SEGUIN Suzanne [épouse ROCHAS]

Par Alain Dalançon

Née le 19 décembre 1923 à Lyon (VIe arr.) (Rhône) ; professeure de Lettres ; militante syndicaliste du SNES et de la FEN ; militante communiste à Lyon puis en Eure-et-Loir.

Née dans une famille de la petite bourgeoisie catholique, après le décès de son père, Suzanne Seguin vécut avec sa mère qui tint une petite épicerie dans un quartier populaire de Lyon. Elle eut la possibilité de faire des études secondaires puis d’entamer des études supérieures de lettres. Elle dut les interrompre pour aller se faire soigner au sanatorium des étudiants de France à Saint-Hilaire du Touvet (Isère) où elle adhéra au Parti communiste français en 1946. Elle reprit ses études à la Faculté des Lettres de Grenoble et fut responsable de la section des étudiants communistes entre 1946 et 1950. Elle travaillait en outre comme secrétaire dans une usine à Grenoble. Elle termina ses études à Lyon à partir de 1949 où elle obtint la licence de Lettres classiques puis le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement public de second degré. Militante communiste, Suzanne Rochas participa à l’activité de la section de Lyon-Nord entre 1949 et 1953.

Elle s’était en effet mariée en 1949 avec Louis Rochas, mécanicien en transmission, sympathisant communiste, fils d’un retraité de la SNCF, électeur de droite. Elle eut avec lui une fille, Monique, mais elle divorça en 1962 et reprit alors son nom de Seguin.

Après avoir enseigné dans un lycée de Lyon, Suzanne Rochas fut nommée professeure dans le département d’Eure-et-Loir, au collège d’Illiers puis au collège boulevard Chasles (devenu Hélène boucher) de Chartres. Elle habita dans cette ville à partir de 1956, 68 rue du Bourg Neuf, et fit partie du comité puis du bureau de la section communiste tout en étant secrétaire de sa cellule. Elle entra au comité de la fédération en 1959, suivit l’école centrale du PCF en juillet 1961, et fut membre du comité fédéral de 1964 à 1972. Membre de l’Union des femmes françaises, elle animait le comité local de la Paix puis participa à la direction départementale du Mouvement de la Paix au début des années 1960.

Militante du Syndicat national de l’enseignement secondaire, elle fut secrétaire de la section (S1) du collège d’Illiers à partir de 1961 et fonda la section départementale (S2) d’Eure-et-Loir. Elle était aussi la secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale de 1963 jusqu’au milieu des années 1970. Elle apparut sur la liste « B » aux élections à la commission administrative nationale du SNES en 1964, en 21e position sous le nom de Mme Seguin, et fut élue suppléante. Elle contribua sous ce nom, en octobre 1965, à un très long article dans L’École et la Nation, analysant l’ensemble de la réforme de l’enseignement d’un « pouvoir personnel au service des monopoles » en dénonçant son caractère « antipédagogique et antidémocratique ».

Candidate à nouveau aux élections à la CA nationale du SNES sur la liste « Unité et Action » en 1966, elle fut élue suppléante en 1967 lors des premières élections au collège unique du nouveau SNES. Réélue en 1969, 1971, 1973, elle était alors secrétaire de la nouvelle section académique (S3) d’Orléans-Tours, succédant à Gilbert Tessier*. Elle avait pour adjoints en 1971-1972 Gérard Jehanno, enseignant au lycée technique de Montargis, et Claude Panne de Loches puis Bernard Demandre, professeur de lettres à Tours.

Suzanne Seguin était toujours été très attentive aux autres ; le travail collectif était sa ligne de conduite. Alors que l’académie d’Orléans-Tours était encore de création récente, réunissant six départements détachés de trois anciennes académies (Caen, Paris et Poitiers), sans communications faciles entre eux, elle sut créer une cohérence entre les sections départementales. Elle initia le partage des décharges entre elles et leur permit de se développer de façon autonome, selon l’histoire de chacune, et de les rassembler dans les réunions de bureau académique. Elle fit toujours preuve à la fois d’ouverture, de largeur d’esprit, d’exigence et de rigueur intellectuelle. Toujours attentive aux autres tendances, elle ne manquait pas de leur proposer de participer aux instances exécutives contre l’engagement à respecter les décisions et orientations majoritaires. Elle sut aussi se faire reconnaître par l’administration rectorale, notamment par le chef de la Division du personnel qui l’estimait.

Suzanne Seguin passa le témoin de la direction du S3 en 1975-1976 à une équipe de jeunes militant(e)s qu’elle avait contribué à former : Eugenio Bressan, Christiane Le Pennec et Jacques Vrain.

Elle fit ensuite partie du bureau du S2 d’Eure-et-Loir. Retraitée, elle se consacra à l’alphabétisation de femmes immigrées. En 2015, elle résidait dans une maison de retraite à Chartres.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article174430, notice SEGUIN Suzanne [épouse ROCHAS] par Alain Dalançon, version mise en ligne le 7 juillet 2015, dernière modification le 3 octobre 2015.

Par Alain Dalançon

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Arch. IRHSES (Cr des congrès et des CA du SNES, relations avec le S3 Orléans-Tours, L’Université syndicaliste, L’Enseignement public). — Témoignage de Christiane Le Pennec. — Renseignements fournis par l’intéressée.

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