TAURANT Louis, Armand

Par Jacques Girault

Né le 24 juin 1926 à Paris (Xe arr.), mort le 23 mai 2006 à Aurillac (Cantal) ; instituteur dans le Cantal ; militant du SNI ; militant du PCF ; adjoint au maire d’Aurillac.

Son père, chauffeur puis employé du Gaz, né à Toulon (Var) et sa mère, née en Espagne, avaient vécu dans le Cantal. Louis Taurant reçut les premiers sacrements catholiques. Il passa son enfance à Paris dans les quartiers des Buttes Chaumont puis de la Porte de la Villette. Après la naissance de sa sœur, il vécut à partir de 1934 chez sa grand-mère à Parlan (Cantal) et fréquenta le cours complémentaire et l’école primaire supérieure de Maurs (1939-1942) où ses parents habitèrent vers 1942. Reçu au concours du centre de formation professionnelle des instituteurs en juin 1944, il effectua le début de sa scolarité secondaire au lycée Émile Duclaux d’Aurillac (baccalauréat, série “Philosophie“) et l’acheva aux écoles normales d’Aurillac puis de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Instituteur stagiaire à Maurs, il devint instituteur titulaire à Ferrières-Saint-Mary, à Faverolles en octobre 1947. Nommé à Saint-Urcize en octobre 1948 il fut instituteur itinérant agricole dans les cantons de Saint-Mamet et Laroquebrou. Réformé lors de son service militaire dans l’artillerie (avril 1949), instituteur à Clavières (mai 1949), à Espinasse (1949-1950), à Bournoncles et à Roannes-Saint-Mary (1950-1951), il fut nommé à Aurillac en octobre 1951 à l’école Paul Doumer. En 1969, il devint formateur au centre de formation des maîtres de classes pratiques où, en 1975, il reçut la qualification de professeur d’enseignement général des collèges. Il y resta jusqu’à sa retraite en décembre 1981.

Louis Taurant, contacté par les Francs-Tireurs et Partisans en avril 1944, participa aux actions sous le pseudonyme “Armand“. De juin à septembre 1944, il fut le secrétaire du chef cantonal de la Résistance.

Il fut le fondateur-secrétaire du cercle de Maurs de l’Union de la jeunesse républicaine de France depuis juillet 1944 puis adhéra au Parti communiste français en janvier 1945. Après avoir suivi une école de cadres à Bessonnies (Lot) puis à Aurillac, il entra immédiatement au comité de la fédération communiste. Secrétaire des étudiants communistes du Cantal (décembre 1944-avril 1945), correspondant de La Nation, organe du Front national imprimé à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et de La Terre, secrétaire de la section communiste de Maurs (janvier 1948-mai 1949), membre du bureau fédéral en octobre 1947, il entra au secrétariat fédéral en mars 1948. Il participa en 1947 et en 1948 à des brigades du travail en Yougoslavie (construction d’une voie ferrée) et au Festival mondial de la Jeunesse en 1947 à Prague. En août 1949, il visita la Roumanie avec une délégation d’intellectuels et de militants communistes envoyée par l’association France-Roumanie. Par la suite, il effectua plusieurs voyages dans des démocraties populaires et en URSS à partir de 1962. Il en rapporta de la documentation pour des conférences sur la Crimée.

A partir de 1955, il fut le premier secrétaire fédéral et conserva cette responsabilité pendant vingt ans. Rédacteur depuis 1948, directeur du Cantal ouvrier et paysan depuis 1956, correspondant de l’Humanité depuis 1949, il réalisait aussi des caricatures pour des journaux. Estimant qu’un militant communiste ne devait pas se couper de son milieu professionnel, il refusa de devenir permanent malgré les pressions de la direction du PCF. Au milieu des années 1960, il aurait accepté, selon le secrétariat du PCF, qui lui demanda de suivre l’école centrale d’un mois en 1966. Une telle transformation ne se produisit pas, son dossier professionnel ne comprenant pas de traces d’une demande d’interruption de service. En 1977, il devint le responsable fédéral de la politique municipale et cantonale, et du cadre de vie. Il présida l’Association départementale des élus communistes et républicains.

