TOPOREK Albert

Par Daniel Grason

Né le 14 janvier 1928 à Paris (XIIe arr.), mort en 1943 à Auschwitz (Pologne) ; fourreur ; sympathisant communiste de la Main d’œuvre immigrée ; déporté.

Albert Toporek
Albert Toporek

Fils de parents polonais, de Herszel Toporek, tailleur, et de Chaja Gluck, sans profession, Albert Toporek vivait chez ses parents 27 rue du Clos à Paris (XXe arr.). La traque des militants de la Main d’œuvre immigrée fut menée par des inspecteurs des Renseignements généraux, de la BS2, des policiers de la BSi de Puteaux. Elles permettront l’identification, puis l’interpellation d’une soixantaine de militantes, militants et sympathisantes et sympathisants de la Main d’œuvre immigrée. Albert Toporek était repéré le 21 février 1943 à 10 heures 10, à l’angle des rues Vieil-du-Temple et des Francs-Bourgeois (IIIe arr.) en compagnie de Henri Krasucki, les policiers le surnommèrent du fait de son habillement « Canadienne ». Le 26 février à 19 heures 15 à l’angle des rues des Pyrénées et des Prairies (XXe arr.) il parlait avec Jean Goldstein.
Il fut arrêté à son domicile le 23 mars 1943, emmené dans les locaux des Brigades spéciales il reconnut sur photographies Henri Krasucki et Jean Goldstein. Il lui fut demandé de s’expliquer sur ses relations avec eux. Il répondit qu’Henri Krasucki lui avait proposé d’entrer dans les FTP. Il lui avait expliqué que l’organisation avait pour but de commettre des attentats contre le matériel de l’armée d’Occupation et les soldats allemands.
Albert Toporek affirma qu’il avait demandé à réfléchir et qu’il devait donner sa réponse le 24 ou 25 mars. Quant à Goldstein il avait fait sa connaissance par l’intermédiaire d’un autre camarade. Il affirma qu’il avait décidé de ne pas donner suite aux propositions des deux hommes. Frappé par les policiers, maintint ses déclarations, précisant « Je n’ai jamais appartenu à aucune organisation communiste ni à aucun autre groupement de cette obédience. » Son père Herszel était également mis en état d’arrestation pour infraction avec la réglementation concernant les étrangers, motif sa carte d’identité d’étranger était périmée.
Incarcérés, puis internés au camp de Drancy sous le n° 2052 réservé aux Juifs, ainsi que son père Herszel n° 2051. Tous les deux étaient dans le convoi n° 57 le 18 juillet 1943 d’un millier de déportés à destination d’Auschwitz. Dès l’arrivée 440 déportés furent gazés, 369 hommes et 161 femmes étaient sélectionnés à destination de Kommandos de travail. Le 27 janvier 1945 l’armée Soviétique libérait le camp, du convoi n° 57, il ne restait que 43 survivants dont 16 femmes. Toute la famille Toporek fut exterminée à Auschwitz.
Les noms d’Albert et de Herszel Toporek ont été gravés sur le mur des noms du Mémorial de la Shoah rue Geoffroy-l’Asnier à Paris (IVe arr.), le premier a été orthographié Albert Topobek et le second Herschel Toporck.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article174447, notice TOPOREK Albert par Daniel Grason, version mise en ligne le 4 juillet 2017, dernière modification le 2 juillet 2018.

Par Daniel Grason

Albert Toporek
Albert Toporek

SOURCES : Arch. PPo. GB 125 BS2, KB 10. – Site internet CDJC. — État civil.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 189 cliché du 24 mars 1943.

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