LEHMANN Charles, Alix

Par Audrey Galicy, Jean-Claude Malé

Né le 23 décembre 1912 à Lunéville (Meurthe-et-Moselle), exécuté sommairement le 6 juillet 1944 au Pont-Long à Pau (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques) ; militaire de carrière ; résistant du Corps Franc Pommiès (CFP), Organisation de Résistance de l’Armée (ORA).

Fils de Jean-Baptiste Lehmann, verrier, et de Marie Mélanie Aubry, fileuse, Charles Lehmann se maria le 3 avril 1936 à Lunéville avec Paulette Mathis. Le couple n’eut pas d’enfant.
Domicilié à Bernède (Gers), il était marin-coiffeur sur le navire de ligne "Strasbourg" lors du sabordage de la flotte à Toulon en 1942. Son beau-frère, Marcel Ruhlmann, époux de sa sœur, était maître chauffeur sur le « Strasbourg ».
Résistant dans la Brigade De Milleret ("Carnot"), Charles Lehmann commandait une section et se trouvait à Portet (Basses-Pyrénées) dès juin 1944, en compagnie de 180 camarades, anciens militaires ou hommes recrutés dans le secteur. Le chef du détachement, Jean Milleret (« Carnot »), chef FFI des Landes, s’était installé dans la région avec son état-major, la section de commandement, la section destructions de Robert Vaxelaire, la section d’Emile Dupuy, la compagnie Maulvaux et la section auto. Les 1er et 2 juillet, De Milleret fut informé d’une attaque possible des troupes allemandes. Il lui fut alors fortement conseillé de changer de cantonnement et de répartir ses hommes, trop nombreux à Portet. La décision de quitter le cantonnement fut prise le 2 juillet au soir.
Le lundi 3 juillet 1944, à 4h00 du matin, un important détachement allemand lourdement armé et parfaitement renseigné, encercla et isola le village. A 6h00, les allemands lancèrent l’attaque. Pour les maquisards, aucune solution de repli n’était possible. Certains s’enfuirent ou se cachèrent dans les bois, les granges, d’autres ripostèrent. Charles Lehmann tenta avec ses hommes de prendre à partie l’ennemi. Malheureusement encerclé, il ordonna le repli mais fut fait prisonnier. L’attaque fut violente et le bilan matériel et humain particulièrement lourd. Neuf maisons furent incendiées, 14 résistants furent tués au combat, 5 habitants du village furent abattus.
Capturé avec 38 de ses compagnons, dont Marcel Ruhlmann, son beau-frère, Charles Lehmann fut transporté, enfermé et torturé dans les prisons de la caserne Bernadotte à Pau. Le 6 juillet, le commandant allemand prit la décision d’exécuter les prisonniers. Emmenés au champ de tir du Pont-Long, au nord de Pau, ils furent exécutés sommairement à la mitraillette et leur corps jeté dans des fosse. M. Larquier, agriculteur au Pont-Long témoigna : « Le 6 juillet 1944, 2 ou 3 camions arrivent au champ de tir vers midi. Des prisonniers français en descendent. Je fauchais du foin aidé par ma femme. Un officier allemand s’avance vers nous et nous ordonne de rentrer dans notre maison et d’y rester jusqu’à 15 :00. Ce que nous faisons. Nous avons entendu des rafales de mitrailleuses à cadence assez lente. Elles ont duré longtemps. »
Les fosses furent découvertes le 25 août 1944, les corps furent déterrés par des prisonniers allemands et des miliciens ayant participé au massacre.
Charles Lehmann fut identifié :
- taille 146 à 148, chev. ch.m.
- tricot marin, pantalon en drap bleu (marin) ; ceinture marin brodequins, chaussettes (marin probable)
- stylo marbre rose
IDENTIFIE LEHMANN Charles

Homologué sous-lieutenant à titre posthume en 1947, Charles Lehmann reçut la mention « Mort pour la France » le 21 mars 1946. Son nom est inscrit sur le mémorial du CFP à Castelnau-Magnoac, le Monument commémoratif de Portet qui compte 62 victimes et sur le monument aux morts de Bernède (Gers). A Lunéville (Meurthe-et-Moselle), sa ville d’origine, son nom figure sur le monument aux morts, sur la plaque commémorative FFI et sur la plaque commémorative 1939-1945 de l’église Sainte Jeanne-d’Arc.



Voir Pau (Basses-Pyrénées, actuellement Pyrénées-Atlantiques), champ de tir du Pont-Long, 6 juillet - août 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article174194, notice LEHMANN Charles, Alix par Audrey Galicy, Jean-Claude Malé, version mise en ligne le 9 juillet 2015, dernière modification le 22 juin 2022.

Par Audrey Galicy, Jean-Claude Malé

SOURCES : Renseignements communiqués par Jean-Claude Malé. — Archives de Moselle. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — CERONI, Marcel. Corps Franc Pommiès. Tome 1-2 ; La lutte ouverte, Amicale du Corps Franc Pommiès, 2007. — Archives de l’Association « Les Basses Pyrénées dans la Seconde Guerre Mondiale ».

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