BOULANGÉ Marcel, Pierre

Par Francis Péroz, Gilles Morin

Né le 23 novembre 1913 à Gugney-aux-Aulx (Vosges), mort le 29 mai 1995 à la Croix-Valmer (Var) ; rédacteur puis chef de bureau de préfecture ; militant socialiste ; conseiller municipal de Belfort (1953-1971) ; conseiller de la République puis sénateur (1948-1971) ; secrétaire de la fédération du Territoire de Belfort (1947-1950) ; membre du Comité départemental de Libération

[Sénat]

Fils d’Alfred Boulangé, fonctionnaire des contributions indirectes et d’Amélie Martin, Marcel Boulangé, commença ses études secondaires au collège de Neufchâteau puis les acheva au lycée de Nancy. Titulaire du baccalauréat de philosophie, il adhéra aux Jeunesses socialistes et à la SFIO en 1934 à la section de Nancy après les événements du 6 février 1934. Il fut secrétaire des étudiants socialistes de la ville cette années là. Il exerça tout d’abord comme instituteur public intérimaire en 1937-1938, puis fut nommé rédacteur à la préfecture d’Épinal.

Mobilisé, en septembre 1939 Marcel Boulangé était élève officier à l’école militaire de Saint-Cyr quand la seconde Guerre mondiale éclata. Aspirant en 1940, il fut démobilisé à Nice en janvier 1941. Marié avec Marie-Thérèse Buisson le 24 avril 1941 et père d’un enfant, il occupa pendant quelques mois un poste à la préfecture de Nice avant de rejoindre en février 1942, sur sa demande, la préfecture d’Épinal en zone occupée.

Employé de préfecture au début de l’Occupation à Nice, il se porta volontaire pour revenir à Épinal en zone occupée en 1942. Il appartint au mouvement Ceux de la Résistance et fut agent P.1. du réseau NAP de la préfecture pendant la clandestinité. Arrêté en septembre 1944, il parvint à s’évader. Membre du Comité départemental de Libération, il devait être désigné comme chef de cabinet du nouveau préfet des Vosges puis comme chef de bureau à la préfecture de Belfort. Syndiqué CGT, il rejoignit la CGT Force ouvrière-Préfecture après la scission syndicale en 1948.

Son action dans la Résistance qui le propulsa dans la vie politique fédérale puis nationale.

En août 1945, il recréa à Belfort la Fédération départementale des Jeunesses socialistes dont il devint secrétaire, puis il fut secrétaire adjoint de la fédération adulte l’année suivante. Il repris la direction de la fédération en 1947, après le départ de Paul Rassinier, et la reconstitua. Secrétaire fédéral, il fonda une dizaine de sections. Au congrès fédéral d’août 1946, il appela à voter pour le rapport moral de Daniel Mayer. Le 21 mai 1950, il laissa le secrétariat fédéral à Bailly et repris le poste de secrétaire fédéral-adjoint.

Aux élections pour le Conseil de la République, du 7 novembre 1948, Marcel Boulangé présenté par la fédération socialiste, obtint 49 voix au premier tour et fut élu au deuxième, après le désistement des deux candidats de gauche, radicaux et Indépendant de gauche, par 91 voix, contre 89 au candidat du MRP, M. Dorey. Sa candidature fut invalidée, car il était trop jeune de 15 jours à la date du scrutin, n’ayant pas les 35 ans révolus requis. Il fut réélu le 20 février 1949, toujours avec le soutien des radicaux, avec 73 suffrages au premier tour et 112 au second, M. Dorey obtenant 105 voix. Il était alors le plus jeune sénateur de France. Réélu les 19 juin 1955 comme candidat de la SFIO, mais aussi du Parti communiste et du Parti radical (avec 142 voix sur 234 votants au premier tour), il fut élu sénateur le 26 avril 1959 (176 voix sur 268 votants) et le 23 septembre 1962 (173 voix sur 266 exprimés), il siégea à la Haute-Assemblée jusqu’en décembre 1971, où il fut battu au renouvellement de l’Assemblée. Il fit tout d’abord partie de la commission du travail et de la commission de la défense nationale. Il devait devenir vice-président de cette commission du Sénat en 1955. Il assura son implantation locale en se faisant élire conseiller municipal de Belfort en 1953 et surtout en fondant l’association départementale des maires, l’année suivante. Il créa et dirigea en 1953 le mensuel Le territoire agricole. Il présidait l’Union départementale des volontaires de la Résistance, était délégué cantonal de l’Éducation nationale.

Marcel Boulangé, élu de la frontière, fut indiscipliné sur les accords de Londres et Paris en 1955 mai vota les pouvoirs constituants au général de gaulle et pour la révision constitutionnelle les 2 et 3 juin 1958. Il joua un rôle effacé dans la SFIO nationale. Il appartint à la commission de résolution du conseil national du 11 avril 1960. Il fut vice-président de la FGDS du Territoire-de-Belfort en 1966-1967.

Marcel Boulangé collaborait régulièrement au Socialiste comtois puis au Comtois. Il publia pour les élections de 1955 une brochure intitulée « Étude sur l’équipement rural et sur l’habitat », diffusée à tous les maires à un grand nombre de conseillers municipaux.

Battu par Jean-Marie Bailly en 1971, Marcel Boulangé se retira alors de la vie politique et passa les dernières années de sa vie dans sa maison de Croix-Valmer.

Il était décoré de la Croix du Combattant volontaire de la Résistance

Marié le 24 avril 1941, il eut un enfant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17476, notice BOULANGÉ Marcel, Pierre par Francis Péroz, Gilles Morin, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 26 novembre 2008.

Par Francis Péroz, Gilles Morin

[Sénat]

SOURCES : Arch. Nat., F/7/15480, n° 172. F/1a/3353. F1c/II/248. F/1cII/255. F/1cII/257. — Rapports des congrès de la SFIO, 1944-67. — Arch. OURS, dossier personnel ; dossier sénatoriales de 1971 ; F9/26 MM. — Dictionnaire des parlementaires, 1945-1958, tome 2. — Who’s who in France. — Archives départementales du Territoire de Belfort, WW 73-74. — Bécarud (J.), Simon (J.), Dictionnaire des parlementaires français (1945-1958), tome 2, La Table ronde, 1988. — BARASSI (François), Les parlementaires franc-comtois de 1945 à 1995, mémoire de maîtrise, Université de Franche-Comté, 1996. — Dictionnaire biographique du Territoire de Belfort, Société belfortaine d’émulation, 2001

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