BOULICAUD Georges, Lazare

Par Stéphane Paquelin, Jean Belin

Né le 21 juillet 1909 à Chagny (Saône-et-Loire), mort le 18 janvier 1985 à Talant (Côte-d’Or) ; ouvrier serrurier puis artisan ; militant cégétiste et communiste de Côte d’Or ; un des responsables du syndicat départemental du bâtiment et de l’Union départementale CGT de Côte d’Or ; administrateur Sécurité sociale ; dirigeant du mouvement associatif.

Fils de Lazare Boulicaud, vigneron puis ouvrier tuilier, et de Marie Eugénie Frérot, sans profession, après la fin de sa scolarité à Chagny, Georges Boulicaud fut embauché comme apprenti, puis comme ouvrier serrurier à l’entreprise Cébeau à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) jusqu’à son incorporation d’octobre 1930 à octobre 1931. A son retour, il travailla dans le secteur du bâtiment à Lille (Nord) et s’engagea à la CGT. Licencié à la suite d’une grève, il vint s’installer ensuite au 4 place Blanqui à Dijon (Côte-d’Or en novembre 1933. Il décrocha un emploi de serrurier à l’entreprise Lavoilotte à Dijon et prit contact immédiatement avec les militants du syndicat CGTU de sa corporation. Elu membre du bureau du syndicat départemental du bâtiment, il participa aux grèves de juin juillet 1936 dans les carrières de Comblanchien aux côtés de Paul Boulay, le frère de Gaston Boulay, et dans le secteur du bâtiment à Dijon avec Marcel Sardo. Tous les chantiers du bâtiment de Dijon furent occupés par les 2500 ouvriers grévistes pendant 40 jours. Il fut secrétaire général du syndicat CGT du bâtiment de Dijon et de la 9e région Fédérale du bâtiment en 1938 qui regroupa 19 syndicats. Il fut démis de ses fonctions au début de la seconde guerre mondiale, son syndicat fut dissous par le préfet.
Mobilisé le 2 septembre 1939, il fut fait prisonnier par les allemands le 20 juin 1940 à Leménil-Mitry (Meurthe-et-Moselle), puis interné au Stalag IXC à Bad-Sulza en Allemagne. Rapatrié le 15 janvier 1943 pour raison sanitaire, il fut démobilisé le 14 mai 1943. Après la Libération, il fut réintégré comme secrétaire général lors de l’assemblée générale de reconstitution du syndicat qui se tint à la Bourse du travail en septembre 1944.
Il fut un des principaux intervenants lors d’un meeting de l’UD et du syndicat des métaux de Dijon qui se déroula à la salle des États de Bourgogne à Dijon le 16 janvier 1945. En juillet 1945, il siégea également au comité national de la fédération du bâtiment et à la commission exécutive fédérale. La même année, il fut délégué fédéral pour la 9e région du bâtiment, travaux publics, le siège du syndicat fut à l’annexe de la Bourse du travail, 13 rue Pierre Curie à Dijon. L’année suivante il fut élu au bureau de l’union départementale CGT de Côte-d’Or comme secrétaire général adjoint lors du congrès de janvier 1946, des fonctions qu’il semble avoir conservé jusqu’en 1949. Il apparut comme un militant particulièrement actif. Ainsi en 1946 il n’hésita pas à participer à une expédition visant à réquisitionner de la viande chez des éleveurs de la région aux côtés de Gabriel Lejard, Auguste Heinimann, de militants de la métallurgie dijonnaise et de cheminots. De même les renseignements généraux attribuèrent à son infatigable militantisme et à son audience le fait que FO ne soit pas parvenu à s’implanter dans le secteur du bâtiment-bois après la scission de décembre 1947. Georges Boulicaud fut un des vingt quatre administrateurs désignés par l’Union Départementale CGT pour siéger au Conseil d’Administration de la Caisse primaire de Sécurité Sociale de Côte-d’Or lors de sa mise en place en avril 1946. Lors de ce CA, il fut élu vice-président, le président du CA fut Louis Uffler*, membre lui aussi du secrétariat de l’UD.
Il se maria le 21 juillet 1934 à Dijon avec Suzanne Alice Caramelle, son témoin et ami fut Marcel Mignot, syndicaliste CGT. Il divorça en 1946 et se remaria le 29 avril 1951 à Dijon avec Eugénie Marie Lucot..
Militant communiste depuis 1937, il fut membre du comité de la Fédération de Côte-d’Or de la 1e Conférence fédérale en juin 1945 à la 16e Conférence en mai 1965 et candidat sur la liste communiste aux élections municipales de Dijon en mars 1959, mais non élu. Il fut également engagé dans d’autres mouvements tels que le Secours populaire français en 1950, l’ARAC où il fut vice-président de la Fédération de Côte-d’Or en 1959. Militant du Mouvement de la paix, il fut délégué pour la Côte-d’Or au Congrès des partisans de la paix à Varsovie en 1950 avec André Claudot. Il termina sa carrière professionnelle comme artisan serrurier ferronnier en 1974. Domicilié à Talant lors de son décès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17494, notice BOULICAUD Georges, Lazare par Stéphane Paquelin, Jean Belin, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 15 février 2020.

Par Stéphane Paquelin, Jean Belin

SOURCES : Arch. Dép. de Côte d’Or, 1189W262, 1189W394, 1189W403, 1189W311, 1189W261/1. — La Bourgogne Républicaine : 11 octobre 1944, 4 juillet 1945, 16 janvier 1946, 24 avril 1946, 24 juillet 1946. — Arch. Dép. de Saône-et-Loire, recensement de la population, fiche de recrutement militaire. — Arch. Municipales de Dijon, sous série 7F4, statuts et bureau des syndicats. — Arch. IHS CGT 21, fonds de l’UD et du syndicat du bâtiment. — Les communistes dans la Résistance en Côte-d’Or, additif à l’édition de 1996. — L’Avenir de la Côte-d’Or, janvier 1945, janvier 1946. — Comités fédéraux du PCF de Côte-d’Or. — Une semaine en Côte-d’Or, page spéciale de l’HD, éditions de 1953 à 1967. — État civil, mairie de Chagny.
.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément