ORTU Antoine (ou Antonio)

Par Lescureux Christian, Dominique Tantin

Né le 3 septembre 1918 à Gonosfanadiga (Medio Campidano, Sardaigne, Italie), exécuté sommairement le 25 juillet 1944 à Fouquières-lès-Lens (Pas-de-Calais) ; ouvrier, manœuvre aux Ateliers centraux des Mines de Courrières ; résistant FTPF.

Plaque à la mémoire d’Antoine Ortu
Plaque à la mémoire d’Antoine Ortu
Crédit : Anne-Lise Dupont

Fils de François Ortu et de Antoinette Farris, Antoine Ortu apparaît comme naturalisé français dans certains papiers, comme étant de nationalité italienne dans d’autres (parmi lesquels un Certificat de reconnaissance d’appartenance aux Forces Française de l’Intérieur (F.F.I.). Marié le 27 juillet 1940 à Collier Henriette, père d’un garçon prénommé François né le 21 mai 1942, il était domicilié à Fouquières, rue Corneille Desruelles. Il travaillait comme ouvrier aux ateliers des mines de Courrières.

Selon l’attestation, en date du 17 avril 1958, de Lucien Delannoy ex responsable FTPF aux illégaux et réfractaires Antoine Ordu, qui faisait partie de la Résistance en tant que membre du « Front National groupe FTPF » depuis juillet 1942, aurait participé à de nombreux sabotages, à la centrale de Harnes (Pas-de-Calais),au dépôt des locomotives à Billy-Montigny-Groupe IV de Courrières notamment et mis le feu à une citerne d’essence au dépôt de Billy.

Recherché par la Gestapo après dénonciation d’une tenancière du « Bar Populaire » de Montigny, il devint illégal et participa à des actions pour le ravitaillement des illégaux.
La police nationale de Fouquières-lès-Lens rapporta au sous-préfet de Béthune le 25 juillet 1944 que dans la nuit du 24 au 25, une patrouille allemande avait interpellé deux jeunes gens résidant sur le territoire de Fouquières et aurait trouvé sur eux des grenades d’origine étrangère. Ces deux jeunes gens ont été exécutés sur le champ par la patrouille. Il s’agit des nommés Allard Désiré et Ortu Antoine. Le premier a été vraisemblablement tué sur le coup ; quant à Ortu il mourut à l’hôpital où il avait été transporté.
Selon le rapport de la brigade de police de Billy-Montigny, plusieurs personnes ont déclaré avoir entendu des coups de feu vers 1 h 30, il est donc supposé qu’ils aient été exécutés à cette heure. Les corps furent découverts sous le pont de chemin de fer de la Compagnie des Mines de Courrières reliant la fosse 2 de Billy-Montigny à la fosse 6 de Fouquières-lès-Lens. Ce pont fut dénommé "des Fusillés" ainsi que la rue. Il disparut dans les années 1970.
Selon les RG de Lens, les militaires de la Wehrmacht auraient été menacés de grenades par les deux jeunes gens, les soldats auraient alors riposté et tué sur le coup les deux individus.
Le commissaire principal de Lens déclara, que fouillés au corps, les jeunes gens furent trouvés porteurs chacun d’une grenade à main d’origine étrangère et furent exécutés sur place. Deux étuis de cartouches du calibre 9 mm furent trouvés sur les lieux.
Selon le témoignage (PV de gendarmerie du 12 août 1963) de Lucien Delannoy, responsable FTP du secteur de Billy-Montigny, les deux jeunes gens avaient reçu pour mission d’exécuter deux délateurs résidant au « Bar Populaire » de Billy-Montigny. Ils jetèrent deux grenades. Les Allemands alertés, leur donnèrent la chasse. Les résistants furent arrêtés, fouillés, gardés à vue puis exécutés.
Un monument commémore ces exécutions rue du Quart de Six heures. Il porte l’inscription :"Ici périrent le 25 juillet 1944 Désiré Allard et Antoine Ortu, assassinés par les Allemands."
Homologué au grade de sergent-chef à titre posthume, Antoine Ortu obtint la mention Mort pour la France et le titre d’Interné résistant. La décision concernant ce titre, émanant du Ministère des anciens combattants et victimes de guerre, date du 4 juin 1965 et fut communiquée au fils François, né en 1942, domicilié 2, rue Charlemagne à Mers-les-Bains (Somme). Elle couronnait une séquence laborieuse de démarches successives entamée dès l’immédiat après-guerre (1948) par la tutrice de l’orphelin Ortu, Melle. Derot.

Les noms de Désiré Allard et d’Antoine Ortu ont été donnés à deux résidences de Fouquières-lès-Lens.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article174553, notice ORTU Antoine (ou Antonio) par Lescureux Christian, Dominique Tantin, version mise en ligne le 16 juillet 2015, dernière modification le 27 avril 2021.

Par Lescureux Christian, Dominique Tantin

Plaque à la mémoire d'Antoine Ortu
Plaque à la mémoire d’Antoine Ortu
Crédit : Anne-Lise Dupont
Antoine Ortu
Antoine Ortu
Crédit : site Histoire de Fouquières

SOURCES : SHD-AVCC Caen, 21P383376-21P103630. — Archives départementales du Pas-de-Calais, 1 Z 677. — SHD Vincennes GR 16 P 451784 — Pia Carena Leonetti, Les Italiens du maquis, Paris, Éditions mondiales, 1968.— Notes Antonio Bechellini.

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