GAIGNON Aimable, François

Par Gilles Pichavant

Né le 1er février 1861 à Saint-Julien-du-Terroux (Mayenne), mort à Paris en juillet 1929 ; Forgeron aux chemins de fer de l’État ; syndicaliste CGT ; socialiste, adhérent au Comité de la 3e internationale.

Né le 1er février 1861 à Saint-Julien-du-Terroux (Mayenne), Aimable Gaignon se maria le 28 juillet 1888 à Pacy-sur-Eure (Eure), avec Marie-Thérèse Moisan. Ils eurent deux enfant, un garçon et une fille.

Il prit sa retraite des chemins de fer, le 1er juin 1918. Il entra comme outilleur aux chantiers de construction navale Amblard à Dieppe (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). Parallèlement il s’occupait d’une petite exploitation agricole, située à proximité de l’aérodrome de Dieppe, où il habitait.

Militant socialiste unitaire, Aimable Gaignon fit partie de la section dieppoise du Comité de la 3e internationale.

Le 7 mai 1920, à 4h30 du matin, sous prétexte de réprimer un complot contre la sécurité de l’État et des menées anarchistes, Aimable Gaigon fut arrêté par la police, en même temps que sa fille Eugénie qui habitait chez lui, ainsi que Paul Briard, Alfred Roussel, et Sylvain Laffargue. Ils furent tous incarcéré à la prison du Pollet à Dieppe. Parallèlement la police procédait des perquisitions à leur domicile, ainsi que dans le local des syndicats où le groupe socialiste conservait ses archives. Tous étaient socialistes, tous avaient adhéré au Comité de la 3e internationale. Le 12 mai la police arrêtait à leur tour les cheminots André Perry, militant dieppois, et Henri Chassin, de passage à Dieppe pour la fédération, dans le cadre de la répression de la grève des cheminots.

Léonie Kauffmann, militante parisienne pour l’adhésion à l’internationale, fut elle aussi inquiété. D’origine rouennaise, alors qu’elle était en villégiature à Dieppe en mai 1919, elle avait organisée une réunion, au cours de laquelle un grand nombre des arrêtés avaient adhéré au comité. On rechercha en vain Alexandre Offenberger*, militant d’origine roumaine, que la police qualifia d’anarchiste, alors qu’il était connu par les militants arrêtés comme socialiste. Il était intervenu dans cette réunion. Alexandre était le concubin d’Eugénie, et vécu quelques temps avec elle chez ses parents. Cela valut au père comme à la fille l’attribution par la police du qualificatif de "mœurs douteuse".

La presse fit courir le bruit à Dieppe que les militants arrêtés voulaient constituer un soviet local, et qu’une liste de personnes à arrêter avait été saisie chez Paul Briard. En réalité tout était faux. La police ne trouva rien, et l’accusation de complot contre la sûreté de l’État s’effondra.

Parce qu’il avait une petite exploitation agricole que sa femme, impotente, ne pouvait pas entretenir, après une première demande de liberté provisoire infructueuse, Aimable Gaignon fut libéré le 20 mai à la suite d’une deuxième demande. Mais tous les autres détenus virent leurs demandes successives de mise en liberté rejetées. Il ne furent libérés que le 10 juillet, soit 56 jours après leur arrestation.

Le 3 octobre 1920, le procureur prononça un non-lieu sur l’accusation de complot contre la sécurité de l’État, et des menées anarchistes. Mais Paul Briard resta poursuivi pour avoir vendu une brochure de Jacques Sadoul* à l’entrée d’un meeting le 16 avril 1920. (voir Paul Briard)

En 1920 la notice de police décrit Aimable Gaignon avec les cheveux gris, la bouche assez grande, le menton rond et le visage ovale. Il mesurait 1m 65, et était de corpulence forte.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article174291, notice GAIGNON Aimable, François par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 28 juin 2015, dernière modification le 22 mai 2020.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : Arch. Dép. de Seine-Maritime, cotes 10M 355, 2U 1-899 — Fonds ancien de Dieppe : L’Impartial, l’Éclaireur, La Vigie.

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