BOUDOT François, Édouard

Par Jacques Girault

Né le 27 janvier 1911 à Reims (Marne), mort le 25 avril 2001 à Montrouge (Hauts-de-Seine) ; professeur ; président du Comité national de la Fédération nationale des coopératives de consommation ; collaborateur du Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale et de l’Institut français d’histoire sociale.

Le père de François Boudot, facteur des postes, devint secrétaire régional du syndicat national des sous-agents des PTT au VIIIe congrès national (25-27 août 1919). Il était membre de la commission exécutive de la Fédération postale en août 1921. Sa mère était couturière. Ses parents lui firent donner les sacrements d’initiation catholiques mais il devint quelques années plus tard athée. Il fréquenta les écoles primaires d’Aulnay-sous-Bois (Seine-et-Oise) et de Reims, entra au lycée de cette ville en tant que boursier. Il eut notamment comme professeur d’histoire Georges Bidault. Bachelier en 1930, par la suite, il exerça les fonctions de surveillant d’externat aux lycées Louis-le-Grand et Carnot. En préparant la licence d’histoire à la Sorbonne, il rencontra Jean Maitron. Après avoir effectué son service militaire (octobre 1936-octobre 1937) dans un régiment d’infanterie à Basse-Yutz, il se maria civilement en septembre 1937 à Paris (XIVe arr.) avec une professeur d’histoire et géographie. Le couple eut une fille.

François Boudot exerça comme professeur entre 1937 et 1939 au lycée de Bar-le-Duc (Meuse). Membre du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes dès 1934, il dirigea le collège du travail, créé par la CGT, à Bar-le-Duc et collabora à l’hebdomadaire socialiste SFIO, L’Éveil de la Meuse sans être adhérent du parti.

Mobilisé au début de la guerre, il fut fait prisonnier à Flavigny (Meurthe-et-Moselle). Captif dans le stalag III C à Zenden puis à Neudamm. Il fut libéré par les armées soviétiques, et rapatrié le 14 juin 1945. Après avoir réussi le concours de l’agrégation d’histoire en 1946, Boudot reprit son poste à Bar-le-Duc, collabora à l’hebdomadaire socialiste SFIO La Voix meusienne. Muté au lycée Marcelin Berthelot à Saint-Maur (Seine) en 1947, Boudot y enseigna jusqu’en 1952, année où il fut nommé au lycée Michelet à Vanves (Seine), poste qu’il occupa jusqu’en 1975. Dans ce même temps, il donnait des cours à la Fondation nationale des sciences politiques.

Sociétaire de l’Union des coopérateurs de Lorraine en 1945 et de l’Union des coopérateurs de Paris en 1947, François Boudot devint le président de la délégation exécutive du comité général de l’UDC de Paris. Il faisait aussi partie du comité d’action coopérative des coopérateurs d’Ile-de-France. Il devint en 1960 membre du comité national, puis du bureau de la Fédération nationale des coopératives de consommation qu’il présida de 1971 à 1983. Il présentait ainsi chaque année lors du congrès le rapport d’activité. Il dirigea la Revue des Études coopératives (1962-1982) et publiait parallèlement une rubrique bibliographique dans Le Coopérateur de France. Au début des années 1980, il était membre du conseil scientifique du Centre international de recherche et d’information sur l’économie collective, publique, sociale et coopérative. Lors du congrès de la Guilde des coopératives à Charleroi (Belgique), le 4 mai 1958, il prononça une conférence sous le titre « La doctrine coopérative devant les réalités ».

François Boudot, membre du Comité des travaux historiques et scientifiques, parfois sous le pseudonyme de Maurice, fut le vice-président de la section d’histoire moderne et contemporaine et participa aux travaux de la section d’histoire des sciences et des techniques. Il publia à ce titre avec Daniel Roche, en 1981, Orientations de recherches en histoire moderne et contemporaine (21 pages). Il fit partie de la commission des livres du ministère de l’Éducation nationale dans la section des sciences politiques et économiques. Il publia de nombreux comptes rendus d’ouvrages dans diverses revues. Il participa à la fin des années 1940 à la création de l’Institut français d’histoire sociale dans le cadre des Archives nationales dont le secrétariat fut confié pendant quelques années à Jean Maitron.

Il représenta par la suite, à partir du milieu des années 1960, la Fédération nationale des coopératives de consommation dans le conseil d’administration du Centre d’histoire du syndicalisme de l’Université de Paris, devenu Centre de recherches d’histoire des mouvements sociaux et du syndicalisme de l’Université de Paris I. Très assidu aux réunions, participant volontiers à des jurys de soutenance de travaux sur l’histoire de la coopération, il accepta de témoigner lors de la journée d’hommage à Jean Maitron, le 16 novembre 1988.

En outre, François Boudot collaborait dès ses origines au Comité d’histoire de la Seconde guerre mondiale où il assura le secrétariat de la commission d’histoire de la captivité et de la commission d’histoire économique.

Habitant Montrouge (Seine), il ne fit pas baptiser sa fille. Ses propres obsèques furent civiles.

Sa bibliothèque a été léguée au département d’Histoire de l’Université de Marnes-la-Vallée en 2003.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17444, notice BOUDOT François, Édouard par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 12 octobre 2021.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Publications dans de nombreuses revues d’histoire, dont : Revue d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, Revue d’histoire économique et sociale, Annales ESC, l’Actualité de l’Histoire, Le Mouvement social, Bulletin de la Section d’histoire moderne et contemporaine (CTHS). — Contributions à : La France sous l’occupation, PUF, 1976 ; La Libération de la France, CNRS, 1976. — La coopération en France, Paris, 1957. — La Doctrine coopérative devant les réalités, Charleroi, 1958. — Contributions à : La Revue des études coopératives, Le coopérateur de France, Coopération.

SOURCES : Notices du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, t. 20 et t. 36 (voir Maurice). — Arch. Nat., F 7/13 803. — Presse nationale et locale. — Renseignements fournis par la fille de l’intéressé.

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