RÉGÈRE Dominique, Théophile [né RÉGÈRE de MONTMORE]

Par Gilles Pichavant

Né le 17 avril 1816 à Bordeaux (Gironde), mort le 3 novembre 1893 à Paris (Xe arrondissement) ; vétérinaire ; membre de la Commune, maire du Ve arrondissement de Paris en 1871.

Dominique Régère étudia d’abord la médecine puis devint vétérinaire et exerça sa profession à Bordeaux.

En 1848, il fonda avec quelques amis le journal républicain la Tribune de la Gironde, et en devint le rédacteur, il vit son journal supprimé le 2 décembre 1851, et fut proscrit après le coup d’État.

Il revint en France en 1855, et il s’installa à La Brède (Gironde). Il devint courtier de commerce, et s’abstint pendant longtemps de toute activité politique. En juin 1870, il s’installa à Paris, adhéra à l’Association internationale des travailleurs. Il fut un membre actif de la section du Panthéon ; secrétaire des comités des vingt arrondissements ; membre du comité d’armement et du comité électoral du 1er arrondissement. Il habitait 83 rue de la Verrerie à Paris.

Pendant le siège de Paris par les Allemands, il fut élu capitaine au 248e bataillon de la Garde nationale. Il fut délégué au Comité central républicain des Vingt arrondissements par le 5e arrondissement.

Le 26 mars 1871 il fut élu au Conseil de la Commune, par le 5e arrondissement, et maire de cet arrondissement qu’il administra jusqu’à la fin de l’insurrection. Il siégea à la commission des Finances puis à celle des Services publics. Il vota pour la création du Comité de Salut public. Le Journal officiel de la Commune a publié plusieurs proclamations, décrets, et avis, signés de lui, entre autres un arrêté sur les octrois ( 2 avril ), un autre sur les journaux (Officiel du 3 avril) ; un avis écrit à la mairie du 5e arrondissement, et enfin un arrêté sur les réfractaires. Le 1er mai, il vota pour la dénomination de Comité de salut public à donner au Comité, et motiva son vote de cette manière : « Attaqués impitoyablement et sans motif légitime, j’estime que nous devons défendre avec énergie la République menacée. »

Le 17 mai, alors que les Versaillais sont aux portes de Paris et que les exécutions sommaires reprennent, avec Vaillant, et Léo Frankel, il soutient Eugène Protot qui s’opposa à des propositions d’Urbain et de Rigault, devenu procureur de la Commune, de procéder à des exécutions immédiates sur décision des seuls jurys. Protot obtient satisfaction.

Le 19 mai, il présida une séance de la Commune, puis n’assista plus à ses séances, pour pouvoir résider d’une manière permanente dans son arrondissement. A partir de ce moment, il dut coucher à la mairie « pour assister aux travaux de défense, et présider à la protection d’une partie de ses administrés. ».

Après la Semaine sanglante, il fut arrêté en juillet, Dominique Régère comparut, le 17 août 1871, devant le 3e conseil de guerre siégeant à Versailles, en compagnie de 16 autres prévenus de la Commune : Théophile Ferré, Adolphe Assi, Raoul Urbain, Alfred Billioray, François Jourde, Alexis Trinquet, Louis Champy, Augustin Verdure, Charles Luillier, Paul-Émile Bartoul, Paschal Grousset, Ferrat, Baptiste Descamps, Victor Clément, Gustave Courbet, Ulysse Parent. Il fut défendu par les avocats Me Hubert Vallereau et Me Manchon. Un 18e prévenu, Maxime Lisbonne, malade, ne fut pas jugé ce jour là. Il fut condamné à la déportation dans une enceinte fortifiée par le conseil de Guerre le 3 septembre 1871.

Après quelques mois passés à Fort Boyard, il fut embarqué le 3 mai 1872 pour la Nouvelle-Calédonie, où il fut chargé des fonctions de vétérinaire, peu de temps après son arrivée. Il ne revint en France qu’après l’amnistie de 1880.

Un de ses fils, Henri, commanda le 248e bataillon de la Garde nationale et a combattu pendant la Semaine sanglante ; il a été condamné à la même peine que son père par contumace.

Il y a identité avec Dominique Régère.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article174022, notice RÉGÈRE Dominique, Théophile [né RÉGÈRE de MONTMORE] par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 16 juin 2015, dernière modification le 20 mai 2020.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : Procès des membres de la Commune. Compte rendu "in extenso" des débats du conseil de guerre... Avec les portraits des accusés Éditeur : De Laporte (Bordeaux), 1871. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55000644. — Site Web des Amis de la Commune : http://www.commune1871.org/

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