BOUFFET Roger, Louis, Gabriel

Par Jacques Girault

Né le 4 avril 1901 à Beine-Nauroy (Marne), mort la 10 décembre 1988 à Châlons-sur-Marne (Marne) ; professeur ; adjoint au maire radical-socialiste de Châlons-sur-Marne (1935-1944), président de la section de la Marne de la Mutuelle générale de l’éducation nationale (1952-1970).

Fils d’un greffier de justice de paix devenu juge de paix qui mourut en 1915, Roger Bouffet fréquenta les collèges de Sainte-Menehould, puis de Dreux (Eure-et-Loir), enfin de Châlons. Titulaire du baccalauréat (1919), d’une licence d’Histoire et Géographie (1921), d’un diplôme d’études supérieures (1922), exempté du service militaire, répétiteur stagiaire puis licencié au collège municipal de Châlons (1923), au lycée de Reims (1923-1924), il postula sur la chaire d’Histoire et Géographie de l’école primaire supérieure de Châlons-sur-Marne, demande appuyée par le député radical-socialiste Margaine mais obtint un poste de professeur délégué de lettres et allemand (1924-1925). Il fut l’année suivante nommé professeur d’Histoire et de lettres au collège de la ville. Il y demeura jusqu’à sa retraite en 1962 comme professeur certifié dans l’établissement devenu lycée en 1949-1950. Il était titulaire de la chaire d’Histoire et Géographie depuis 1941.
Bouffet pratiquait des méthodes actives (séances de cinéma, auditions musicales, excursions) et donnait des cours d’histoire pour la mairie. À partir de 1944, il enseignait aussi l’histoire et la géographie économiques à l’École des arts et métiers de la ville. Trésorier national du Syndicat des professeurs de l’enseignement secondaire en 1938-1939, il fut remplacé au début de la guerre par Lucien Mérat.
Bouffet s’était marié religieusement en décembre 1933 à Châlons avec Jeanne Rouzier, institutrice devenue professeur de lettres au cours complémentaire en 1944, catholique pratiquante occasionnelle. Leurs enfants reçurent une éducation religieuse.
Bouffet, radical-socialiste, fut le plus jeune élu en 24e position sur 27, avec 2 786 voix sur 6 515 inscrits, aux élections municipales sur une liste de l’ « Union des Gauches » conduite par le maire sortant radical-socialiste, au deuxième tour, le 12 mai 1929. Au deuxième tour des élections, le 12 mai 1935, sur la même liste, réélu avec 2 105 voix sur 6 831 inscrits (21e position), il devint deuxième adjoint au maire de Châlons le 25 mai 1936, délégué à l’enseignement, aux établissements de bienfaisance et de charité, au théâtre, aux beaux-arts, aux musées, aux bibliothèques populaires, à l’état civil, à la protection des enfants du premier âge. En plus de la commission scolaire, il participait aux commissions d’étude des questions économiques et de la vie chère, des retraites, de classement et d’avancement du personnel communal, du conseil de discipline des agents communaux, des jardins ouvriers, des promenades, des plantations et cimetières. Son action amena la construction du groupe scolaire Paul-Lapie, l’aménagement du groupe scolaire Victor-Duruy, la restauration du grand salon de l’hôtel de ville, la préfiguration de l’office du tourisme, la création d’un service d’autobus, l’équipement de l’auberge de jeunesse, l’aménagement du terrain de camping.
Mobilisé comme secrétaire d’état-major de la sixième région (26 avril 1940-11 juillet 1940), Bouffet avait organisé le repli des écoles de la ville en Haute-Vienne. Le conseil fut dissous le 12 avril 1941. Renommé deuxième adjoint, il conserva sa délégation à l’enseignement et aux Beaux-Arts. Il participait aussi à la commission des cours professionnels, à la commission d’urbanisme et de prospérité de la ville. Il resta membre du conseil municipal jusqu’à la fin de la guerre. Le 22 mai 1945, le ministre de l’Éducation nationale, à la suite des conclusions du conseil d’enquête de l’académie de Paris, décidait « de ne retenir aucun des griefs articulés contre lui et de ne prendre aucune sanction ».
Après la guerre, Bouffet, qui cessa toute activité politique, était un des piliers du collège puis du lycée. Il s’occupait de la bibliothèque des professeurs et était le délégué du Bureau universitaire de statistique. Il remplaça le proviseur malade (mars-septembre 1954) et prit sa retraite en 1962.
Membre de la Société académique (Agriculture, Commerce, Sciences et Arts) depuis 1927 (président de 1942 à 1944, vice-président en 1962, puis à nouveau président de 1964 à 1966), du Syndicat d’initiative, du conseil d’administration de l’Office du tourisme depuis octobre 1959 (trésorier de 1964 à 1966, puis vice-président), Bouffet publia un ouvrage en 1971 sur les rues de la ville. Membre fondateur en 1970 des Amis du vieux Châlons, il participa en 1980 à la rédaction d’un ouvrage Châlons, 2000 ans d’histoire. Il était aussi membre du comité de jumelage Châlons-Neuss et intervenait à l’Institut universitaire du Temps libre.
Membre du Syndicat national de l’enseignement secondaire, Boufffet favorisa dans l’immédiat après-guerre le rapprochement des différents sociétés mutualistes de l’enseignement. Élu au conseil d’administration de la section départementale de la MGEN en janvier 1947, il en devint le vice-président, puis le président (19 juin 1952). Il militait aussi dans l’Autonome de solidarité (vice-président, puis président dans la Marne jusqu’en 1970), la Mutualité accidents élèves qu’il créa et dont il fut le président départemental. Membre du CA de l’Union départementale des sociétés mutualistes, président du comité départemental de coordination de la Mutualité, il fut aussi administrateur de la Caisse primaire d’assurances sociales jusqu’en 1967.A ce titre, il participait au CA de l’hôpital de Châlons.
En dépit de ses opinions agnostiques, les obsèques de Bouffet furent religieuses.
Par délibération du conseil municipal, le 27 septembre 1990, le nom de Roger Bouffet fut donné à la rue où était implanté le siège de la MGEN à Châlons. L’inauguration se déroula le 8 décembre 1990.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17455, notice BOUFFET Roger, Louis, Gabriel par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 30 décembre 2018.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Châlons-sur-Marne, Colmar, SAEP, 1971, 100 p.

SOURCES : Arch. Nat., F17/27931. — Arch. Com. Châlons-en-Champagne, 1 K 13-15, 17-20 (F. Desmet). — Arch. IRHSES. — Brochure Roger Bouffet : 1901-1988 : servir sans se servir, MGEN, Marne, 1990, 60 p. [rédigée par G. Clause]. — Renseignements fournis par le fils de l’intéressé et par G. Clause.

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