PESCIO Jacques, Ernest

Par Daniel Grason

Né le 25 février 1923 à Paris (XIe arr.), mort le 9 juin 1945 à Ravensbrück (Allemagne) ; étudiant ; communiste ; résistant déporté.

Fils d’Ernest Pescio, né le 11 août 1897 à Novara (Piémont, Italie), et de Suzanne Cécile Pichoux, née le 30 mai 1898 à Paris (XIe arr.). Il obtint le CEP à l’issue de l’école primaire. Avant la guerre, Jacques Pescio milita à la Jeunesse communiste de France (JCF) dans le XIe arrondissement de Paris, milita avec le groupe de la Jeunesse communiste. Il distribua des tracts et colla des affiches d’octobre 1939 à juin 1940 avec notamment Jean Capiévic..
En 1943 des inspecteurs de Renseignements généraux, de la BSi de Puteaux (Seine, Hauts-de-Seine), filèrent des militants de la Main d’Œuvre Immigrée (M.O.I.). Jacques Pescio fut repéré alors qu’il parlait avec Samuel Radzinski avec qui il avait milité à la Jeunesse communiste. Ce jour-là, il portait un foulard, les inspecteurs le surnommèrent « Foulard ». Ils le décrivaient ainsi : « 1,65 m, châtain clair, corpulence moyenne, pardessus bleu, pantalon marron, foulard blanc, chaussures jaunes, fume la pipe  ». Plus tard ils l’appelèrent « Le Marseillais ».
Le 19 février 1943, les policiers notèrent qu’il entrait à 18 heures 30 au 33 rue de l’Entrepôt (XVe arr.) Il ressortait 10 minutes plus tard et se rendait rue du Temple, entrait chez plusieurs commerçants et revenait à 21 heures 40 rue de l’Entrepôt (Yves-Toudic) dans le Xe arrondissement. Le 1er mars à 13 heures 10 il était à la hauteur du 99 rue d’Oberkampf (XIe arr.) avec Samuel Radzinsk (« Le Rouquin » pour les policiers) et son frère Maurice surnommé « Radeau ». Le 4 mars à 13 heures 45, nouvelle rencontre rue de l’Entrepôt avec Samuel Radzinski. Le 11 mars à 13 heures 55 nouvelle rencontre entre Jacques Pescio et Samuel Radzinski. Le même jour à 18 heures 20, il conversait à l’angle des rues des Trois Bornes et de la rue d’Angoulême (Jean-Pierre-Timbaud), dans le XIe arrondissement avec Samuel Radzinski et Ruta Kurchand.
Des inspecteurs l’arrêtèrent le 23 mars au 33 rue de l’Entrepôt (Yves-Toudic) à Paris (Xe arr.), il portait sur lui un livrait militaire falsifié au nom de Pezenot. Une seule pièce saisie lors de la perquisition, il était présenté comme un ancien responsable de la Jeunesse communiste du XIe arrondissement, organisation dirigée avant la guerre par Gilbert Brustlein. La perquisition de son domicile a été infructueuse.
Emmené au commissariat de Puteaux, il a été transféré dans les locaux des Brigades spéciale à la Préfecture de Police, lors des interrogatoires il s’étonna, il n’était au courant de rien. Une clef saisie ne parla pas, elle ouvrait la porte d’une chambre d’hôtel louée 9 rue Réaumur (IIIe arr.). La visite fut négative.
Lors de son interrogatoire dans les locaux des Brigades spéciales à la Préfecture de Police, il fut frappé à plusieurs reprises. Les policiers lui demandèrent de s’expliquer sur ses rencontres avec Samuel et Maurice Radzinki, ainsi que Raymonde (Ruta Kurchand) « convaincus d’activité communiste. » Il déclara « J’ai connu Samuel alors qu’il était élève à l’école Turgot et moi à Arago. » Il aurait repris contact avec lui au début de l’année 1943. Il affirma n’être membre d’aucune organisation politique. Or, lors d’une saisie chez un membre des Jeunesses communistes du XIe arrondissement, son nom figurait comme membre des Jeunesses communistes. Il affirma « Je n’ai jamais été membre des Jeunesses communistes. » Interrogé sur Gilbert Brustlein, il fit remarquer que quand il avait été mis en cause « Je me trouvais mobilisé au 11e Régiment de cuirassiers à Lyon. » Il affirma qu’il avait rencontré Brustlein « par hasard en 1941, je crois, à la piscine Ledru-Rollin […] Je l’ai perdu de vue en septembre 1941. » Il reconnut avoir falsifié son livret de militaire et son congé de libération dans le but de se « faire délivrer une deuxième carte de rationnement. »
Le 15 avril 1943, Iller SS Hauptsturmführer (capitaine) de la Police de sécurité et du renseignement de la SS (Sipo-SD) écrivit dans une note à l’intention des Renseignements généraux : « Du fait qu’il sympathisait avec le Parti communiste français, une libération ne peut être envisagée », il ordonnait d’interné Jacques Pescio pour la durée de la guerre.
Le 19 avril sur instruction du secrétariat d’État à l’Intérieur il était transféré le 6 juillet 1943 au camp de Pithiviers (Loiret), il tenta de s’évader, fut condamné à trois mois de prison le 14 décembre 1943 par le tribunal correctionnel d’Orléans.
En janvier 1944, il fut transféré au camp d’internement de Voves (Eure-et-Loir), puis à Compiègne. Il était le 21 mai 1944 dans le convoi de 2004 hommes à destination du camp de Neuengamme (Allemagne), il était transféré à une date inconnue au camp de Ravensbrück (Allemagne).
Le camp a été libéré par l’armée Soviétique le 30 avril 1945, très affaibli Jacques Pescio matricule 31850 mourut à Ravensbrück le 9 juin 1945. La mention « Mort pour la France » figure sur son acte de naissance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article173992, notice PESCIO Jacques, Ernest par Daniel Grason, version mise en ligne le 24 juin 2017, dernière modification le 24 juin 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 1W 1112, 77W 0619, KB 10, GB 125 BS2, GB 137 BS2. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le sang de l’étranger. Les immigrés de la M.O.I. dans la Résistance, Fayard, 1989 (filatures la grande traque I page 200). – J.O. n° 290 du 14 décembre 1997. – Site internet GenWeb. — État civil.

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