RACINEUX Georges, Denis

Par Daniel Grason

Né le 27 août 1906 à Plessis-Trévise (Seine-et-Oise, Val-de-Marne), mort en décembre 1972 à Créteil (Val-de-Marne) ; ajusteur ; militant communiste de Puteaux (Seine, Hauts-de-Seine) ; interné politique.

Fils de Joseph Racineaux, jardinier, et de Marie, née Petit, fleuriste, Georges Racineux était de santé fragile. Au cours de son service militaire il eut des rhumatismes articulaires avec des complications cardiaques, son acuité visuelle de l’œil droit n’était que de 2/10ème. Au cours d’un accident du travail, trois doigts de sa main droite furent sectionnés. En raison de son état de santé, l’autorité militaire le réforma définitivement.
Il demeurait chez son frère et sa sœur au 12 rue du Moulin des Près à Paris (XIIIe arr.). Il exerça son métier d’ajusteur chez Renault à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine), membre du parti communiste, il fut membre de la cellule Aragon de la section Renault. La police l’interpella le 29 décembre 1938, dressa un procès-verbal pour « entraves à la liberté du travail ». Il n’y eut pas de suites judiciaires. Il travailla du 23 mars 1939 au 11 juin 1940 à l’établissement aéronautique Morane-Saulnier 3 rue Volta à Puteaux (Seine, Hauts-de-Seine).
Il continua à militer au parti communiste, ayant gardé des contacts parmi le personnel de chez Morane-Saulnier, il épaulait Claude Lebrun, distribuait aux abords de l’usine des tracts du comité populaire. Le 13 novembre 1940 des inspecteurs de la Brigade spéciale d’intervention (BSi) du commissariat de Puteaux l’interpellaient près de l’entreprise.
Emmené au commissariat, attaché à un radiateur, deux policiers frappèrent Georges Racineux à coups de poings, de pieds et de règle. La porte du bureau du commissaire Lucien Bizoire était ouverte, il faisait semblant de ne rien voir. Emmené à la prison de la Santé, le directeur demanda au docteur Paul de l’examiner. Georges Racineux avait une cote de cassée, une autre de fêlée.
Il comparut le 14 janvier 1941 devant la Xe chambre correctionnelle qui le condamna à huit mois de prison pour infraction au décret du 26 septembre 1939. Le 20 mai 1941 Georges Racineux écrivit au Préfet de police. Il faisait lui faisait remarquer qu’il avait été condamné pour « délit d’opinion », que sa peine était purgée. Il indiquait qu’il était « mutilé du travail à 40% ». Il redoutait d’être déporté dans un camp de concentration et indiquait : « Je ne pense pas être en mesure de supporter le régime des camps de concentration, [je] demande à cet effet à être examiné par Monsieur le docteur Paul et ai l’honneur de solliciter de votre haute bienveillance ma libération définitive ».
Georges Racineux ne fut ni libéré ni déporté mais interné le 13 juin 1941 au camp de Choisel à Châteaubriant (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique). Le 19 juin 1941, cinq dirigeants communistes et syndicaux : Fernand Grenier, Henri Raynaud, Léon Mauvais, Eugène Hénaff et Roger Semat s’évadaient. Georges Racineux envoya une lettre au Préfet de la Seine, il se plaignait qu’à « la suite d’évasions survenues récemment » les « visites ont été supprimées, faisant supporter ainsi à l’ensemble des internés les conséquences d’un acte dont ils ne portent pas la responsabilité ». Il demandait au préfet d’ « user » de son « influence pour faire rapporter cette mesure injustifiée ». Transféré à Voves (Eure-et-Loir), puis à Pithiviers (Loiret), enfin au camp de Laleu à La Rochelle (Charente-Maritime) où les internés travaillaient pour l’agence Todt. Sa libération eut lieu le 5 décembre 1944.
Les 18 et 19 octobre 1945 Lucien Bizoire comparut devant la Cour de Justice de la Seine, le Commissaire du gouvernement précisa : « Je ne retiendrai pas les affaires faites entre Juin 1940 et Juin 1941, parce-que si pendant cette période les communistes attaquaient les nazis, ils attaquaient les capitalistes anglo-saxons ». L’arrestation de Georges Racineux ne fut pas évoquée.
Georges Racineux a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF).
Il fut embauché par la société Morane-Saulnier à Puteaux le 9 avril 1945. Organisé à la cellule communiste de l’entreprise, il participa à l’appel du parti communiste à la « journée patriotique » du 24 janvier 1951à Paris contre la venue en France du général Eisenhower. La police l’interpella vers 18 heures 30 avenue du Bois (XVIe arr.). Avec d’autres manifestants il était conduit au poste de police de la Porte Dauphine. Il devint membre du bureau de la section communiste de Puteaux le 25 novembre 1951.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article174334, notice RACINEUX Georges, Denis par Daniel Grason, version mise en ligne le 9 juillet 2015, dernière modification le 25 février 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 1W 0638, BA 1849, BA 2456, KB 10. – Bureau Résistance GR 16 P 496933. – État civil.

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