MATHIE Jean, Hilaire, Charles

Par Jean-Claude Malé, Audrey Galicy

Né le 6 avril 1922 à Aureilhan (Hautes-Pyrénées), exécuté sommairement le 6 juillet 1944 au Pont Long à Pau (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques) ; commerçant ; résistant du Corps Franc Pommiès (CFP), Organisation de résistance de l’Armée (ORA).

Jean Mathie, rugbyman à Tarbes (au 1er rang, 2e en partant de la gauche)
Jean Mathie, rugbyman à Tarbes (au 1er rang, 2e en partant de la gauche)
Crédit : loucrup65.fr

Fils de Henri Mathie et de Marie Balech, Jean résidait 63 avenue Jean Jaurès à Aureilhan (Hautes-Pyrénées). Il épousa Colette Faure, à Tarbes le 29 avril 1944.
Réfractaire au STO, il s’engagea dans la résistance dans la Brigade De Milleret ("Carnot") du CFP-ORA. Celle-ci se trouvait à Portet (Basses-Pyrénées) en juin 1944, en compagnie de 180 camarades, anciens militaires ou hommes recrutés dans le secteur. Le chef du détachement, Jean de Milleret (« Carnot »), chef FFI des Landes, s’était installé dans la région avec son Etat-major, la section de commandement, la section destructions de Robert Vaxelaire, la section d’Emile Dupuy, la compagnie Maulvaux et la section auto.
Les 1er et 2 juillet, De Milleret fut informé d’une attaque possible des troupes allemandes. Il lui fut alors fortement conseillé de changer de cantonnement et de répartir ses hommes, trop nombreux à Portet. La décision de quitter le cantonnement fut prise le 2 juillet au soir. Hélas trop tard. Le lundi 3 juillet 1944, à 4h00 du matin, un important détachement allemand lourdement armé et parfaitement renseigné, encercla et isola le village. A 6h00, les Allemands lancèrent l’attaque. Pour les maquisards, aucune solution de repli n’était possible. Certains s’enfuirent ou se cachèrent dans les bois, les granges, d’autres ripostèrent. L’attaque fut violente et le bilan matériel et humain particulièrement lourd. Neuf maisons furent incendiées, 14 résistants furent tués au combat, 5 habitants du village furent abattus. Jean Mathie fut arrêté avec une quarantaine de ses camarades. Il fut transporté, enfermé et torturé dans les prisons de la caserne Bernadotte à Pau. Le 6 juillet, le commandant allemand prit la décision d’exécuter les prisonniers. Emmené au champ de tir du Pont-Long, au nord de Pau, le chasseur Jean Mathie fut exécuté à la mitraillette et son corps jeté dans une fosse. Les fosses furent découvertes le 25 août 1944.
Il obtint la mention « Mort pour la France ». Son nom est inscrit au monument commémoratif de Portet qui compte 62 victimes. Il figure également sur le monument au mort d’Aureilhan et dans le hall de la mairie de Tarbes. Joueur de Rugby au Stade Tarbais, son nom figure sur un monument se trouvant dans l’enceinte du stade Maurice-Trélut de monuments.



Voir Pau (Basses-Pyrénées, actuellement Pyrénées-Atlantiques), champ de tir du Pont-Long, 6 juillet - août 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article174196, notice MATHIE Jean, Hilaire, Charles par Jean-Claude Malé, Audrey Galicy, version mise en ligne le 23 juin 2015, dernière modification le 6 septembre 2020.

Par Jean-Claude Malé, Audrey Galicy

Jean Mathie, rugbyman à Tarbes (au 1er rang, 2e en partant de la gauche)
Jean Mathie, rugbyman à Tarbes (au 1er rang, 2e en partant de la gauche)
Crédit : loucrup65.fr

SOURCES : SHD-AVCC, Caen, AC 21 P 594006. — Archives des Hautes-Pyrénées. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — CERONI, Marcel Corps Franc Pommiès. Tome 1-2 ; La lutte ouverte, Amicale du Corps Franc Pommiès, 2007. — Archives de l’Association « Les Basses Pyrénées dans la Seconde Guerre Mondiale ».

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément