KINET Fernand, Eugène

Par Didier Bigorgne

Né le 18 septembre 1914 à Troyes (Aube), mort le 4 février 1981 à Reims (Marne) ; employé de commerce, puis chef comptable ; militant communiste et résistant FTPF ; maire adjoint de Reims (1944- 1947) ; conseiller général de la Marne (1945-1949, puis 1955-1961).

Fils d’un employé des postes et d’une mère au foyer, Fernand Kinet avait deux frères et une sœur. Il accomplit toute sa scolarité à Reims. Il exerçait le métier d’employé commercial aux Docks rémois quand il épousa Jeanne Angèle Guistel, institutrice, le17 juillet 1937 à Damery (Marne). Devenu chef comptable à l’usine de teinturerie Laval qui occupait plus de 500 salariés, il partit après les grèves de 1951 et ouvrit un cabinet de comptabilité à Reims.

Sans doute influencé par l’engagement de son frère aîné Henri Kinet, instituteur à Dormans, militant communiste et responsable de l’association « Les Amis de l’URSS », Fernand Kinet adhéra au Parti communiste. Réfractaire au STO pendant la Seconde Guerre mondiale, il travailla à la ferme dans la région de Fismes Il s’activa clandestinement dans le Front national et le mouvement de résistance FTPF animés par Michel Sicre*. Président du comité local de Libération de Reims, Fernand Kinet fut nommé premier adjoint au maire de Reims, le docteur Jean Billard, en septembre 1944. A sa création en mars 1945, il devint président de l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance pour le département de la Marne.

Fernand Kinet fut candidat aux élections municipales des 29 avril et 13 mai 1945 à Reims. Tête de liste du Parti communiste au premier tour, il fut élu sur la liste d’unité patriotique républicaine et antifasciste composée de dix-sept communistes, onze socialistes et huit indépendants au second tour. Le 19 mai suivant, il devint troisième adjoint au maire communiste Michel Sicre. Fernand Kinet fut réélu conseiller municipal de Reims sur la liste communiste qui obtint onze élus (contre seize au RPF, cinq au Parti socialiste SFIO, cinq au MRP), le 19 octobre 1947. Placé en deuxième position sur la liste de son parti, il fut réélu le 26 avril 1953 (le PCF remporta douze sièges), puis à l’élection complémentaire du 5 mai 1957 (douze élus communistes). Aux élections des 8 et 15 mars 1959, la liste PCF avec Fernand Kinet au second rang, échoua de justesse au deuxième tour. Enfin, Fernand Kinet figura une dernière fois (en douzième position) sur la liste de son parti qui n’eut aucun élu aux élections municipales des 14-21 mars 1965.

Fernand Kinet fut un élu départemental. Le 23 septembre 1945, il devint conseiller général de la Marne, en remportant la victoire au premier tour avec 6375 voix sur 19555 inscrits et 12976 votants, dans le 4e canton de Reims. Il perdit son siège le 27 mars 1949 : arrivé en tête au premier tour avec 5067 voix sur 19555 inscrits et 12869 votants, il fut battu au second tour (5982 voix sur 12855 votants) par le maire divers droite de Reims, René Bride. Fernand Kinet retrouva son siège de conseiller général aux élections cantonales des 17-24 avril 1955 : toujours placé en tête au premier tour avec 3627 voix sur 21255 inscrits et 9291 votants, il l’emporta au scrutin de ballottage en réunissant 4712 voix sur 11109 votants. Il fut de nouveau battu par René Bride aux élections des 4-11 juin 1961 : il arriva en tête au premier tour avec 4090 voix sur 21226 inscrits et 10990 votants, mais il fut devancé au second tour avec ses 4986 voix sur 10789 votants contre 5114 voix à son adversaire.

Au Conseil général de la Marne, Fernand Kinet fut membre de la première commission des Finances de 1946 à 1948. Lors de son second mandat (1955 à 1961), il siégea dans la troisième commission Instruction publique-Assistance-Sciences et Arts, dans la commission départementale de révision des marchés des collectivités locales et dans la commission départementale de l’enseignement primaire. Il appartint au conseil d’administration du Foyer départemental de l’enfance de 1957 à 1961.

Au sein dé la fédération communiste de la Marne, Fernand Kinet prit la défense de son vieil ami de combat Léon Borgniet* (conseiller général de la Marne de 1945 à 1956 et secrétaire de la section départementale du SNI), accusé de titisme en 1956 et à la candidature écartée au comité fédéral.

Depuis 1987, une allée de Reims porte le nom de Fernand Kinet.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article175280, notice KINET Fernand, Eugène par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 3 septembre 2015, dernière modification le 4 septembre 2015.

Par Didier Bigorgne

Sources : Arch. Dép. Marne, M 5583 et Delta 1924 (Rapports et délibérations du Conseil général de la Marne).— L’Union, 21 mai 1945. — Presse locale. — Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, collection Histoire en mémoire 1939-1945, Cédérom CRDP Champagne-Ardenne. — Témoignage de Robert Kinet, frère de l’intéressé (4 avril 2015). — État civil de Troyes.

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