BOULAY Jean, Claudius

Par Stéphanie Langlet

Né le 1er août 1920 à Saint-Rémy-sur-Durolle (Puy-de-Dôme)), mort le 15 mai 2009 au Mont Dore (Puy-de-Dôme) ; instituteur ; résistant ; militant socialiste ; militant du SNI ; militant laïque.

Son père, Pierre, né en 1886, était ouvrier-coutelier dans la plus pure tradition artisanale locale. Sa mère, Marthe, née en 1893, sans profession, aidait son mari. Jean Boulay était le cadet d’une famille de quatre enfants qui parlaient surtout le patois. Le militantisme paternel dans le socialisme et la Libre Pensée influença Jean Boulay qui avait reçu les premiers sacrements catholiques.

Après l’obtention du certificat d’études primaires en 1931, et, après un an supplémentaire passé à l’école primaire, Jean Boulay poursuivit des études grâce à son instituteur qui paya sa pension jusqu’à l’obtention d’une bourse. À sa sortie du cours complémentaire en 1937, il entra à l’École normale d’instituteurs de Clermont-Ferrand. En 1940, il fut nommé à Châteldon ; mais, le maire de la ville, Pierre Laval, fit nommer, dans les jours qui suivirent, une de ses cousines à ce poste, et, il fut nommé à Thiers-Bellevue, près du domicile familial.

Jean Boulay se maria civilement, le 14 novembre 1942 avec une institutrice, née en 1915, dont les parents travaillaient à la manufacture des tabacs de Riom. Elle était issue d’un milieu un peu communisant. Ils eurent une fille en 1943.

En mars 1941, Jean Boulay se retrouva aux Chantiers de jeunesse, affecté comme sous-lieutenant à l’intendance. Démobilisé en 1941, nommé en poste à Ravel, à la fin novembre 1942, avec une sizaine du mouvement “Libération“, il participa à des actions de Résistance. En février 1943, après une visite médicale au rectorat, et grâce à des contacts au sein de la Résistance, il fut déclaré inapte au Service du travail obligatoire. Affecté, par la Résistance, comme cantonnier à la SNCF avec mission de mémoriser et noter les numéros de wagons partant pour l’Allemagne, il rejoignit par la suite le maquis à Saint-Genès-Champanelle avec lequel il prit part, à plusieurs opérations de sabotage. À la Libération, il retrouva son poste d’enseignant.

Jean Boulay, qui avait appartenu aux Jeunesses socialistes puis aux étudiants socialistes SFIO, avant la guerre, en 1955, adhéra au Parti socialiste SFIO. Il fut secrétaire de section et appartint aux instances départementales. Il fut candidat dans les années 1960 aux élections municipales de Chamalières. Du point de vue syndical, Jean Boulay appartint au Syndicat national des instituteurs dont il fut un temps le trésorier. Non candidat en 1951 au Conseil départemental, il fut élu en janvier 1954 après la démission en fin 1953, à la demande du SNI, pour protester contre la politique gouvernementale répressive et antilaïque.

Jean Boulay, membre des Éclaireurs de France à Thiers puis à l’ENI, adhéra au mouvement des Auberges de jeunesse. À Ravel, de la Libération à 1955, il créa et fit fonctionner une Amicale laïque. Poussé par Jean-Auguste Senèze et Auguste Sauvanet, mis à la disposition des œuvres laïques auprès de la Fédération départementale en 1955 et jusqu’en 1970, il œuvra à l’Union française des offices du cinéma éducateur laïque (UFOCEL) dans un premier temps, avant de devenir secrétaire administratif, et délégué au Centre laïque de tourisme culture (CLTC) dans lequel, il eut des responsabilités nationales. Il fut aussi directeur du centre de vacances de Villeneuve-la-Salle (Hautes-Alpes), puis des centres de Beauvallon (Var) et du Lavandou (Var). De 1970 à 1975, il redevint directeur d’école. À la retraite, il fut trésorier de la Cinémathèque régionale.

Par ailleurs, Jean Boulay, qui se définissait avant tout comme un militant laïque, appartenait depuis 1951 à la franc-maçonnerie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17485, notice BOULAY Jean, Claudius par Stéphanie Langlet, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 20 août 2021.

Par Stéphanie Langlet

SOURCES : Entretien avec M. Jean Boulay, Clermont-Ferrand, le 19 mars 1997. — Note de Jacques Girault.

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