Louis Taurant militait au Syndicat national des instituteurs depuis la guerre et de 1948 à 1954 fut aussi membre de la FEN-CGT. Élu au conseil syndical de la section départementale du SNI, réélu dans cette instance pendant une trentaine d’années à partir de 1956, il fut choisi par ses collègues pour siéger à la Commission administrative paritaire départementale à partir de 1962. En 1951, il fut le secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale.

Il épousa religieusement en août 1949 à La Chapelle-Agnon (Puy-de-Dôme) où elle était née, le 26 mars 1920, Francine, Marie-Josephe Teilhol, fille d’un marchand de bois, propriétaire d’une scierie,, invalide de guerre, d’opinions radicales, et d’une couturière. Élève du lycée de Clermont-Ferrand, titulaire du baccalauréat (série “Mathématiques“) en 1949, de certificats d’études supérieures (Mathématiques en 1941, électricité industrielle (1943), devint secrétaire au lycée de jeunes fille d’Aurillac puis chef de section à l’inspection académique. Au début des années 1960, trésorière de sa cellule communiste, elle participait aux réunions de la commission fédérale s’occupant des femmes. Le couple eut une fille qui ne reçut aucun sacrement religieux.

À partir de 1959, Louis Taurant fut régulièrement candidat sur les listes communistes aux élections municipales d’Aurillac. En 1977, il était le chef de file des candidats communistes sur la liste d’union de la gauche à direction socialiste. Élu et réélu en 1983, il devint deuxième adjoint en 1977 chargé des affaires sociales, membre du bureau d’aide sociale puis président du centre communal d’action sociale. Il fut à l’origine d’un Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes et de la maison de retraite de la Jordanne qui portèrent son nom.

Louis Taurant, retraité et membre du bureau fédéral, fut candidat au Conseil général dans un canton d’Aurillac en 1985

Candidat aux élections législatives de 1956, de 1958, de novembre 1962, dans la circonscription d’Aurillac, il obtint 3 868 voix puis 5 981 voix sur 54 675 inscrits. En mars 1967 et en juin 1968, candidat dans la deuxième circonscription (Saint-Flour-Mauriac), il fut aussi présenté lors d’élections complémentaires en septembre 1969 et en 1972, lors des élections générales en 1973. En 1978, candidat à nouveau dans la première circonscription (Aurillac), il réunit 8 299 voix sur 66 662 inscrits, le candidat de droite étant élu au premier tour.

Louis Taurant vécut « assez mal » la rupture entre PCF et PS en 1989 et prit des distances avec la vie politique en 1999 pour se consacrer davantage à la philatélie et la recherche sur l’histoire régionale. Il était passionné de photographies (vie rurale et artisanale de l’Auvergne, vie politique, mémoires des lieux). Sa collection de cartes postales concernant le Cantal fut à l’origine de ses ouvrages aux éditions De Borée à Clermont-Ferrand, Le Cantal, c’était hier 1900-1929 (1996, puis 2006), Villes et villages du Cantal, mémoires d’hier, 1900-1930, (1999), (2003), Le Cantal 1920-1950 : mémoire vivante (2003).

Ses obsèques civiles se déroulèrent à La Chapelle-Agnon.

A son décès, une partie de sa collection de photos, ainsi que ses archives politiques et de collectionneur fut déposée par sa famille aux Archives départementales du Cantal à Aurillac.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article174292, notice TAURANT Louis, Armand par Jacques Girault, version mise en ligne le 28 juin 2015, dernière modification le 22 mars 2021.

Par Jacques Girault

ŒUVRES : Le fichier de la BNF comportait en 2015 deux références.

SOURCES : Arch. Dép. Cantal (Bernard Moissinac), dossier administratif. — Arch. Mun. Aurillac. — Archives du comité national du PCF. Renseignements fournis par sa fille. — Presse locale.

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