, membre du comité central de l’Union socialiste-communiste, puis de nouveau adhérent du PC, secrétaire de rayon ; militant de la Fédération de la métallurgie de la CGTU ; militant du Secours rouge international.

Charles Lesavre était militant du Parti communiste SFIC dès 1921. En mai 1921, il fut l’objet avec son frère Georges d’une lettre de dénonciation adressée au gouverneur militaire de Paris, qui les présentait comme « deux communistes ennemis de l’armée ». L’enquête menée à leur sujet n’entraîna pas de poursuites. D’après un rapport de police de septembre 1922, il militait au sein de la 14e section communiste de Paris.
En 1923, il participa au Parti communiste unitaire (PCU) créé par des dissidents du PC, et fut membre de la commission exécutive de sa Fédération de la Seine. En avril 1923, le PCU devint l’Union socialiste-communiste (USC), Lesavre étant élu à son comité central. En désaccord politique, il démissionna quelques mois plus tard : c’est le 3 octobre 1923 qu’il participa pour la dernière fois au comité central de l’USC. L’Humanité publia le 14 octobre 1923 sa lettre de démission, l’USC ayant refusé de la publier. Il demanda sa réintégration au sein du PC, qui fut acceptée. Le 27 novembre 1923, L’Humanité publia une nouvelle lettre de sa part critiquant l’USC.
Veuf puis remarié, il habitait alors au 14, rue Fermat (Paris XIVe).

En février 1925, Charles Lesavre fut l’un des 80 signataires de la lettre de l’opposition communiste au Comité exécutif de l’Internationale (initiée par Fernand Loriot, Amédée Dunois, etc.). Lesavre était alors secrétaire du 10e rayon de la Région parisienne, et membre de la cellule n° 278. Il avait précédemment été secrétaire de sa cellule.
En 1925 et 1926, il anima plusieurs réunions publiques au nom de la CGTU et des Comités d’unité prolétarienne (CUP, créés par le PC et la CGTU), puis en 1927 au nom du Secours rouge international (SRI). En 1927, il militait au 6e rayon du PC. En 1928, il était ouvrier aux usines Citroën et aurait été correspondant ouvrier (« rabcor ») pour L’Humanité.
En mars 1936, il fut inscrit au carnet B en tant que « militant communiste très actif ». Il vivait alors au 12, rue du Rendez-Vous (Paris XIIe). En 1941, il était signalé comme « syndicaliste non communiste », ce qui implique qu’il quitta le PC entre ces deux dates.

Mobilisé au début de la Deuxième Guerre mondiale au sein d’une « compagnie spéciale » (disciplinaire), il fut après juin 1940 envoyé au centre de séjour surveillé de Fort-Barraux (Isère). Au début de l’année 1941, il était interné au camp de Saint-Sulpice (Tarn). Il fut libéré le 16 août 1941. On ignore ce qu’il est devenu par la suite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article173939, notice LESAVRE Charles, René par Julien Chuzeville, version mise en ligne le 14 juin 2015, dernière modification le 4 novembre 2018.

Par Julien Chuzeville

SOURCES : Arch. Nat. 19940459/227. — Arch. PPo 1W0780. — J. Chuzeville, Fernand Loriot, le fondateur oublié du Parti communiste, 2012, p. 225. — L’Humanité. — L’Egalité, 1923.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément