TANAFF Jean, André

Par Jacques Girault

Né le 27 septembre 1918 à Saint-Lubin-des-Joncherets (Eure-et-Loir), mort le 12 mars 1981 à Bordeaux (Gironde) ; instituteur d’Eure-et-Loir ; militant du SNI et de la FEN ; militant laïque.

Tanaff en tête de la manifestation à Chartres du Comité départemental d’action laïque (début mai 1968).
Tanaff en tête de la manifestation à Chartres du Comité départemental d’action laïque (début mai 1968).

Ses parents, originaires des Côtes d’Armor, s’installèrent en Eure-et-Loir à la fin du XIXe siècle et habitèrent Luce à partir de 1920. Son père, journalier, charretier, à sa démobilisation en 1919, entra dans les chemins de fer. Sa mère, ouvrière d’une usine de tissages à la naissance, ne travaillait plus par la suite. Jean Tanaff, élève de l’école primaire supérieure de Chartres, puis de l’École normale d’instituteurs de Chartres (1936-1939) fut, en septembre 1939, mobilisé à Versailles (Seine-et-Oise). Démobilisé en novembre 1941 en zone Sud, il fut rappelé sous les drapeaux de mars à novembre 1945 comme lieutenant de réserve.

Il se maria en décembre 1941 à Fontenay-sous-Bois (Seine) avec une dactylographe, fille d’un sous-chef de bureau au Crédit municipal de Paris. Le couple eut quatre enfants.

Chargé d’école rurale à classe unique à Barjouville, secrétaire de mairie, Jean Tanaff créa une coopérative scolaire, une amicale des anciens élèves, un cours adulte à orientation agricole. Sa classe était école d’application en zone rurale pour les élèves-maîtres. Il tint, pour cette raison, pendant plusieurs années scolaires, la rubrique pédagogique de L’École libératrice pour la partie consacrée à l’enseignement en zone rurale. Il devint directeur de l’école de Barjouville passée à deux classes de 1958 à 1961.

Élu au conseil syndical de la section départementale du Syndicat national des instituteurs, il la représenta dans des réunions nationales, conseils ou congrès à partir de 1953. De même, élu à la Commission administrative paritaire départementale, il y participa pendant une vingtaine d’années.

Lors de la réunion du conseil national, en mars 1956 dans la discussion sur l’école laïque, il exposa la position des radicaux-socialistes sur la question laïque. Au congrès de 1957, il intervint dans la journée pédagogique consacrée aux « Programmes et méthodes du cours moyen », le 16 juillet. Il s’opposa à l’uniformisation des programmes qui risquerait de conduire, selon lui, à la baisse de l’enseignement vivant. Alors que la presse syndicale annonçait qu’il serait un des militants qui assurerait la permanence de la section du SNI pendant les vacances, au congrès de Brest (Finistère), le 19 juillet 1958, il donna son avis dans la discussion sur « Les responsabilités de l’école et de l’université face aux problèmes que leur impose le devenir de la jeunesse » pour préconiser un développement de l’enseignement technique et une amélioration du contenu de l’enseignement civique qui devint être au service des travailleurs.

La séance du conseil national du 4 juillet 1959 porta sur les rapports entre l’Association des professeurs de cours complémentaires et le SNI. Tanaff décrivit la situation dans son département. Lors des journées d’études du SNI, les 15-17 février 1962 sur « Classes primaires, classes rurales, écoles annexes et d’application », après le rapport sur « les difficultés des jeunes en milieu rural », son intervention fut publiée intégralement dans L’École libératrice, du 13 avril 1962. Lors des élections du bureau national de décembre 1965, il fut des scrutateurs.

Pendant cette période, Jean Tanaff fut aussi le secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale.

Mis à la disposition de la Fédération des œuvres laïques de septembre 1962 à sa retraite en 1973, Jean Tanaff, qui habitait Chartres, assurait le secrétariat d’organisations laïques (comités départementaux de la Jeunesse au Plein Air et de gestion des colonies de vacances). Secrétaire de la bibliothèque circulante, il était aussi administrateur d’autres organisations (mutuelles accident confédérale et élèves, conseil départemental de la Fédération des conseils de parents d’élèves, Pupilles, coopératives scolaires, Éclaireurs de France). Ses responsabilités étaient aussi régionales (Service Vacances, bureau de placement des Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active, Union française des œuvres laïques d’éducation physique). Aux responsabilités locales (secrétariat-adjoint du Cercle laïque de Chartres, de l’Office municipal de la jeunesse), s’ajoutaient, sur le plan national, les fonctions d’administrateur de l’APAC (assurances de la Ligue de l’enseignement) et de l’Association nationale des associations de transports des élèves des écoles publiques. Il participait aussi aux activités de groupes de travail du CRIDOC (Aménagement, Construction, Législation).

Membre des Faucons Rouges et des Jeunesses Socialistes sous le Front populaire, Jean Tanaff fut le secrétaire-adjoint de la fédération socialiste SFIO d’Eure-et-Loir. Membre de la Libre Pensée, de l’Union rationaliste, il milita dans les années 1960 dans le club Jean Moulin.

Après sa retraite, Jean Tanaff alla avec son épouse habiter à Saint-Georges-de-Didonne (Charente-Maritime). Il fut candidat sur la liste socialiste aux élections municipales de 1977. Il poursuivit son activité à la FOL comme secrétaire adjoint de la FOL dans le département et comme délégué régional de l’UFOLEP.

Jean Tanaff décéda à l’hôpital de Bordeaux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article174267, notice TANAFF Jean, André par Jacques Girault, version mise en ligne le 26 juin 2015, dernière modification le 11 novembre 2016.

Par Jacques Girault

Tanaff en tête de la manifestation à Chartres du Comité départemental d'action laïque (début mai 1968).
Tanaff en tête de la manifestation à Chartres du Comité départemental d’action laïque (début mai 1968).
Tanaff, Ecole de Barjouville au début des années 1950
Tanaff, Ecole de Barjouville au début des années 1950
Tanaff, militaire en 1941
Tanaff, militaire en 1941
Tanaff dans un congrès du SNI au début des années 1960, à sa gauche,[Jacques Guépin->88476]
Tanaff dans un congrès du SNI au début des années 1960, à sa gauche,[Jacques Guépin->88476]

SOURCES : Presse syndicale. — Notice du Centre Aigueperse (SE-UNSA). — Renseignements donnés par le fils de l’intéressé.

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