ROUSSEL Pierre, Auguste

Par René Crozet, Sandrine Dozolme, Jacques Girault, Myriam Verhaeghe

Né le 2 février 1921 à Orcet (Puy-de-Dôme), mort le 11 août 2003 à Besse-et-Saint-Anastaise (Puy-de-Dôme) ; instituteur dans le Puy-de-Dôme ; résistant ; militant du SNI et de la MGEN ; délégué interministériel à l’économie sociale ; membre du Conseil économique et social de la Région Auvergne ; militant socialiste ; maire de Miremont puis de Murol.

Son père, Jean, Émile Roussel, cultivateur-vigneron, adjoint au maire d’Orcet et militant du syndicat agricole local, et sa mère, Angeline, née Durif, sans profession à sa naissance, puis aide familiale, avaient deux garçons. Élève du cours complémentaire de Saint-Dier (Puy-de-Dôme), Pierre Roussel entra à l’École normale d’instituteurs de Clermont-Ferrand en 1937. Titulaire du brevet supérieur, il occupa son premier poste en octobre 1940 à Royat. Réfractaire au Service du travail obligatoire, il rejoignit la Résistance et, en mai 1944, participa au maquis du Mont-Mouchet. De 1949 à 1960, instituteur à Miremont, en 1960 à 1963, il fut nommé au collège d’enseignement général de Chamalières (Puy-de-Dôme). Il habita alors à Clermont-Ferrand avant d’être détaché pour son activité sociale et de résider à Paris.

Il se maria en mai 1951 à Murol (Puy-de-Dôme) avec Simone Besse, fille d’un négociant, future institutrice. Ils eurent deux enfants.

Membre du Syndicat national des instituteurs, Pierre Roussel, membre du conseil syndical de la section départementale, en devint son secrétaire général à partir de 1953-1954 à 1963. Il participa à toutes les réunions statutaires du SNI. Lors de la réunion du conseil national, le 27 décembre 1952, il traita de l’enseignement agricole et fut assesseur lors de la réunion du conseil national tenu à Carcassonne (Aude), le 15 avril 1957. Au congrès national, le 18 juillet 1957, dans la discussion du rapport moral, il indiqua son accord avec les quatre-cinquième du texte se montrant favorable à la lutte pour l’unité syndicale. Le bureau national, le 16 janvier 1958, le désigna comme membre de la commission chargée d’examiner les questions posées par l’existence et l’activité d’organisations catégorielles. Aussi, lors de la réunion du conseil national du 31 mars 1958, intervint-il sur le fonctionnement des organismes paritaires et l’accélération de l’avancement. Lors du congrès du SNI, en juillet 1958, il fit partie de la commission des résolutions. A la journée pédagogique du SNI, le 5 juillet 1959 sur « Les problèmes des classes rurales », il assura que la gémination des classes permettrait de créer deux classes de niveau dans les écoles rurales. Le 7 juillet 1959, lors du congrès national, il se félicita que le rapport moral ait fixé la ligne à suivre pour l’action laïque et l’unité ouvrière. Lors de la réunion du conseil national, le 25 décembre 1960, il se prononça contre la participation aux commissions chargées d’examiner l’attribution du certificat d’aptitude pédagogique des maîtres de l’enseignement privé. Devant le congrès national, le 5 juillet 1961, il réagit sur la définition de l’autonomie des sections et rappela : « Le syndicat est un organisme national et ses sections départementales ne sauraient s’engager dans des actions contraires aux motions démocratiquement adoptées par nos congrès ». Il soutenait les motions d’orientation de la majorité lors des congrès.

Durant la guerre, Roussel fit partie du Parti socialiste SFIO clandestin. A la Libération, membre des Jeunesses socialistes et du Parti socialiste SFIO, candidat aux élections législatives en 1958 dans la cinquième circonscription (Riom), il obtint 8 404 voix sur 67 398 inscrits au premier tour et 16 680 voix le dimanche suivant. En 1962, dans la même circonscription, il réunit 6 246 voix sur 65 789 inscrits et se désista pour le candidat communiste qui fut élu. De 1959 à 1977, maire de Miremont, fondateur de l’Amicale laïque, il fut l’instigateur de la construction de la salle des fêtes de la commune. Puis il fut maire de Murol de 1983 à 1986, interrompant son mandat pour des raisons de santé.

Adhérent du Parti socialiste, de 1982 à 1984, il fut auprès du Premier Ministre Pierre Mauroy, le délégué interministériel à l’économie sociale (associations, coopératives, mutuelles). Par la suite, sous son action, dans le Plan intérimaire et dans laeIXeme plan économique et social de la Nation, un chapitre spécial fut consacré à l’économie sociale. L’action de Roussel se traduisit par la loi d’économie sociale du 20 juillet 1983 et la création de l’Institut de développement de l’économie sociale. De 1982 à 1994, il fut aussi membre du Conseil économique et social de la région Auvergne.

Pierre Roussel, secrétaire de la section départementale de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale de 1954 à 1963, puis vice-président de 1963 à 1981, devint membre du conseil d’administration et de bureau national de la MGEN de 1962 à 1981. Responsable du personnel de 1963 à 1967, il fut par la suite trésorier général jusqu’en 1981. Durant une dizaine d’années, il fut administrateur puis vice président national de la CASDEN BP, caisse d’action sociale créée par les enseignants. Il fut administrateur national de la Fédération nationale de la mutualité française des agents de l’État.

Franc-maçon, Pierre Roussel s’investit également dans diverses associations, dont la Fédération des œuvres laïques dans le Puy-de-Dôme. Pendant une dizaine d’années également, il fut administrateur puis, de 1981 à 1990, président national d’ “Arts et Vie“, association de tourisme culturel, qui gérait des villages de vacances, dont ceux de Miremont et de Chambon-sur-Lac. Roussel fut à l’origine de ces derniers. Enfin, il fut vice président national de la Mission laïque française qui gérait des écoles à l’étranger.

Pour lui, les trois activités politique, syndicaliste et mutualiste, représentées par le symbole de la SFIO, les trois flèches, restait le symbole de son triple engagement qu’il ne retrouvait pas dans le PS. Lors de ses obsèques, l’hommage rendu mentionnait aussi son engagement en franc-maçonnerie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article174874, notice ROUSSEL Pierre, Auguste par René Crozet, Sandrine Dozolme, Jacques Girault, Myriam Verhaeghe, version mise en ligne le 4 août 2015, dernière modification le 27 mars 2021.

Par René Crozet, Sandrine Dozolme, Jacques Girault, Myriam Verhaeghe

SOURCES : Entretien avec Pierre Roussel (22 avril 1999) de S. Dozolme et de M. Verhaeghe. — Renseignements fournis par l’intéressé à R. Crozet et à J. Girault. — Notes de Jean-Michel Laxalt.

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