ADLER Aladar

Par Daniel Grason

Né le 13 mai 1904 à Budapest (Hongrie), mort à Auschwitz (Pologne) ; ouvrier serrurier, fraiseur, perceur-aléseur.

Fils d’Alexandre et de Gisella, née Hohn, Aladar Adler arriva en France en 1923, il demeura 60 boulevard de Lorraine à Clichy-la-Garenne, 85 boulevard Wallace et 19 rue Collin à Puteaux (Seine, Hauts-de-Seine). Ouvrier serrurier, perceur-aléseur, il travailla aux établissements Régnier à Versailles (Seine-et-Oise, Yvelines), à l’atelier d’engrenages chez Citroën 31 quai de Javel à Paris (XVe arr.), aux établissements Pullmann et chez Charles Bussoz mécanique générale à Puteaux.

Il se conforma à la législation concernant les migrants, le 8 février 1937, il sollicita la nationalité française. L’administration remarqua qu’il avait attendu de n’être plus astreint aux obligations militaires, ajourna sa demande à trois ans. En septembre 1939, déclaration de guerre, Aladar Adler contracta un engagement dans l’armée, mais ne fut pas mobilisé. Par décret du 27 mars 1940, il devint français.

Avec la guerre, des entreprises transférèrent leurs usines dans le sud de la Loire. Capitulation, occupation allemande de nombreux ex-salariés massivement ouvriers furent confrontés au chômage. Il séjourna dans un foyer chantier de la Croix rouge à Poiseux (Nièvre), le jeudi 8 août 1941en soirée, trois autres pensionnaires légèrement éméchés Roger Guilleminot, Louis Perret et Charles Lhuillier lui firent signe, il se joignit à la joyeuse équipe. Ils chantèrent quelques refrains dont celui de l’Internationale. Le chant tinta désagréablement aux oreilles de la directrice, elle signala dès le lendemain l’incident au préfet de la Nièvre qui demanda à la Police Judiciaire une enquête sur les antécédents politiques des quatre hommes.

Une procédure judiciaire fut ouverte contre X… pour « menées communistes et de propos de nature à exercer une influence fâcheuse sur l’esprit de la population ». Le Juge d’instruction du tribunal de 1ère instance délivra le 19 août 1941une commission rogatoire à son collègue de la Seine afin d’auditionner les quatre hommes. Le commissaire de la Police Judiciaire de Paris retrouva Louis Perret le 13 octobre. Les différents employeurs d’Aladar Adler furent entendus par des policiers ainsi que le voisinage des différents lieux où il habita. Au terme de l’enquête, le commissaire concluait : « Il n’a jamais attiré l’attention au point de vue politique et national ».

La police interpella Aladar Adler à son domicile du 19 rue Collin à Puteaux, interné au camp de Drancy réservé aux Juifs sous le n° 12181, il déposa 205 francs à l’administration du camp. Le 3 février 1944 il était dans le convoi n° 67 de 1214 déportés à destination d’Auschwitz, 985 détenus furent gazés dès l’arrivée. Quand l’armée Soviétique libéra le camp le 27 janvier 1944, il y avait 27 survivants dont 12 femmes. Le nom d’Aladar Adler figure sur le monument dédié « Aux martyrs de l’Holocauste – paix à leur âme » au cimetière de Puteaux, ainsi que sur le mur des noms au Mémorial de la Shoah rue Geoffroy-l’Asnier à Paris (IVe arr.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article174165, notice ADLER Aladar par Daniel Grason, version mise en ligne le 22 juin 2015, dernière modification le 25 février 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 1W 552, 77W 114. – Bureau Résistance (pas de dossier). – Site Site internet CDJC. – Site internet GenWeb.

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