SYMPHOR-MOMPLAISE Gaétan, Paul

Par Gilles Morin

Né le 7 août 1893 au Robert (Martinique), mort 27 mars 1968 à Paris ; instituteur ; militant socialiste, secrétaire de la fédération socialiste SFIO de la Martinique ; maire du Robert (1937-1965) ; conseiller général de la Trinité puis du Robert (1937-1967) ; président du conseil général (1947-1951) ; sénateur de la Martinique (1948-1968).

Paul Symphor-Monplaise était le fils de Ignace Léopold et de Thérèse Saint Cyr. Instituteur et directeur d’école, il adhéra en 1910 à la SFIO et fut initié à la Franc-Maçonnerie au Robert à la loge “Droit et Justice”, le 3 février 1919. Il se présenta aux élections municipales de 1935 au Robert et siégea au conseil municipal à partir de cette date, devenant maire en 1937. Il fut ensuite élu conseiller général de la Trinité en 1937. Le gouvernement de Vichy le releva de tous ses mandats en 1941 pour appartenance à une société secrète. À la suite d’une manifestation interdite le 24 juin 1943, le Haut-Commissaire, l’amiral Robert, lui interdit l’accès de certaines communes et, après l’avoir menacé d’internement administratif, le plaça sous la surveillance de la Police. Résistant, Symphor devint membre du Comité de libération de la Martinique.

À la Libération, Paul Symphor fut réélu maire SFIO du Robert en avril 1945 et siégea à ce poste jusqu’en 1965 (réélu en 1947, 1953 et 1959). À ce titre, il devait siéger au Comité directeur de l’Association des maires de France. Il reconquis aussi son siège de conseiller général à la Trinité en septembre 1945, il se fit élire régulièrement à partir de 1949 au Robert (il fut réélu en 1949, 1955 et 1961).

Il joua un rôle de premier plan dans le département, étant longtemps secrétaire de la fédération SFIO de la Martinique (1950-1955). Président de la commission financière, de la commission coloniale, rapporteur de plusieurs budget, il présida le groupe SFIO du Conseil général puis fut président du Conseil général de la Martinique en 1947-1951. Il fut délégué à la conférence Caraïbe de Saint-Thomas et à la conférence touristique de New-York.

Paul Symphor brigua en vain la candidature de délégué à l’Assemblée consultative à Alger, dont la désignation était faite par le Conseil général.

Paul Symphor ayant été désigné par la fédération comme candidat pour les élections à la première Assemblée nationale constituante, le 21 octobre 1945, Hermence-Very mécontent de ce choix, se présenta et obtint l’investiture du parti national deux jours avant le vote. Symphor se retira mais invita ses amis à voter communiste. Cet incident créa un malaise dans le parti. Puis, il se présenta sans succès aux élections législatives en juin 1946. Il fut battu par Aimé Césaire au 1er tour et se désista au second en faveur du MRP.

Symphor fut élu Conseiller de la République puis sénateur, le 7 novembre 1948 sur une liste de « Concentration républicaine » avec le radical indépendant Lodéon. Au premier tour il l’emporta avec 298 voix sur 546 votants. Il fut réélu les 19 juin 1955 (sur une liste de « concentration républicaine ») et 26 avril 1959 et siégea jusqu’à son décès. Il occupa de nombreuses fonction dans la Haute Assemblée, membre de la commission de l’Éducation nationale, membre suppléant de la commission des moyens de communication de la France d’Outre-mer, de la commission de la production industrielle, de celles de la reconstruction, du travail et de la Sécurité sociale, et membre de la commission des Affaires culturelles après le regroupement des commissions dans les années 1960, etc… Il fut surtout secrétaire puis vice-président de la Commission de la marine marchande et des pêches (octobre 1956-décembre 1958) et secrétaire du Conseil de la République en 1955 puis du Sénat à de nombreuses reprises, siégeant donc au bureau de l’Assemblée (pratiquement en permanence à partir de janvier 1958). Symphor appartenait encore au Comité exécutif du groupe socialiste au Sénat.

Symphor avait été candidat à l’élection au comité directeur de la SFIO en 1957. Il appartint au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France de 1953 à 1956.

Il fut encore membre du Conseil de surveillance de la Caisse centrale d’outre-mer. Il avait été fait chevalier de la Légion d’Honneur au titre de la Résistance, Officier de l’Instruction publique, Officier des Palmes académiques Grand officier de l’ordre international du bien public.
Après son décès, un hommage lui fut rendu par le Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France lors de la tenue funèbre du 18 avril 1970. Il était marié avec René Leontine Poullet, dont il eut sept enfants.
Il repose au cimentière de Bagneux 28e division allée des Frênes monophylles dans le caveau familial.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article175363, notice SYMPHOR-MOMPLAISE Gaétan, Paul par Gilles Morin, version mise en ligne le 7 septembre 2015, dernière modification le 1er décembre 2020.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., F/7/15499, n° 4162, F/1a/3234 F3235, F/1b1/998. F/1cII/156, 257, 270, 281, 305, 317. — Rapports des congrès de la SFIO, 1944-67. — Cahiers et Revue de l’OURS, n° 204, 1992. — Bulletin intérieur de la SFIO, n° 95. — Sénat, Notices et Portraits 1963, Paris, Imprimerie nationale, mars 1963.— État civil en ligne cote 1R87, matricule 1469, vue 345.

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