BOUDET Roland, Charles, Marie

Par Jacques Girault

Né le 9 novembre 1913 à Bubertre (Orne), mort le 4 mars 1993 à Caen (Calvados) ; instituteur ; militant syndicaliste et communiste avant 1939 député-maire-conseiller général UNR puis centre démocrate de L’Aigle (Orne).

Fils d’un bûcheron devenu commis de bois puis directeur d’exploitation forestière à Laigle et d’une institutrice, Roland Boudet, après avoir fréquenté l’école primaire supérieure de Nogent le Rotrou, le cours complémentaire d’ Alençon, entra à l’École normale d’instituteurs d’ Alençon (Orne) en 1931. Instituteur-secrétaire de mairie à Bellème (1934), instituteur à L’Aigle (1935-1936), instituteur-secrétaire de mairie à Berjou (1936), puis à Athis-de-l’Orne, il effectua son service militaire comme soldat de deuxième classe dans une compagnie chargée de la météorologie au Bourget (1934-1935).

Membre du Syndicat national des instituteurs depuis 1934, Boudet, secrétaire de la commission des jeunes, secrétaire de l’amicale des anciens normaliens, fut élu au conseil syndical de la section départementale en 1936.

Membre des Jeunesses socialistes SFIO, puis des Jeunesses communistes (février 1934), Roland Boudet adhéra au Parti communiste au retour de son service militaire et participa à la création de la première cellule à L’Aigle. Il devint, le 21 juin 1936, secrétaire de la région communiste de l’Orne. Il était alors le plus jeune secrétaire régional communiste. Il collabora à La Perche, journal de gauche, puis à l’hebdomadaire communiste La Voix du peuple (1936-1938). Il siégea au bureau du comité de Front populaire à L’Aigle et participa à la grève du 30 novembre 1938. Toutefois dans le rapport sur la conférence régionale de l’Orne, le 20 novembre 1937, le représentant de la direction du Parti indiquait qu’il n’avait pas fait le rapport introductif en raison de son travail de secrétariat de mairie et qu’il était arrivé en retard à la réunion. Plus tard, dans le rapport sur le trotskisme envoyé au Bureau Politique, le 28 juillet 1938, il était signalé parmi les responsables ayant fait des « réponses insuffisantes ».

Boudet se maria, en avril 1936 à L’Aigle (Orne) avec une employée de postes, communiste, fille d’une victime des combats de la Première Guerre mondiale.

Boudet quitta le Parti communiste après la signature du pacte germano-soviétique qu’il dénonça « vivement ». Il écrivit plus tard, dans sa profession de foi en 1958, « précisément lors du Pacte germano-soviétique, j’ai compris que ce parti était au service de l’étranger et j’ai rompu continuant ma lutte contre Hitler sous l’habit militaire en France puis en Afrique ». Mobilisé en septembre 1939, il fut déplacé en novembre 1940.

À la Libération, Roland Boudet prit contact avec le Parti socialiste SFIO, puis avec le Parti communiste français. Ses demandes d’adhésion furent refusées. Aussi adhéra-t-il à l’Union démocratique et socialiste de la Résistance.

Boudet fut candidat dans, le 23 novembre 1958, la deuxième circonscription (Mortagne-L’Aigle) de l’Orne sous l’étiquette UNR-UDT. Il obtint 12877 voix sur 59438 inscrits et fut élu député, le dimanche suivant, avec 20630 voix. Membre de la commission de la production et des échanges, il participa aussi au conseil d’administration de la caisse autonome de la reconstruction, au conseil supérieur des alcools et intervint dans une dizaine de séances.

Boudet quitta l’UNR en 1960 pour adhérer au Parti libéral européen. Candidat avec cette étiquette, le 18 novembre 1962, il obtint 8954 voix sur 53117 inscrits et fut battu au deuxième tour avec 12119, devancé par le candidat UNR. Après avoir soutenu Jean Lecanuet lors de l’élection présidentielle de 1965, il rejoignit le Centre démocrate et fut membre du conseil national. Candidat le 5 mars 1967, il obtint 10298 voix sur 51041 inscrits et retrouva son siège au deuxième tour, avec 15835 voix, devançant de 125 voix le député sortant. L’élection fut annulée et il fut réélu, le 24 septembre 1967 avec 19043 voix. Il siégea à nouveau dans la commission de la production et des échanges.

Candidat PDM aux élections de 1968, après la dissolution de l’Assemblée, il réunit le 23 juin 17568 voix sur 50599 inscrits et fut réélu, le dimanche suivant, avec 21662 voix, bénéficiant certainement de voix des candidats de gauche éliminés au premier tour. Le 4 mars 1973, avec l’étiquette « réformateur », il obtint 18830 voix sur 51462 inscrits et l’emporta au deuxième tour avec 18976 voix. Il devint le vice-président de la commission de la production, des échanges et le président du groupe parlementaire d’étude des problèmes de la route. En mai 1977, il fut nommé président de la commission d’enquête sur les importations sauvages. Il ne se représenta pas en 1978 et présida le groupe des anciens députés pendant quelques années.

Boudet fut aussi maire (1965-1989) et conseiller général (1964-1970) de L’Aigle.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17435, notice BOUDET Roland, Charles, Marie par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 1er mai 2020.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : BOUDET Roland,Né en 13. De la forêt du Perche au Palais Bourbon, 1991, 330 p.

SOURCES : Arch. PPo 88. — RGASPI 495 270 4043, 517 1 1865, 1884, 1909. — Renseignements fournis par l’intéressé en 1977 et par Madame A. Gaucher (Service Patrimoine de la mairie de L’Aigle). — Notes d’André Caudron

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément