LENGRAND Lucienne [née BOUILLAT Lucienne, Marie, Ferdinande]

Par Thibaud Blaschka

Née le 8 janvier 1916 à Vienne (Isère), morte le 18 novembre 2001 à Le Chesnay (Yvelines) ; membre du secrétariat de l’UNESCO ; militante de Peuple et culture ; praticienne de l’éducation des adultes.

Fille de Victor Bouillat, entrepreneur, et d’Antoinette Tronchet, sans profession, Lucienne Bouillat rencontra Paul Lengrand sur les bancs de la faculté de lettres de Grenoble (Isère). Ils se marièrent le 5 octobre 1935 et s’installèrent l’année suivante à Versailles (Seine-et-Oise) : elle y dispensa des cours d’enseignement privé afin de compléter les revenus modestes du couple. À la rentrée universitaire 1938, elle débuta un nouveau cursus de licence à la faculté de droit de Nancy (Meurthe-et-Moselle), puis, l’année suivante, revenue à Grenoble, et l’irruption du conflit n’interrompant pas le cours de ses études, prépara un doctorat d’économie politique.

Après la Libération de Grenoble, intervenue le 25 août 1944, elle participa avec Paulette Borker, Geneviève Cacérès et Bénigno Cacérès à l’animation du Centre d’éducation ouvrière (CEO) créé en octobre 1944 à l’initiative de l’Union départementale des syndicats de l’Isère et dirigé par son mari. Le CEO fut une des sept institutions constitutives de l’association Peuple et culture : Bénigno Cacérès relatait que le manifeste du mouvement intitulé Un peuple, une culture et édité le 15 janvier 1946 avait été rédigé au domicile de Lucienne Lengrand.

Démissionnaire à la fin de l’année 1946 du CEO et de Peuple et culture en raison de son refus d’adhérer, a contrario de l’équipe fondatrice et dirigeante, au Parti communiste français, elle suivit à l’hiver 1946-1947 son mari en partance pour le Canada. Elle occupa d’abord brièvement un poste d’employé au sein du département de biologie de l’université McGill de Montréal (Canada), puis obtint l’année suivante un poste d’enseignante en lettres classiques au sein d’une institution privée française. À l’été 1947, elle participa avec son mari au « camp Laquemac », stage de réflexion et d’échange de dix jours regroupant des éducateurs des deux communautés linguistiques, françaises et anglaises, du Canada.

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Revenue en France à l’automne 1948, elle donna naissance un an plus tard à un garçon prénommé Louis. Ils suivirent régulièrement Paul Lengrand au cours de ses missions ponctuelles à l’étranger (en Italie, principalement) accomplies à partir de 1948 en sa qualité de fonctionnaire international au sein de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

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Lucienne Lengrand intégra à son tour en 1961 le secrétariat de l’UNESCO après que son mari eut obtenu de sa hiérarchie un congé de deux ans : il partit animer les débuts de l’association Culture et développement, chargée par Peuple et culture de promouvoir les contenus et les méthodes de l’éducation populaire dans les pays du tiers-monde. Paul Lengrand retrouvant au terme de son congé, en 1963, le chemin de l’institution internationale, elle dut démissionner par conformité avec une règle administrative stipulant le non-engagement concomitant en ses rangs de deux époux.

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À la suite de son mari, dont elle fut tout au long de sa vie une « inspiratrice discrète et indulgente » (Henquet, 2003), elle renoua en 1963 avec Peuple et culture en rejoignant l’équipe d’animation de Culture et développement avant de poursuivre son engagement en faveur de la cause de l’éducation des adultes dans des associations comme le Groupe de recherche sur le développement rural dans le tiers-monde et la Fédération nationale des écoles des parents et des éducateurs.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article174468, notice LENGRAND Lucienne [née BOUILLAT Lucienne, Marie, Ferdinande] par Thibaud Blaschka, version mise en ligne le 11 juillet 2015, dernière modification le 11 juillet 2015.

Par Thibaud Blaschka

SOURCES : Bénigno Cacérès, , Peuple et culture, 1985. — Paul Lengrand, , Peuple et culture, 1994. — Pierre Henquet, « Paul Lengrand », , n° 85, 2003. — État civil de Vienne.

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