SUMPF Joseph

Par Jacques Girault

Né le 14 octobre 1923 à Przemysl (Pologne), mort le 30 mars 2006 au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) ; professeur d’Université ; militant communiste.

Né dans la région des Basses Carpathes, Joseph Sumpf vint en France avec ses parents au milieu des années 1920. Son père, régisseur d’un grand domaine agricole en Pologne, qui émigra vers la France dans le cadre d’un contrat de travail, s’installa en Haute-Savoie, vers Thonon-les-Bains et l’usine de papier à cigarettes Zigzag où il travailla. Par la suite, installé à son compte, avec son épouse, il vendait des vêtements de travail sur les marchés du Chablais. Les parents de Sumpf, francophiles et philosoviétiques, et leurs enfants, furent naturalisés dans les années 1930. De culture juive, ils ne pratiquaient pas en France et leurs amis, catholiques, appartenaient au milieu les plus à gauche.

Joseph Sumpf effectua sa scolarité primaire et secondaire à Thonon-les-Bains. Entré en classe d’hypokhâgne à Grenoble (Isère), il ne put terminer son année de khâgne à Lyon (Rhône). Avec ses amis, catholiques pour la plupart, dans la Résistance, il fit partie du noyau du réseau “Témoignage chrétien“ sous la fausse identité d’André Naz.

A la Libération, Joseph Sumpf termina des études supérieures de Philosophie à la Sorbonne et fut bi-admissible à l’agrégation de Philosophie. Il effectua son service militaire dans les troupes d’occupation en Allemagne.

Nommé professeur au lycée de Saint-Lô (Manche), il se maria avec une professeur de Lettres, divorcée, qui avait trois enfants. Ils eurent un garçon. Puis ils enseignèrent aux collèges de Domfront (Orne) puis de Bernay (Eure). Il fut nommé en 1957 au Centre national de télé-enseignement tandis que son épouse obtenait un poste au lycée de Montreuil (Seine). Ils s’installèrent à Cachan (Seine) à la fin des années 1950. Il adhérait aux syndicats de la Fédération de l’Éducation nationale.

Joseph Sumpf devint membre du Parti communiste français en 1945 à la Maison des Provinces françaises de la Cité universitaire où il habitait. Il fit partie du comité et du bureau de la section communiste de Saint-Lô et entra au comité de la fédération communiste de 1952 à 1956. Candidat aux élections municipales de Saint-Lô, il présida le comité départemental d’action contre la Communauté européenne de défense. Arrivé à Cachan en 1959, intégré dans le bureau de la section locale du PCF, diffuseur de l’Humanité-Dimanche, il refusa de faire partie du groupe d’intellectuels animant la revue La Nouvelle Critique.

Joseph Sumpf entama des recherches en sociologie de l’éducation et entra au Centre national de la recherche scientifique comme attaché puis chargé de recherches en 1963. Il travaillait aussi au Centre d’études sociologiques. Recruté comme assistant de linguistique à Nanterre en 1967 par Jean Dubois, il y vécut les événements de mai-juin 1968. Il signa notamment avec Jean Dubois, en 1968, un article dans Communications (n° 12) un article « Linguistique et révolution » établi par une « commission paritaire » de 16 chercheurs, enseignants et étudiants, établissant un lien entre le mouvement social et le malaise des universitaires (étudiants et enseignants) dans l’émergence d’une nouvelle science humaine. Il obtint un poste d’assistant au centre universitaire expérimental de Vincennes (future Université de Paris VIII) à sa création en 1969.

Il travaillait sous la direction de Jean Dubois pour les publications des dictionnaires Larousse, éditeur qui publia ses ouvrages, Introduction à la stylistique du français (1971) et, avec Hugues Michel, le Dictionnaire de Sociologie (1973). Il écrivit plusieurs articles dans des revues de sociologie ou de linguistique dont Langage dont il était un des animateurs.

Joseph Sumpf obtint un poste de professeur de sociologie à l’Université de Vincennes qui devint Université de Paris VIII qu’il occupa jusqu’à sa retraite en 1991. Il fut un proche conseiller de plusieurs présidents de cette université, dont Francine Demichel.

Politiquement, Joseph Sumpf restait simple adhérent du PCF. Intéressé essentiellement par le communisme français, considérant le communisme soviétique comme un phénomène spécifique, proche des contestataires des années 1970-1980, il cessa progressivement de se rendre aux réunions de sa cellule universitaire. Il n’eut plus activité politique après son départ à la retraite.

Veuf, il s’était remarié en 1976. Le couple eut deux enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article174163, notice SUMPF Joseph par Jacques Girault, version mise en ligne le 22 juin 2015, dernière modification le 23 mars 2021.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Le fichier de la BNF mentionnait deux références.

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Renseignements fournis par la famille de l’intéressé. — Notes de Jean-Pierre Mevel.

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