GAIGNON Eugénie, Marie, Jeanne

Par Gilles Pichavant

Née le 4 juillet 1895 (?) à Pacy-sur-Eure (Eure) ; repasseuse ; socialiste unifiée, adhérente au Comité de la 3e internationale.

Fille d’Aimable Gaignon, et de Thérèse Moisan, Eugénie était en 1920, secrétaire du groupe socialiste Dieppois, militant pour la 3e internationale. Elle avait 25 ans, et habitait Saint-Aubin-sur-Scie (Seine-Inférieure), hameau de Rouxmesnil.

Le 7 mai à 4h30 du matin, sous prétexte de réprimer un complot contre la sécurité de l’État, Eugénie Gaigon fut arrêté par la police, en même temps que son père Aimable, chez qui elle habitait, Paul Briard, Alfred Roussel et Sylvain Laffargue. Ils furent incarcéré à la prison du Pollet à Dieppe. Parallèlement la police procédait des perquisitions à leur domicile, ainsi que dans le local des syndicats où le groupe socialiste conservait ses archives. Le 12 mai la police arrêtait à leur tour les cheminots André Perry, militant dieppois, et Henri Chassin, de passage à Dieppe pour la fédération, dans le cadre de la répression de la grève des cheminots.

Tous étaient socialistes, tous avaient adhéré au Comité de la 3e internationale. Léonie Kauffmann, militante parisienne, fut elle aussi inquiétée, et l’on perquisitionna chez elle. En mai 1919, alors qu’elle était en villégiature à Dieppe, elle avait organisée une réunion à Dieppe, au cours de laquelle un grand nombre des arrêtés avaient adhéré au comité et créé une section locale. On rechercha en vain Alexandre Offenberger*, militant d’origine roumaine, que la police qualifia d’anarchiste, alors qu’il était connu par les militants arrêtés comme socialiste. Il était intervenu dans cette réunion. Alexandre était l’ami d’Eugénie Gaignon, et avait vécu quelques temps avec elle, chez les parents de celle-ci. Cela valut à Eugénie, ainsi qu’à son père, l’attribution par la police du qualificatif de "mœurs douteuse".

Le bruit courut à Dieppe que les militants arrêtés voulaient constituer un soviet local, et qu’une liste de personnes, à arrêter en cas de Révolution, avait été saisie chez Paul Briard. En réalité tout était faux. La police ne trouva rien, et l’accusation de complot contre la sûreté de l’État s’effondra.

Le 3 octobre 1920, le procureur prononça un non-lieu sur l’accusation de complot contre la sécurité de l’État, et des menées anarchistes. Mais Paul Briard resta poursuivi pour avoir vendu une brochure de Jacques Sadoul* à l’entrée d’un meeting le 16 avril 1920. (voir Paul Briard)

D’après sa notice individuelle, elle avait les cheveux châtains, les yeux châtains clairs, menton rond, visage ovale, bouche petite. Elle mesurait 1m 64, et était de corpulence forte.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article174298, notice GAIGNON Eugénie, Marie, Jeanne par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 29 juin 2015, dernière modification le 31 mai 2020.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : Arch. Dép. de Seine-Maritime, cotes 10M 355, 2U 1-899 — Fonds ancien de Dieppe : L’Impartial, l’Éclaireur, La Vigie.

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