DRÉAU Pierre, Jean [Seine-Maritime]

Par Gilles Pichavant, Jean-Jacques Doré

Né le 11 août 1887 à Plobannalec-Lesconil (Finistère) où il mourut le 13 janvier 1965 ; inscrit maritime puis forgeron des chemins de fer de l’État ; secrétaire du syndicat CGT des Cheminots en 1918 et 1919 et de l’Union locale CGT de Dieppe (Seine-Inférieure,Seine-Maritime) de 1919 à 1921.

Fis d’un marin pêcheur, Pierre Dréau, engagé volontaire pour sept ans dans la Marine nationale à la mairie de Lorient (Morbihan) le 3 décembre 1903 comme apprenti marin, suivit une formation d’ouvrier mécanicien. Quartier maître mécanicien, libéré le 10 octobre 1910, il entra comme nettoyeur à la Compagnie des chemins de fer de l’État et affecté à Paris où il épousa le 19 septembre 1912 Hélène Salaün à la mairie du 14ème arrondissement. Mobilisé à Brest (Finistère) le 5 septembre 1914, il navigua sur le Suffren avant d’être affecté spécial comme forgeron au dépôt des chemins de fer de Dieppe le 21 juin 1915.

Le 10 mars 1917, le syndicat CGT des Cheminots de Dieppe fut réactivé par 350 cheminots qui se dotèrent d’un bureau composé de Louis Reine (secrétaire), Jules Lesourd (secrétaire adjoint), Pierre Edet (trésorier) et Pierre Dréau (trésorier adjoint). Réélu en janvier 1918, il succéda à Louis Reine, muté à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), le 8 octobre suivant. Confirmé à son poste en janvier 1919, il était assisté d’Albert Gicquel (secrétaire adjoint), Jules Lesourd (trésorier) et Séver Delamare (trésorier adjoint).

L’avènement de nouveaux syndicats et la croissances effectifs justifiaient la fondation d’une Union locale, elle fut réalisée le 25 septembre 1919. Le bureau élu à cette occasion était composé de Pierre Dréau (secrétaire), Paul Briard, Léon Basly et Alfred Paris (secrétaires adjoint) et Charles Maton (trésorier). Il représentait 1 651 adhérents et neuf syndicats, mais trois d’entre eux fournissaient le gros des troupes, les Cheminots, les Ouvriers et ouvrières des Tabacs et les Marins de Dieppe.

Le 27 novembre, il conduisit la liste ouvrière d’action républicaine pour les élections municipales et obtint 874 voix et 28,94% de suffrages ; au deuxième tour 793 voix se portèrent sur son nom, il ne fut pas élu.

Un peu partout en Seine-Inférieure, à l’exemple des Cheminots de Sotteville-lès-Rouen, les minoritaires prenaient le contrôle des syndicats. Ce fut chose faite à Dieppe le 26 janvier 1920 : une grande assemblée fut réunie à 20 heures, salle des conférences, rue Victor Hugo, Pierre Dréau et les majoritaires furent mis en minorité par Robert Arpajou et ses partisans.

Le 29 février 1920, alors que la première grève nationale des cheminots avait été déclenchée la veille, Dréau et les siens cédèrent devant le déploiement de force militaire en gare de Dieppe, et la menace de révocation brandie par le ministre, et reprirent le travail. Cela provoqua un flottement parmi les grévistes qui ne furent plus qu’une centaine le lendemain, sur les plus de 1 100 employés des chemins de fer de la ville. À peu près le même scénario se produisit lors de la grande grève du mois de mai, les grévistes étaient moins nombreux que dans les autres centres du département (2% à l’exploitation, 12% à la traction, 50% aux ateliers, contre 25%, 79% et 92% à Sotteville). La plupart des grévistes reprirent le travail assez vite d’autant que les principaux meneurs Robert Arpajou, Louis Leymarie, André Perry et Sylvain Laffargue avaient été révoqués ente le 12 et le 17 mai, mais Pierre Dréau ne fut pas inquiété.

Les 28 et 29 août 1920, le 6e congrès de l’Union départementale CGT tenu à Elbeuf renouvela sa confiance au bureau majoritaire conduit par Edmond Dubois et Pierre Dréau fut invité à siéger à la commission administrative. Quelques semaines plus tard, il fut réélu secrétaire de l’Union locale de Dieppe et le syndicat des Cheminots, le 4 avril 1921, se prononça en faveur d’un bureau majoritaire conduit par Albert Gicquel.

Le 3 juillet 1921, Dieppe accueillait le 7e congrès de l’Union départementale. L’échec des grèves de 1920 avait exacerbé les divisions et accentué la désaffection des militants. Le rapport moral présenté par le bureau majoritaire fut repoussé et les minoritaires conduits par Maurice Gautier prirent le contrôle de l’UD, alors que les syndicats dieppois s’étaient prononcés pour.

En septembre 1921, l’Union locale de Dieppe se dota d’un bureau de compromis qui comprenait Honorat Delaporte (secrétaire],Paul Briard (secrétaire adjoint), Pierre Dréau (trésorier) et Jean Guionie (trésorier adjoint), il représentait 12 syndicat, et 1204 adhérents.

En 1922, lorsque la scission syndicale fut effective, Pierre Dréau cessa de militer. Il obtint peu après sa mutation aux ateliers des chemins de fer de l’État à Sotteville-lès-Rouen. En 1928, il habitait 53 bis rue de Sotteville au Petit-Quevilly.

Il se retira dans sa ville natale où il mourut à l’âge de 77 ans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article174266, notice DRÉAU Pierre, Jean [Seine-Maritime] par Gilles Pichavant, Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 8 mars 2022, dernière modification le 17 mars 2022.

Par Gilles Pichavant, Jean-Jacques Doré

SOURCES : Fonds ancien de Dieppe, presse locale : La Vigie, l’Impartial, l’Éclaireur — Arch. Dép de Seine-maritime, cote 10 MP 355, 10 MP 1408 Bureaux syndicaux 1918-1919, 10 MP 1313 grève des cheminots 1920. — Arch. de la sous-préfecture de Dieppe dossiers non classées. — Le Réveil ouvrier, passim. — La Dépêche de Rouen, passim. — Mairie de Plobannelec-Lesconil état civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément