FIQUET Hélène, Marguerite

Par Daniel Grason

Née le 3 novembre 1903 à Paris (XVIIe arr.), morte le 7 juillet 1984 à Tonnerre (Yonne) ; marchande des quatre-saisons ; déportée à Ravensbrück (Allemagne).

Hélène Fiquet
Hélène Fiquet

Fille d’Héloïse Champonnois, trente-quatre ans, confectionneuse et de père non dénommé elle naquit au 89 rue Pouchet. Elle fut reconnue par sa mère le 24 décembre 1903, celle-ci épousa Jules César Fiquet le 12 mai 1910 en mairie de Saint-Denis, il légitima Hélène.
Le 16 février 1924 Hélène Fiquet épousa Louis Auguste Desmonet en mairie du XVIIe arrondissement, elle divorça en 1928. Mère de deux enfants de dix-huit et vingt-et-un ans, elle exerçait le métier de marchande des Quatre saisons et demeurait 33, rue Berzélius à Paris (XVIIe arr). près de la Porte de Clichy. Sans engagement politique, elle accepta d’héberger au cours des premiers mois de 1942 Louis Calmel, militant communiste clandestin de Gennevilliers depuis la fin juin 1941. Elle n’ignorait rien de son engagement politique passé. Calmel était notamment chargé de l’organisation de la diffusion de la propagande communiste à Paris.
Le 14 décembre, 1942, douze policiers de la police municipale du XIIe arrondissement. contrôlaient les voyageurs à la station de métro « Quai de la Rapée ». Vers 9 heures 10, Louis Calmel était appréhendé alors qu’il venait de descendre de la rame. Le même jour Hélène Fiquet était arrêté par quatre inspecteurs des Renseignements généraux de la BS1. Interrogée, elle déclara que sa relation avec Calmel n’avait « aucune raison politique ». Détenue au Dépôt de la préfecture de police, elle fut livrée à la police allemande le 22 décembre 1942. Louis Calmel fut passé par les armes comme otage le 2 octobre 1943 au Mont-Valérien à Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine).
Incarcérée à la prison de Fresnes, puis au camp de Romainville, Hélène Fiquet était le 28 avril 1943 dans le convoi de 220 femmes à destination de Ravensbrück où elles arrivèrent le 30 avril. Libérée le 25 avril 1945, elle faisait partie des 116 déportées libérées par la Croix Rouge au cours du mois d’avril et début mai 1945. Matricule 19332, elle fut rapatriée à Paris le 3 juillet 1945.
Alors qu’Hélène Fiquet n’était pas de retour, son amie Yvonne Osoro qui habitait rue de la Jonquière à Paris (XVIIe arr.), témoigna devant la commission d’épuration de la police. Elle déclara : « J’ignore si mon amie a été brutalisée à la Préfecture de Police. Rien n’a été dérobé au cours de la perquisition effectuée à son domicile ».
Entendue lors de la contre-enquête concernant l’un des inspecteurs qui l’arrêta, Hélène Fiquet affirma qu’elle « n’avait pas fait l’objet de sévices durant son séjour à la Brigade spéciale » à la préfecture de police. Le 1er avril 1952, elle fit une déposition manuscrite dans laquelle elle indiquait : « Durant mon séjour aux Brigades spéciales je n’ai fait l’objet d’aucun sévices, les inspecteurs qui m’ont arrêtés ont été correct avec moi ».
Hélène Fiquet a été homologuée au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Déportée internée résistante (DIR).
Elle mourut le 7 juillet 1984 à Tonnerre (Yonne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article175210, notice FIQUET Hélène, Marguerite par Daniel Grason, version mise en ligne le 15 septembre 2015, dernière modification le 2 mars 2020.

Par Daniel Grason

Hélène Fiquet
Hélène Fiquet

SOURCES : Arch. PPo. GB72 BS1, KB 10, KB 62, KB 67. – Bureau Résistance GR 16 P 224603. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – État civil numérisé 17N 209 Paris (XVIIe arr.).

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 151

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément