BOUFFARD Henri, Honoré, Jean

Par Jacques Girault

Né le 1er juillet 1896 à Toulon (Var), mort le 1er décembre 1956 à Toulon ; instituteur dans le Var ; résistant ; militant communiste.

Fils de commerçants originaires des Alpes-Maritimes, Henri Bouffard ne reçut aucune sacrement religieux. Après des études à l’école primaire supérieure Rouvière, il entra à l’École normale d’instituteurs de Draguignan en 1913. Sorti major en 1915, il s’engagea. Après un passage à l’école militaire de Saint-Cyr, devenu officier, il combattit notamment sur les fronts des Éparges et du Chemin des Dames où il fut blessé et gazé.

Nommé instituteur stagiaire à Ollières puis à Bras, Bouffard fut titularisé à Saint-Tropez (1920-1923), avant d’être muté à Hyères (1923-1928) puis à La Seyne (1928-1929) et à Toulon (école de Rivière Neuve). Marié religieusement en avril 1926 à Toulon, il eut deux garçons qui ne reçurent pas les premiers sacrements religieux.

Musicien, Boufffard était sous-chef de philharmonie à Saint-Tropez, à Hyères puis à Toulon. Il dirigeait l’orchestre du groupe pédagogique "L’art à l’école" qui siégeait à l’école du quartier Valbourdin et qui occupait une place de choix lors des fêtes scolaires à Toulon. Ce groupe avait l’appui de la section départementale du Syndicat national des instituteurs dont Bouffard était membre. Sympathisant socialiste, initié à la franc-maçonnerie, troisième et orateur de la loge du Droit humain en 1931, il intégra la loge du Grand-Orient de France "La Réunion" en 1937. Aussi fut-il déclaré démissionnaire d’office de l’enseignement, le 29 décembre 1941. Il refusa de renier ses opinions alors qu’on lui promettait une réintégration professionnelle.

Après avoir été mobilisé comme officier en 1939-1940 sur le front italien, Bouffard se retira à Varages dans le Haut-Var. Il établit des contacts avec l’Organisation de Résistance de l’armée (ORA). Il fut "chef de parachutage" et adjoint du chef du sous-secteur n° 3 le 5 avril 1944. Il participa aux combats de la Libération ce qui lui valut d’être cité à l’ordre du régiment et décoré de la Croix de guerre le 1er février 1946. Il fut nommé à la tête de la délégation municipale comme socialiste de la Libération jusqu’aux élections municipales d’avril-mai 1945.

Bouffard reprit son poste d’instituteur à Toulon. Il refusa d’être candidat aux élections municipales de Toulon en 1945 sur la liste qui s’opposait aux communistes. Il adhéra peu après au Parti communiste français. Lors des élections municipales de 1955, il faisait partie du comité de soutien de la liste communiste dans le quartier du Pont-de-Bois.

Malade depuis 1950, retraité, Bouffard fut enterré civilement.

Il ne se confondait pas avec M. Bouffart qui présidait la section des amis du Parti ouvrier français, créé en janvier 1947 dans le quartier du Pont-de-Bois.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17453, notice BOUFFARD Henri, Honoré, Jean par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 14 septembre 2020.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F7 15371. — Arch. Dép. Var, 2 M 7 35 4 ; 1970 W 22 (dossier ONAC). — Arch. Com. Varages. — Renseignements fournis par le fils de l’intéressé — Notes de Jean-Marie Guillon.

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