DEDIEU Clovis

Par André Balent

Né le 26 août 1902 à Castelnau-Durban (Ariège), mort le 4 août 1944 à Foix (Ariège) après avoir été torturé par la Milice ; boucher restaurateur à Casteilnau-Durban ; rugbyman ; résistant, maquis de la Crouzette (Ariège) des FTPF.

Clovis Dedieu (1902-1944)
Clovis Dedieu (1902-1944)
Delpla, op.cit., 1994, p. 15

Originaire de Castelnau-Durban, localité située sur la route de Foix à Saint-Girons, à proximité de la chaîne pré-pyrénéenne du Plantaurel, Clovis Dedieu était une personnalité en vue de sa commune. Ancien joueur de rugby réputé (Saint-Girons Sporting-club), il était boucher et tenait un restaurant.

Il s’engagea tôt dans la Résistance, mais à partir de 1943, il prit en charge les fugitifs et les réfractaires, du STO notamment. Il était en contact avec les divers groupes de résistants qui organisaient des maquis sur les contreforts boisé du Plantaurel, et plus vers le sud. Il se mit au service de toutes les organisations : AS, FTPF, AGE, ORA. Il ravitaillait et hébergeait à l’occasion les réfractaires qui affluaient. Il alla jusqu’à organiser des abattages clandestins afin de ravitailler les personnes traquées, réfractaires, Juifs, maquisards, évadés du camp du Vernet-d’Ariège. Il participa à l’aménagement du terrain de parachutages d’’Unjat (commune de La Bastide-de-Sérou). Ce fut un agent de liaison du maquis de la Crouzette (3102e compagnie des FTPF de l’Ariège, active à l’ouest du département).

Clovis Dedieu a été dénoncé par un gardien de la paix parisien qui s’était introduit au sein du maquis (FTPF) de la Crouzette. Ce dernier s’atant enfui avant l’attaque du maquis était revenu à Paris. Ayant adhéré à la Milice, muté à Toulouse, il fut chargé de trouver ceux qui, dans les localités environnantes, soutenaient ce maquis.. À Castelnau-Durban, il fit connaissance avec Clovis Dedieu qu’il dénonça.

Dedieu fut arrêté par la Milice le 2 août 1944. Sa maison fut pillée. Incarcéré à la caserne qui servait de siège fuxéen de la Milice, il y fut torturé avant de périr des suites des épouvantables traitements qu’il subit : ingestion d’un broc d’eau, baignoire, branchement à une machine électrique, pendaison par les main, frappe à coups de planche, de nerfs de boeuf.

Le 4 août, il fut torturé pendant 14 (de 10 à 12 h et de 14 h à 17 h 30 par des miliciens assistés par des policiers venus de Toulouse. Il périt à 17 h 30 des suites de ce traitement sans avoir parlé. Ces deux principaux tortionnaires étaient un Varois, ouvrier agricole à Mirepoix (Ariège) devenu inspecteur de la Milice et et l’abbé Baurès curé de Rieucros , milicien et "juge d’instruction" de la Milice. Son corps fut retrouvé et identifié le 9 août 1944 dans un champ près du village de Prayols (Ariège), au sud de Foix. Une main dépassait du sol et le cadavre était nu enveloppé dans une toile de tente. Dans leur précipitation les francs gardes l’avaient enterré nuitamment de façon très sommaire.

Son nom figure sr le monument aux morts de Castelnau-Durban. Pendant quelque temps, il y eut en Ariège, une ’"Coupe Clovis-Dedieu" de rugby dont le nom fut par la suite remplacé par celui d’un médecin, Paul Voivenel, dirigeant du rugby à XV et fervent maréchaliste entre 1940 et 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article175012, notice DEDIEU Clovis par André Balent, version mise en ligne le 12 août 2015, dernière modification le 10 décembre 2020.

Par André Balent

Clovis Dedieu (1902-1944)
Clovis Dedieu (1902-1944)
Delpla, op.cit., 1994, p. 15
Clovis Dedieu, rugbyman. Carte du Saint-Girons Sporting club (1930-1931)
Clovis Dedieu, rugbyman. Carte du Saint-Girons Sporting club (1930-1931)
Cliché : Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla

SOURCES : Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla. — Jacques Delperrié de Bayac, Histoire de la Milice 1918-1945, Paris, Fayard, 1994, 698 p., [p. 467]. — Claude Delpla, La bataille de Rimont et de Castelnau-Durban ... L’Ariège était libérée, Saint-Girons, Imprimerie Barat, 1994, 39 p. [p. 28]. — Claude Delpla, La libération de l’Ariège, Toulouse, Le Pas d’Oiseau, 2019, 514 p. [p. 138, 159-160, 161, 437]. — André Laurens, Une police politique sous l’occupation. La Milice française en Ariège, 1942-1944, Nîmes, Lacour 1997, 251 p. [pp. 162-163]. — Notes de Jean-Pierre Besse.

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