BOURDARIAS Marcel [BOURDARIAS Gilbert, Marcel] [Pseudonyme dans la résistance : Alain]

Par Claude Pennetier

Né le 23 janvier 1924 à Paris (XIIIe arr.), fusillé par condamnation le 17 avril 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; lycéen ; jeune communiste d’Alfortville (Seine, Val-de-Marne) ; résistant.

Fils d’un ouvrier cimentier originaire de la Corrèze, Marcel Bourdarias passa son enfance à Alfortville, aux 26 rue de Flore et 16 rue Anatole-France. En 1933, il fréquentait le patronage laïc d’Alfortville et l’année suivante, sa demi-sœur Marguerite Antoine vivant à Saint-Ouen-sur-Seine (Seine, Seine-Saint-Denis), les pionniers de la Fédération des enfants ouvriers et paysans de cette ville. Entré en 1937 à l’École Arago, place de la Nation (Paris, XIIe arr.), il adhéra aux Jeunesses communistes en 1938, à Saint-Ouen. Il était encore lycéen (3e année d’Arago) lorsqu’il entra en contact, à l’automne 1940, à Alfortville, avec des jeunes militants qui allaient participer à la formation de l’Organisation spéciale (OS).

Le 14 août 1941, son groupe attaqua l’usine des Isolants à Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), 163 boulevard Lamouroux, avec des bouteilles incendiaires. « Alain » assurait la protection de Maurice Le Berre. Quelques jours plus tard (le 15 ou 17 août 1941), il participa au stage organisé par Fabien (Pierre Georges) dans les bois du Lardy près d’Étampes (Seine-et-Oise, Essonne), avec Fernand Zalkinov (également de l’école Arago), Christian Rizo, Tony Bloncourt, André Kirchen et Gilbert Brustlein.
Le 19 septembre 1941, il participa à une tentative d’incendie du garage Soga, 21 boulevard de Pershing (XVIIe arr.), avec Fernand Zalkinov et Gilbert Brustlein, et le 20 octobre 1941 au déraillement de Nantes tandis que Spartaco et Gilbert Brustlein abattaient le chef de la Kommandantur de Nantes, le lieutenant-colonel Hotz. Il revint avec un stock de dynamite récupéré dans une carrière. Il n’est pas toujours facile de préciser sa participation aux très nombreuses actions effectuées par son groupe en novembre-décembre 1941. On peut l’associer à l’attaque d’une librairie allemande, boulevard Saint-Michel (Ve arr.), le 21 novembre, à la bombe qui toucha le local du Rassemblement national populaire (RNP), collaborationniste, boulevard Blanqui (XIIIe arr.) ; il fut en protection lorsque le lieutenant Rahl fut abattu boulevard Pereire (XVIIe arr.) par Louis Coquillet le 6 décembre ; le 15 décembre, il participa à l’attaque contre la Feldgendarmerie dans l’Hôtel universel, rue de la Victoire (IXe arr.) ; deux jours plus tard, il coupa un câble allemand dans la forêt de Meudon ; le 3 janvier 1942, en compagnie de Louis Coquillet, il attaqua au pistolet et à la grenade des membres du RNP, rue de la Procession( XVe arr.).
Arrêté le 5 janvier 1942 par la police française au Métro Croix-Rouge (station aujourd’hui fermée, située entre les stations Sèvres-Babylone et Mabillon), il fut torturé pendant cinq jours et cinq nuits avant d’être remis aux Allemands. Jugé à la Maison de la Chimie, 28 rue Saint-Dominique à Paris (VIIe arr.), avec vingt-six autres résistants, le 14 avril 1942, il a été fusillé par les Allemands le 17 avril 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) à l’âge de dix-huit ans. Il avait laissé une dernière lettre d’une touchante simplicité :

« Chers Amis, Je vous écris une dernière fois pour vous adresser mon adieu. Il est environ 1 heure et à 5 heures je serai fusillé. Donc quelques heures devant moi. Je suis calme et tranquille. Oui pour moi, c’est fini. Je me souviens du bon temps que j’ai passé près de vous et je vous demande de vous en souvenir également. Ne pleurez pas pour moi. Je ne suis pas à plaindre. Mais aimez mon souvenir. »

Marcel Bourdarias fut inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) le 17 avril 1942 division 39, ligne 4, n°72 avec dix-huit de ses camarades.
C’est sous le nom de Gilbert Bourdarias que la mention Mort pour la France lui fut attribuée par le Ministère des Anciens Combattants le 13 mars 1946, et qu’il fut homologué FFI à titre posthume
Le nom de Gilbert Bourdarias figure sur la cloche du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien et sur le monument de la Résistance et de la Déportation du cimetière communal de Saint-Ouen-sur-Seine.
Le nom de Marcel Bourdarias figure sur la plaque commémorative apposée dans une salle de la Maison de la Chimie à Paris et sur la plaque commémorative 1939-1945 à Alfortville.
Une rue d’Alfortville porte le nom de Marcel Bourdarias.

Voir Mont-Valérien, Suresnes (Hauts-de-Seine)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17540, notice BOURDARIAS Marcel [BOURDARIAS Gilbert, Marcel] [Pseudonyme dans la résistance : Alain] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 23 novembre 2022.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat., F7/13 119, 24 mars 1929. — Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse : les jeunes dans la Résistance, Éd. Sociales, 1972. — Témoignage de Jean Bourdarias. — Renseignements communiqués par la sœur de Marcel Bourdarias en novembre 1997 et par Claude Dewaele en juin 2000. — AVCC, SHD Caen, AC 21 P 317396 et AC 21 P 429 269 (nc). — SHD, Vincennes, GR 16 P 81122 (nc). — Répertoire des fusillés inhumés au cimetière parisien d’Ivry.

ICONOGRAPHIE : Photographie fournie par sa famille.

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